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REFOULEMENT

REFOULEMENT. n. m. Sens psychologique courant : action qui consiste à empêcher certains désirs de s’exprimer, de s’extérioriser et de se satisfaire, notamment au niveau sexuel. Dans ce sens, le refoulement est le plus souvent conscient. Le mot est fréquemment employé avec des connotations négatives ; l’être qui refoule ses désirs est considéré comme pusillanime, déséquilibré ou hypocrite (« Tu n’es qu’un refoulé ! »), puritain et « coincé ».
Sens psychanalytique : processus fondamental par lequel le sujet rejette ou maintient dans l’inconscient des pulsions ou des représentations liées à ces pulsions (pensées, images, souvenirs, fantasmes). Le refoulement se produit parce que la pulsion ou sa représentation (qui en principe doit apporter du plaisir) apparaît si dangereuse que le fait même d’y penser doit être censuré : le refoulement est donc un mécanisme de défense du Moi. Le sujet pressent dans la pulsion refoulée un risque de désordre (de déstabilisation) insupportable, et dans sa réalisation éventuelle la perspective d’un châtiment (d’une culpabilité) qui l’angoisse. C’est le Surmoi qui, déclenchant le mécanisme de la censure (voir ce mot), suscite le refoulement des pensées, des désirs ou des pulsions répréhensibles. Ce refoulement est le plus souvent inconscient : le Moi (conscient) est « protégé» par la censure sans s’en rendre compte ; le Surmoi agit au sein même de l’inconscient, barrant la route aux tentatives du Ça. Ainsi, l’activité de refoulement constitue l’inconscient (ce vaste système de pulsions instantanément interdites) en même temps qu’il en protège le Moi conscient. Bien entendu, tous les aspects refoulés (désirs, représentations, etc.) demeurent actifs et tentent par des voies indirectes de venir à la conscience (lapsus, rêves, symptômes divers de la «psychopathologie quotidienne»). Il s’agit là de la notion de «retour du refoulé ».
Au sens psychanalytique, le refoulement n’est pas en soi une activité malsaine, en dépit de la mauvaise réputation du terme dans le vocabulaire courant. Le refoulement est un processus naturel qui aide le Moi à se constituer (à se choisir, à hiérarchiser ses désirs et pulsions) et l’être humain à devenir, par l’éducation, un être sociable : il suffit de songer aux atrocités de certaines guerres civiles pour comprendre que le refoulement est chose bien nécessaire. C’est l’excès, l’écrasement de l’être inhibé par de multiples refoulements, qui a des conséquences pathologiques.
Refoulement et sublimation : dans l’activité de refoulement, les pulsions sont maintenues à l’écart de la conscience, plus ou moins maîtrisées, mais non pas anéanties. Une grande part de leur énergie, qui ne peut être employée directement, va se déplacer, s’investir dans des objets ou des projets moralement acceptables. La « libido », faisant l’objet d’un investissement à un niveau supérieur (activité sociale, réalisation artistique et culturelle, engagement désintéressé ou humanitaire) est alors dite sublimée. On oppose parfois refoulement et sublimation (le premier serait négatif, la seconde positive). En réalité, il s’agit sans doute de deux phases d’une même constitution de la personnalité : l’une repousse, trie, discipline les forces pulsionnelles ; l’autre les utilise pour agir, créer, aimer.

REFOULEMENT, n.m. (lat. fullo « celui qui foule le drap », « le foulon », et préfixe re-). ♦ 1° Psychologie. Action inhibitrice exercée sur des pensées, des sentiments, des désirs (affectivité refoulée). ♦ 2° Psychanalyse. Selon Freud, opération qui consiste, pour un sujet, à maintenir ou à repousser hors de la conscience des représentations ou des pulsions qui seraient, pour elle, source de souffrance, ou qui sont incompatibles avec les principes sociaux ou moraux de la personne. Le refoulement ne se fait pas une fois pour toutes. Il nécessite un travail constant. La situation conflictuelle qui demeure dans l’inconscient engendre des névroses. Elle se manifeste, au minimum, par le retour du refoulé dans des rêves, des lapsus, des oublis, des actes manqués. La cure psychanalytique consiste à ramener à la conscience ce qui a été refoulé, et à transformer le « conflit pathogène » en un conflit normal qui, d’une façon ou d’une autre, devra trouver sa solution.

refoulement, mécanisme psychologique inconscient de défense du moi par lequel les sentiments, les souvenirs et les pulsions pénibles ou en désaccord avec la personne sociale sont maintenus hors du champ de la conscience.
Ce que le moi refuse, c’est la reconnaissance de ces virtualités, leur réalisation verbale ; en effet, tant que l’émotion désagréable n’est pas exprimée en mots, elle reste confuse et confinée dans l’inconscient. Mais elle ne perd pas pour autant son potentiel dynamique. Le désir refoulé cherchant à s’exprimer et à se manifester d’une façon ou d’une autre (rêves, lapsus, symptômes…) oblige le moi à de continuels efforts.
L’homme normal est capable de résister aux poussées du refoulé, sans s’épuiser et sans ressentir de dommage particulier, au contraire du névrosé, qui, gaspillant toute son énergie dans cette lutte, devient stérile dans la vie active. La notion de refoulement occupe une place centrale dans la compréhension des névroses, et l’un des buts de la psychanalyse est de réduire ce processus psychologique pour faire apparaître dans le champ de la conscience les tendances refoulées.

refoulement, phénomène psychique inconscient par lequel certaines tendances, certains événements vécus sont repoussés dans l’inconscient. — Le refoulement serait, selon la doctrine de Freud, un mécanisme de défense, à l’origine des névroses, des psychoses et de tout déséquilibre de la personnalité. Par exemple, un « complexe d’infériorité » suscite en général une conduite d’agressivité; mais, s’il est « refoulé » dans l’inconscient, il suscitera un ensemble de troubles, tels l’inhibition, le bégaiement, le manque systématique de réussite dans la vie, l’angoisse (la peur d’être agressif et de contrevenir aux lois sociales, etc.). Le refoulement est, d’une manière générale, marqué par une impossibilité de s’exprimer librement et de réaliser sa personnalité. Un des objets de la psychanalyse est de provoquer le retour à la conscience des tendances refoulées, afin de délivrer l’individu des troubles psychiques suscités par leurs exigences qui restent latentes et n’ont jamais été satisfaites en lui. (V. psychanalyse.)
régression, retour en arrière. — La loi de la mentalité infantile étant d’évoluer et de s’épanouir dans la mentalité adulte, on considère comme une régression tout arrêt du développement psychologique; c’est une régression par rapport à l’individu normal. La régression de la mémoire, qui affecte les gens âgés, et dont Ribot a énoncé la loi, se fait « du plus nouveau au plus ancien », c’est-à-dire que l’on oublie d’abord les noms propres et tout ce qui est récent, pour ne se souvenir que de sa jeunesse.

 


 

Le concept du refoulement est une pierre d’angle pour l’édifice psychanalytique.
Le refoulement concerne le destin de la « pulsion » privée de son efficience par une résistance. Dans tous les cas de psychonévroses observés, on constate en effet qu’un désir (une motion pulsionnelle) s’est trouvé en conflit de force avec d’autres aspirations du Sujet, pour aboutir au refoulement automatique de l’impulsion inconciliable.
Le refoulement est à différencier, comme tel, de la condamnation, ou répression. La répression retire l’énergie à la représentation du désir condamné. Dans le refoulement, le maintien de l’énergie (du désir) tranche au contraire avec la perte de son « présentateur » (son contexte ou contenu idéatoire).


1. Le refoulement est indexé, au cours de l’analyse, dans la résistance (« ré-pulsion ») qui crée un empêchement au « devenir conscient » de certaines idées. Le mode de l’« amnésie » du refoulement varie toutefois considérablement avec le type de la névrose considérée. L’« oubli », au sens étroit, est caractéristique de l’hystérie ; sa lacune s’étend d’ailleurs en une véritable falsification de la mémoire. Dans d’autres conditions pathologiques, l’inconscience, la perte de la compréhension, se localisent encore sur la liaison associative et significative entre certaines représentations, paradoxalement conservées, mais « isolées ». Le refoulement peut de même porter sur l’annulation rétro-active (le « rendu non avenu ») de la représentation (névrose obsessionnelle). Mais le cœur et le prototype du refoulement restent l’empêchement de l’accès à la conscience d’une représentation traduisant un ébranlement pulsionnel.
Si notre attention est centrée au niveau descriptif sur le devenir de la représentation pulsionnelle investie d’énergie, il reste toutefois clair que le poids du refoulement porte économiquement sur le degré conjoint d’arrêt du développement de l’affect (charge de désir) et l’empêchement moteur qu’il entraîne : c’est évidemment là tout le sens du processus. Sous l’angle de l’affect, et de sa visée à la décharge, une motion pulsionnelle peut être complètement abolie (c’est là le refoulement « réussi »…). Elle peut être perçue mais méconnue, apparaître sous une forme qualitative quelconque, persister telle qu’elle, ou encore exister comme rudiment, se charger d’angoisse… C’est le refoulement ainsi « manqué », raté, qui retient l’attention en clinique. La représentation réapparaît ici, comme « retour du refoulé », dans la formation symptomatique substitutive, caractéristique de chaque névrose.


2. C’est la condition de déplaisir qui crée le refoulement ; pour qu’il y ait refoulement, il faut en effet que, témoignant de la toute puissance du principe du plaisir, un motif de déplaisir l’emporte (du point de vue des fins inconciliables) sur le désir qui cherche l’accomplissement satisfactoire. A toute augmentation prévue, attendue du déplaisir, correspondra un signal d’angoisse qui, dirigé vers l’intérieur, entraîne cet équivalent de la fuite : le Refoulement. Cependant, tout se passe comme si le désir refoulé subsistait (dans l’inconscient) et guettait toute occasion de se manifester sous une forme déguisée et méconnaissable. Le désir, inconscient, se comporte alors comme un perturbateur expulsé qui mène tapage à côté du lieu d’où il a été refoulé, et où il cherche à faire retour en empruntant un travestissement (symptomatique).


3. Le processus du refoulement se développe théoriquement en plusieurs temps. Typiquement, dans un premier temps, celui du refoulement originaire, une représentation d’instinct (pulsion) voit son investissement « refusé » dans le conscient. Il y a dès lors fixation à l’état inconscient de la représentation refoulée. La représentation refoulée n’est cependant pas anéantie : elle continue à s’organiser, à former des Rejetons et à établir des liaisons inconscientes véritablement proliférantes. Ce premier noyau de cristallisation devient désormais capable d’attirer d’autres représentations. Il facilite ainsi le refoulement proprement dit (secondaire) d’éléments, cette fois conscients, mais pouvant entrer en connexion avec lui, ou en dérivant. Il se produit alors comme une aspiration des représentations repoussées du conscient, pour une raison ou une autre, ou auxquelles est retiré l’investissement conscient. En somme, dans le refoulement « secondaire » (celui qui s’observe sur le vif au cours de la cure), le retrait de l’investissement du conscient est rendu efficace du fait d’un mécanisme originaire d’investissement contraire (« contre-investissement ») des représentations fixées dans l’inconscient.
Dans la condition de refoulement, la Résistance varie en fait sensiblement, selon l’éloignement du refoulé originaire. En effet, le refoulement n’est pas accompli une fois pour toutes : non seulement il garde un caractère individuel pour chaque représentation et pour chaque rejeton de la pulsion, selon son degré de déformation ou sa place dans les chaînons intermédiaires, mais le contre-investissement, qui en rend compte, maintient un dépense permanente en énergie (comme en témoigne la fatigabilité et la baisse d’efficience du névrosé). En réalité, le refoulement est un processus mobile et véritablement « vivant ». L’activation du refoulé, sans modification du refoulement, conduit à la pénétration consciente par des voies détournées (le facteur quantitatif restant proprement décisif dans la tolérance à l’admission). Chaque fois qu’une technique, ou une situation particulière, permet de faire l’épargne du déplaisir, le refoulement est par contre passagèrement levé : c’est le cas du rêve, du mot d’esprit, par exemple.
La règle psychanalytique, à travers la mise entre parenthèse de la « censure » critique (dans la non-directivité du discours),impose le relâchement du refoulement secondaire et conduit, à travers la résistance, sur la trace des refoulements originaires… Elle consiste d’abord à faciliter la production de rejetons du refoulé.


4. Si le refoulement est le procédé le plus typique de la défense psychique, il reste à remarquer que c’est un mécanisme actif qui suppose un degré déjà avancé d’organisation de la personnalité. Il suppose que soit établie la différenciation du Moi et du Ça (ou, schématiquement, du Conscient et de l’inconscient). L’expérience nous montre que, dans les phases plus anciennes (correspondant au stade du narcissisme primaire, dans l’indifférenciation du Moi et du Ça), la défense contre les motions pulsionnelles n’est pas différente de leur exercice même. Elle se produit directement par le renversement en son contraire de la pulsion, ou par le retournement sur la propre personne, selon les permutations du Sujet et de l’Objet…
Le refoulement correspond à la phase verbale du développement du Moi, pour autant que c’est seulement dans le langage que les processus cogitatifs, les relations entre représentations, peuvent devenir des pensées conscientes. En somme, le refoulement consiste à priver la représentation objectale (inconsciente) de son surinvestissement verbal (conscient), de la traduction en mots destinés à lui être liée…


5. Ainsi défini, le refoulement (qui joue entre les systèmes inconscient et conscient) est au cœur des névroses. Toutefois, dans les psychoses on parle, analogiquement, de « refoulement », pour autant qu’existe un retrait de l’investissement (conscient), mais cette fois beaucoup plus général. En fait, le retrait psychotique de l’investissement porte sur la « représentation objectale » (refoulement de la réalité), alors que la représentation verbale est paradoxalement surinvestie dans une tentative de restitution (les mots pour les choses perdues…). Il semble plus opportun alors de ne plus appeler refoulement ce type de mécanisme, mais plutôt rejet, ou, à suivre Lacan, « forclusion ».


6. Des obscurités et des variations persistent finalement dans la théorie du refoulement. Freud ne distingue pas toujours clairement entre le refoulement comme aspect ou comme modèle de la défense, ni même entre le « refoulement primaire » et la fixation libidinale (conçue comme donnant lieu à un développement de rejetons inconscients ne pouvant trouver de représentations préconscientes à un stade ultérieur de consolidation du processus secondaire). Revenant sur la distinction des refoulements primaire et secondaire, il distingue à l’occasion : le premier comme répondant à une menace de désorganisation (pour le Moi peu évolué) par une production du Ça jouant le rôle de traumatisme interne ; le second comme relevant d’un conflit entre le Moi et le Surmoi, ou sous l’effet plus général de l’anticipation du danger après le remplacement de l’angoisse « automatique » par l’angoisse « signal ». Et il n’y a pas forcément relation intime entre refoulements primaire et secondaire si, dans le second cas, on considère que le retrait conflictuel de l’investissement préconscient fournit l’énergie employée au contre-investissement. Les deux variétés du refoulement correspondent alors à deux couches ou étapes de la différenciation de la structure psychique, et le premier peut alors exister dès les phases précoces, préverbales… Il n’interviendrait d’ailleurs qu’à un stade postérieur au retournement, à l’introjection/projection, à la régression.
Dans une optique lacanienne, certains auteurs ont tenté cependant d’identifier le refoulement primaire avec la médiation symbolique (langagière) dans la constitution du Sujet. Il reste à établir si cette conception (qui fait du langage la « condition » de l’inconscient, alors que Freud en fait un indice partiel du préconscient) s’identifie à la nécessité reconnue de maintenir un certain nombre de « contre-investissements » aux frontières du Moi, comme garantie contre la psychose… En fait, ces derniers relèvent de l’inhibition du processus primaire, du fait des liaisons-investissements nodaux et latéraux de l’organisation du Moi et de ses fonctions (délai, épreuve de réalité, fonction synthétique, etc.).

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3 comments on REFOULEMENT

  1. REFOULEMENT

    Opération qui repousse et maintient hors de la conscience les représentations (images, pensées, souvenirs) liées à une pulsion dont la satisfaction serait incompatible avec les exigences morales.
    « La théorie du refoulement est la pierre d’angle sur quoi repose tout l’édifice de la psychanalyse » (Freud) : en effet, non seulement ce processus psychique est à l’origine de la constitution de l’inconscient, mais, dans la mesure où le refoulé reste actif et peut resurgir après transformation (notamment dans le rêve ou dans des symptômes pathologiques -constituant le « retour du refoulé »), il rend compte de l’influence de l’inconscient sur la conduite individuelle.

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