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Quelle place la réflexion sur le vivant peut-elle accorder au hasard ?

 

Le hasard comme imprévisibilité

  • « Si on connaissait bien quelles sont toutes les parties de la semence de quelque espèce d’animal en particulier, par exemple de l’homme, on pourrait déduire de cela seul, par des raisons certaines et mathématiques, toute la figure et conformation de chacun de ses membres. » (Descartes).
  • Cette assurance, qui pourrait faire sourire, nous rappelle cependant combien grande est, à nos yeux, la puissance « prédictique » de la carte génétique d’un individu.
  • On pourrait considérer qu’à l’inverse, c’est surtout l’environnement social qui rend partiellement imprévisible le destin d’un embryon humain.

Le hasard comme absence de finalité

  • Démocrite (Ve siècle av. J.-C.) niait le hasard, mais faisait usage du concept et du terme d’automaton, qui, chez Aristote, désignera bel et bien… le hasard.
  • C’est qu’Aristote s’est cru autorisé à lire les œuvres des philosophes atomistes à la lumière de cette fausse équation : «automatiquement» = «sans intention préalable».
  • Cela signifie que, pour Démocrite, “automatos” signifie seulement : «spontané». La vie, selon lui, est apparue spontanément : c’est-à-dire non pas par hasard, mais en vertu des seules lois de la nature, et sans intervention des dieux.

Le hasard comme contingence radicale

  • Avec Darwin et sa théorie de la sélection naturelle des plus aptes, la nature ne fait que favoriser ce qui existe déjà.
  • Partant, écrit le biologiste François Jacob, « aucune intention ne peut être attribuée à l’apparition des nouveautés » dans la nature (“La Logique du vivant“, 1970).
  • « A la nécessité d’un monde vivant tel qu’il est se substitue la contingence qui régnait déjà dans le ciel et les choses. » Le monde vivant pourrait bien être totalement différent de ce qu’il est aujourd’hui (ibid). •

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