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Travail et protestantisme: Hegel, Calvin et Luther

« Arbeit macht frei » dit l’allemand Hegel. L’Allemagne est un pays méritocratique et protestant. On est par son travail, pas par sa naissance, « fils de » (comme en Inde et en France = pays de clastes, féodaux). On est (par) ce que l’on fait. La pire insulte en allemand est d’être un « asi » (asozial), cad quelqu’un qui ne participe pas l’enrichessement du groupe / de sa ville par son travail. Tous les jeux éducatifs sont d’Europe du Nord: Lego, Playmobil. Max Weber, un des fondateurs de la sociologie avec Durkheim, dans « L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme » montre que le protestantisme est à l’origine de l’éthique du travail du Kalisme. Il tente de comprendre le type d’esprit qui a permis d’aboutir au capitalisme, et montre que l’éthique calviniste a joué dans la formation du système Kaliste un rôle décisif : par son refus du luxe et de l’oisiveté, le calviniste bannit les dépenses inutiles autant qu’improductives. Weber (1864-1920), grâce à des statistiques, montre que les protestants travaillent mieux et sont plus riches que les catholiques. Car le travail  et l’enrichissement est vu, par les protestants comme un signe de l’Election divine. À la différence de Marx qui pense que les structures économiques déterminent les façons de penser, Weber = à l’origine du capitalisme, il n’y a pas les financiers, les spéculateurs, il y a Luther et Calvin. La morale semble avoir toujours condamné la recherche avide du gain, la soif de l’or. Or l’éthique protestante = la recherche du profit, l’investissement, la capitalisation mais l’institue comme un devoir moral. Ce renversement de valeurs est passé par plusieurs étapes, avec Luther puis avec Calvin. Luther est celui qui a revalorisé le travail, entendu non plus comme punition divine au labeur, mais « vocation », c’est-à-dire un appel divin, à une tâche spécifique. Le travail devient alors profession, activité qui sert à glorifier Dieu et le monde. Les activités temporelles et séculières sont l’activité morale par excellence. Calvin ajoute un dogme essentiel : la prédestination divine. Les hommes sont élus à l’avance, aucun rituel superstitieux, aucune prière implorante ne peut changer ce que Dieu a établi de tout temps. Ne pouvant conquérir le salut, ils vont chercher à acquérir la preuve qu’ils font partie des élus. Le travail sans relâche est considéré comme un signe de la Grâce, il permet de dissiper le doute. Et la réussite est interprétée comme la confirmation de l’élection divine. À l’inverse, paresse (oisiveté) et pauvreté sont vues comme un renoncement, un pessimisme immoral. L’éthique protestante a ainsi conduit à un nouveau type de vie, de comportements, à un nouvel esprit qui valorise l’application au travail, la ponctualité, la conscience professionnelle («  Deutsche Qualität  »!). L’idée que la vie ne peut être pleinement accomplie si elle ne se réalise pas dans une profession dont on a la vocation s’impose comme une évidence. Ce nouvel état d’esprit, ce socle moral et psychologique, fut une condition absolument nécessaire au développement du capitalisme moderne.

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