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VERTU

VERTU (lat. “virtus“, force virile; de “vir“, homme). Le sens ancien doit être distingué du sens moral moderne. Quand vertu traduit le grec arétè, ce terme désigne la qualité propre d’une chose, son excellence : l’arétè d’une épée est son tranchant; celle d’une bonne terre sa fertilité. Ainsi, pour un homme, développer sa vertu revient à développer en lui ce qui permet de le distinguer des autres êtres. Voilà pourquoi être vertueux et raisonnable sont une même chose. Or, la passion et le malheur ne tirent leur force que d’une faiblesse du savoir. Ainsi, vertu et bonheur sont liés pour les Grecs. Si certains auteurs modernes – tel Spinoza qui définit la vertu comme la puissance qui nous porte à agir « sous la conduite de la raison » en vue de l’utile propre – s’inscrivent dans cette filiation, la tradition chrétienne donnera à cette notion un sens bien différent. La vertu est plutôt effort incessant pour agir moralement, qui n’est pas toujours récompensé. Vertu et devoir sont en ce sens inséparables. Ainsi, pour Kant, la vertu, en tant qu’elle manifeste la force d’une volonté qui résiste, par devoir, aux penchants de la sensibilité, n’est pas ce qui nous rend heureux mais ce qui nous rend dignes de l’être.

Vertu «La vertu est donc la force morale de la volonté d’un homme dans l’accomplissement de son devoir, lequel est une coercition morale exercée par sa propre raison législatrice.» Emmanuel Kant, “Métaphysique des moeurs“.

Vertu Chez Aristote, la vertu a deux sens: la vertu morale est un choix visant le juste milieu (par exemple: la modération); la vertu intellectuelle vise la vérité.

VERTU. n. f (du latin “virtus“, «qualité qui fait la valeur d’un homme », le mot “vir” désignant l’homme ; « vertu » et « virilité » ont la même origine).


Sens classique : courage moral, force d’âme. La vertu du héros cornélien. « La naissance n’est rien où la vertu n’est pas ». Noblesse du coeur.


Sens courant : qualité morale ; disposition à vouloir et à faire le bien. On peut distinguer La vertu (honnêteté générale, conduite de sagesse, absence de méchanceté, courage moral) et Les vertus particulières (souvent codifiées par la morale chrétienne : tempérance, justice, courage, charité, humilité, honnêteté, sincérité, etc.). La vertu d’une femme (sa chasteté, sa fidélité conjugale). Les vertus et les vices. Il a de la vertu (il endure avec courage une situation pénible).


3° (concernant les choses) : propriété spécifique, qualité particulière qui rend une chose capable de produire ce qu’on attend d’elle. Principe, faculté, pouvoir. La vertu curative d’une plante (sa capacité à soigner). La vertu apéritive d’une clef (sa faculté d’ouvrir une serrure). L’ubiquité est la vertu d’être présent en plusieurs endroits simultanément. En vertu de (par le pouvoir propre à): en vertu de la loi, je vous arrête.


N.B. Ce troisième sens existe déjà, par extension, dans le mot latin “virtus” : celui-ci désignant le caractère distinctif de l’homme, par glissement, a désigné aussi le caractère distinctif (la capacité propre) des choses. D’où les deux évolutions, apparemment divergentes, du terme.

vertu (du lat. virtus, force), en son sens originel, courage et force du guerrier; plus généralement, pouvoir ou aptitude à faire quelque chose, à provoquer un effet (par ex. la vertu d’une plante ou d’un médicament); en son sens moderne et plus courant, disposition à faire le bien. — Selon les conceptions que l’on se fait du bien, la vertu prend un sens différent : les stoïciens et Kant la ramènent à l’effort, à l’intention de faire le bien, c’est-à-dire, en somme, au mérite; les épicuriens et presque tous les moralistes anglo-saxons (l’utilitarisme, le pragmatisme) identifient la vertu au bonheur, dans l’idée que le bonheur est une preuve tangible de qualités morales. Dans le domaine social et politique, la « vertu est la préférence de l’intérêt public au sien propre » (Montesquieu). 

Vertu


Du latin virtus, « force d’âme », « qualités viriles », « mérite ou qualité » (propre aux êtres animés comme aux êtres inanimés).
– Principe agissant, qualité qui rend une chose propre à produire un certain effet (exemple : la vertu dormitive de l’opium). – En morale, disposition réfléchie et volontaire à faire le bien. – Chez Machiavel (traduction de l’italien virtü), clairvoyance et habileté du prince, génie politique. – Vertus cardinales : la sagesse, le courage, la tempérance et la justice, que les morales antiques considèrent comme le pivot de la vie heureuse.


• Pour Aristote, la vertu s’identifie à la mesure. Elle est en effet la disposition à choisir le meilleur, c’est-à-dire le juste milieu entre l’excès et le défaut. La vertu du courage, par exemple, se situe à mi-chemin entre la témérité et la lâcheté.

• Contre les morales antiques, qui associent vertu et bonheur, Kant montre que la vertu, définie comme force de la volonté dans l’accomplissement du devoir, est rarement récompensée ici-bas. Si elle ne nous rend pas heureux, la vertu du moins nous rend dignes d’être heureux.

• Pour Machiavel, seule une virtù supérieure est capable de résister aux caprices de la fortune.

 

Vertu


Rigueur morale fondée sur une conscience scrupuleuse du bien, du mal et des convenances. Les vertus en sont les manifestations particulières; cependant, pour La Rochefoucauld, « nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés» {Maximes).
Du XVIIe au XIXe siècle, la littérature romanesque exalte la lutte de la vertu contre la passion chez les héroïnes : Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves; Marivaux, La Vie de Marianne; Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse; Balzac, Le Lys dans la vallée.
Les libertins raillent et bafouent la vertu : Molière, Dom Juan; Laclos, Les Liaisons dangereuses.

Rousseau la défend contre la Corruption du monde et l’incarne dans l’homme naturel : Discours sur les sciences et les arts, Émile ou De l’éducation. Diderot plaide en sa faveur (Le Neveu de Rameau), mais il montre aussi qu’elle constitue, comme l’ensemble de la morale, une notion toute relative (Supplément au voyage de Bougainville) et que le déterminisme pourrait lui enlever tout sens (Le Rêve de d’Alembert). Aujourd’hui, les problèmes moraux sont définis en d’autres termes : cf. Honneur, Pureté, Responsabilité, Solidarité.

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