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Sujet : En quel sens peut-on dire que l’homme est un «animal politique»?

L’union des hommes fait leur force

«L’homme n’est environné que de faiblesse, écrivait Sénèque : nu, sans défense, l’association est son bouclier» (Des bienfaits, IV, 18 – Ier siècle ap. J.-C.).
«Ce qui donne naissance à une cité, écrivait Platon, c’est, je crois, l’impuissance où se trouve chaque individu de se suffire à lui-même» {La République, II, 369 b-c).
La division toujours croissante du travail prouve assez combien la collaboration d’un grand nombre d’hommes démultiplie leur puissance productive.

L’homme sauvage, ou l’impossible autarcie

Les théoriciens du droit naturel ont défini l’état de nature comme un état dans lequel les hommes auraient été indépendants de toute institution. Seul, absolument seul, Rousseau a pensé cet état comme un état d’isolement-, mais ni Grotius, ni Hobbes, ni Locke n’auraient été d’accord sur ce point.
Quoi qu’il en soit, tous ces penseurs ont unanimement accordé que l’état de nature n’est qu’une fiction commode, «un état qui n’a peut-être point existé» (Rousseau).
L’homme n’a jamais pu survivre autrement que réuni avec ses semblables. Cette lubie n’a, assurément, aucun fondement historique.

L’homme naît prématuré

«Celui, écrivait Aristote, qui ne peut appartenir à aucune communauté, […], c’est soit une bête, soit un dieu» {La Politique, livre I, chap. 2).
Contre-exemple fréquemment signalé : l’enfant sauvage. L’homme isolé, l’homme «naturel», est un être démuni, diminué, – tel ce Victor de l’Aveyron recueilli en 1800 par le docteur Itard et dont les progrès furent si laborieux et si limités.
«Nos organes, concluait Itard, sont d’autant moins flexibles et l’imitation est d’autant plus difficile que l’homme est éloigné de la société et de l’époque de son premier âge».

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