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Tocqueville : l'État bienveillant amollit les volontés

Tocqueville : l’État bienveillant amollit les volontés

Alexis de Tocqueville (1805-1859), imaginant sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde, voit des hommes vivants repliés sur la sphère familiale, préoccupés uniquement par de petits et vulgaires plaisirs, et au-dessus d’eux un pouvoir immense et tutélaire, « qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort ». Il montre alors que l’État protecteur ne peut que maintenir les hommes dans l’enfance et l’irresponsabilité. Certes, contrairement à l’État violent et ouvertement dominateur, l’État bienveillant ne brise pas les volontés. Mais il les amollit, les plie et les dirige. S’il force rarement à agir, il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse. Il ne détruit point, mais il empêche de naître. Il ne tyrannise point, mais « il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger ». (De la Démocratie en Amérique). 

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