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SYSTÈME

  • SYSTEME (gr. “sustema” ; “sunistanai“, placer ensemble)
    Ensemble dont les parties se tiennent réciproquement et forment un tout organisé et cohérent. Condillac le définit comme « la disposition des différentes parties d’un art ou d’une science dans un ordre où elles se soutiennent toutes mutuellement, et où les dernières s’expliquent par les premières ».
  • Système de prestations totales: Dans les sociétés archaïques, ce ne sont pas seulement des marchandises qui sont échangées, mais des femmes, des rites, des politesses, des festins, des techniques, D’autre part, ce qui est échangé a une valeur spirituelle. Ce que je donne, qu’il s’agisse de têtes de bétail ou de repas, constitue une partie de moi-même, de mon prestige.
  • Système instrumental

Ensemble des instruments (de mesure, d’observation, etc.) dont le physicien se sert pour interpréter le réel.

  • Système

Tout organisé dont les parties sont interdépendantes (A renvoie à B. qui renvoie à C, qui renvoie lui-même à A et à B).

  • SYSTÈME. n. m. Ensemble ordonné et cohérent d’éléments interdépendants, susceptible de fonctionner de façon autonome. Le mot système est employé aussi bien pour des réalités objectives que pour des représentations de l’esprit. D’où les nuances suivantes :
  • 1° Un système peut être un ensemble naturel, concret, qui semble fonctionner en soi, indépendamment de l’action consciente de l’homme. Le système solaire. Le système nerveux. Les sciences de la nature observent de nombreux systèmes de ce genre.
  • 2° Un système peut être un ensemble réel à demi produit par la volonté humaine, à demi issu d’une cohérence interne qui lui est propre. Le système capitaliste. Le système politique. Le système des médias. Pour désigner l’ordre établi, dans une société qui semble fonctionner d’elle-même, on dit parfois directement « le système ». Dans tous ces exemples, il y a bien intervention humaine pour faire fonctionner, pour analyser, pour parfaire des structures mises en place; mais en même temps, il y a une sorte de logique interne de la réalité prise dans son ensemble, qui échappe aux volontés individuelles des hommes, qui fonctionne indépendamment des éléments qu’elle intègre. Quand Baudrillard intitule un livre “Le Système des objets“, il ne dit pas que ce « système » est sciemment organisé par les autorités politiques ou le pouvoir populaire, mais que, selon des processus divers, les objets sont vécus par les individus de la «société de consommation» comme une forme de langage par lequel ils se signifient socialement, sans totalement en être conscients. Le système fonctionne, voilà tout. Voir à ce sujet le mot: Structuralisme.
  • 3° Un système peut enfin être absolument pensé, ordonné, médité par l’esprit humain. C’est le cas des doctrines politiques ou religieuses, des « systèmes » philosophiques, des théories scientifiques. Dans ces exemples, ce qu’élabore la pensée humaine n’est pas sans rapport avec la réalité ; mais rien ne dit que la réalité est elle-même organisée selon le modèle inventé par notre esprit pour en rendre compte de façon cohérente. À la limite, quand il y a excès d’interprétation, développement d’une logique « systématique » qui semble déconnectée du réel, qui s’enferme en elle-même, on parlera d’esprit de système.
    La question que pose généralement la notion de système, notamment en philosophie et en sciences humaines (mais aussi bien en physique, dans l’interprétation de l’infiniment grand ou de l’infiniment petit), est de savoir si le système existe en soi ou s’il est le fruit de l’invention humaine. L’intelligence humaine, pour saisir le monde, a besoin d’y reconnaître des cohérences, donc de traduire la réalité extérieure en termes de système (cf. le titre “La Logique du vivant“). L’expérimentation, l’approfondissement des connaissances, permettent souvent de confirmer, d’infirmer ou de parachever les systèmes d’interprétation élaborés par l’homme. Il y a donc bien «du système» dans l’ordre des choses; mais il ne faut pas confondre ce système réel avec les systèmes (provisoires) de représentation par lesquels nous tentons d’en rendre compte : le système solaire existe bien ; mais il est sans doute bien plus complexe que les systèmes théoriques élaborés jusqu’à présent par les astrophysiciens pour en rendre compte.
    Il n’en reste pas moins que la notion de système est essentielle pour comprendre les réalités dans leur ensemble, dans leurs interrelations. Les structures du réel objectif et celles de notre cerveau qui connaît, en définitive, sont le produit du même monde, des mêmes lois. Connaître, c’est peut-être repérer et retrouver les isomorphismes naturels qui existent entre nos structures cérébrales et les systèmes de l’univers…
  • Système


Ensemble coordonné de thèses : le « système philosophique de Hegel » par exemple. L’idéalisme allemand, qui commence après Kant et s’achève avec Hegel, constitue l’époque où la philosophie s’est trouvée dominée par le projet d’achever le système du savoir, en établissant, selon la formule de Hegel, que « le réel est rationnel et le rationnel réel ». L’achèvement du système, point culminant de la trajectoire de la raison, était supposé coïncider avec l’avènement du savoir. On notera que certains philosophes, comme Nietzsche ont refusé l’idée et la forme même de système à leur philosophie. D’une façon générale, les philosophies post-hégéliennes se présentent comme des déconstructions du système ou des systèmes. Kant, dans la “Critique de la raison pure“, avait cependant déjà entrepris de montrer, avant la naissance de l’idéalisme allemand, que le projet même du système correspond à une illusion de la raison spéculative. On appelle aussi posts-métaphysiques les philosophies qui ont renoncé à cette illusion du système, caractéristique de la spéculation métaphysique.

  • système, ensemble organisé d’idées. — L’effort de la réflexion philosophique pour constituer un système tend à rendre l’exposé de la pensée aussi universel que possible : une pensée non liée, une affirmation isolée reste toujours arbitraire et individuelle; elle trouve sa justification et son sens dans son contexte; si ce contexte lui-même est lié à un ensemble plus grand, tout ce qui est dit prend alors un sens rigoureux, objectif, universel. Le système est le but de toute réflexion philosophique : toutes les grandes philosophies (Spinoza, Fichte, Hegel) sont des systèmes. On emploie souvent la notion d’architectonique, qui désigne l’art des systèmes. L’unité architectonique d’une œuvre est son unité interne : mais, à la différence du système (qui est une unité de concepts), l’unité architectonique d’un roman, par exemple; peut être constituée par le caractère d’un personnage ou un sentiment, voire une intuition particulière. La philosophie de Bergson n’est pas un système proprement dit, mais son unité architectonique est l’intuition de la vie. C’est en ce sens très large que l’on peut parler du « système de Bergson ».

  • Du grec sustèma, «assemblage », «composition » (du verbe sunestanai, «placer ensemble », « réunir en un tout organisé »).
    – Ensemble structuré d’éléments interdépendants (exemple : le système nerveux). – Qualifie une doctrine dont les thèses sont organisées de telle sorte qu’elles se soutiennent mutuellement.

    • On parle de système à propos des philosophies d’Aristote ou de Hegel parce qu’elles forment un ensemble cohérent de notions et de principes.
    • Pour Kierkegaard, on ne saurait enfermer l’existence dans un système clos, car l’existence est précisément ce qui « sépare les choses et les tient distinctes ».

1 comment on SYSTÈME

  1. SYSTÈME

    Ensemble structuré constituant un tout organisé dont les éléments sont interdépendants ou obéissent à une loi unique (exemple : système solaire, système nerveux, système de défense).

    ♦ En linguistique et en ethnologie, la notion s’applique aux structures que forme l’ensemble des éléments d’une langue ou d’un groupe social.

    ♦ Pour trouver son sens et sa justification, la pensée scientifique et philosophique fait effort pour se systématiser en élaborant des ensembles d’idées liées entre elles avec rigueur et formant un tout organisé (système de Newton, système de Descartes). Dans ce sens, le système hégélien pourrait être admis comme le plus accompli de l’histoire de la philosophie : non seulement porteur d’une organisation interne sans faille, mais également capable de construire un panorama lui-même systématique de toute la philosophie antérieure.
    Kierkegaard affirmera à l’inverse que l’existence, dans son ouverture permanente, est rebelle à toute mise en système.

    Pour leur part, des auteurs comme Nietzsche ou G. Bataille se montreront hostiles à l’esprit de système, pour eux synonyme de censure ou de mutilation de l’exubérance de la pensée la plus extrême. En outre, le traitement pédagogique des connaissances nécessite la mise en ordre systématique de celles-ci à partir d’un certain nombre de principes.

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