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PHILOSOPHIE

PHILOSOPHIE (gr. philo, désirer; sophia, savoir)

Etymologiquement, « amour de la sagesse ». Cependant, la sagesse n’étant qu’un art de vivre, la définition commune de la philosophie comme sagesse” est critiquable. En effet, sophia désigne en fait moins un savoir empirique adapté à la conduite de la vie qu’un savoir abstrait. En ce sens, la philosophie est essentiellement élévation de la pensée, théoria, contemplation. Cependant, comme l’indique l’allégorie de la caverne de Platon, le philosophe ne quitte le monde sensible que pour y redescendre, puisqu’il lui revient de gouverner la cité idéale. S’il s’agit de s’exercer à l’abstraction, il faut ne pas s’y perdre. Or, si la philosophie ancienne reste encore marquée par l’opposition de la contemplation (théoria) et de l’action (praxis) la philosophie moderne est plutôt soucieuse d’abolir cette distinction, comme le signale le projet cartésien de « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ». Elle cesse alors d’être un savoir désintéressé pour se mettre au service de la construction d’un monde régi par la science. Du coup, elle risque ou bien de devenir une spécialité comme les autres, ou bien, refusant cette spécialisation, de passer pour une activité dilettante réservée à quelques dandys de la pensée. Telle est l’aporie du philosophe contemporain : rester un généraliste sans sombrer dans l’insignifiance. Dès lors, pour éviter ce piège, la philosophie doit affirmer son sérieux par la prudence d’un jugement née de l’accumulation du savoir. Elle devient ainsi histoire de la philosophie, non pas connaissance érudite des doctrines, mais plutôt éveil de la pensée à elle-même à partir de ce qu’ont pensé les autres. Le développement de la philosophie peut alors se comprendre comme celui de la vérité à travers les différents moments nécessaires à son déploiement. Cette définition dialectique, proposée par Hegel, permet de saisir la nécessité rationnelle qui gouverne l’histoire de la philosophie : le philosophe est fils de son temps, et comme ceux d’hier, il lui revient de répondre aux besoins de son époque. La philosophie ne se réduit donc pas à ses oeuvres qui sont comme les tombeaux de la philosophie passée : elle est essentiellement vivante dans l’activité présente de penser, qu’exprime magnifiquement tout enseignement où le maître, à la manière de Socrate, requiert la participation du disciple.

Le langage courant a tendance à faire du mot philosophie un usage à la fois simpliste et appauvrissant. En effet, être philosophe se réduit souvent à faire preuve de patience et de détachement. On dira par exemple qu’il faut prendre une panne d’électricité « avec philosophie », mais la notion déborde heureusement cette acception limitée. Le mot vient du grec philia, « amour », et de sophia, « sagesse ». Sans présumer d’un contenu particulier, la philosophie est donc primitivement l’amour de la sagesse et sa recherche.
Il n’y a pas, à proprement parler, d’objet spécifiquement philosophique mais tout objet peut être l’occasion d’un questionnement qui le devient. Il suffit de s’étonner pour commencer à philosopher, ainsi que le déclare Aristote, en nous interrogeant sur nous-mêmes et sur le monde au lieu d’y vivre dans l’indifférence, comme si tout allait de soi. Plus qu’un simple contenu, la philosophie est donc une activité reposant sur l’usage de notre raison. On doit aussi l’envisager comme l’effet de cette exigence posée par Socrate :
« Connais-toi toi-même. »

Philosophie analytique
Expression floue, le plus souvent utilisée pour désigner la majeure partie de la production philosophique anglo-saxonne du XXe siècle assimilée abusivement à une forme de positivisme logique, à une volonté de réduire les questions philosophiques traditionnelles par une analyse du langage et à un refus d’une approche historienne de la philosophie au profit d’un examen purement logique de problèmes. Un examen attentif du très vaste champ intellectuel recouvert par l’expression « philosophie analytique » montre que celle-ci tire son origine de la philosophie européenne, et plus particulièrement autrichienne, de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, qu’elle recoupe des doctrines extrêmement variées, allant du réalisme logique inspiré par Frege à la philosophie du sens commun de Moore, d’une attention parfois exclusive accordée aux questions sémantiques à une relecture de grands philosophes du passé comme celle de Kant par Strawson, de la métaphysique redéfinie par un Lewis au naturalisme d’un Fodor, etc. Les domaines d’investigation couvrent de leur côté la totalité des questions philosophiques traditionnelles, de la morale à l’esthétique, de la philosophie politique à celle de la connaissance, de la métaphysique à l’épistémologie. On peut cependant distinguer deux grandes étapes : (a) une philosophie essentiellement attachée à la question du langage et à celle de la logique développée en Angleterre dans les années 1930 sous la forme d’une critique de l’idéalisme et qui va perdurer sous plusieurs formes jusque dans les années 1960, avant (b) une transformation généralisée de la philosophie analytique en philosophie de l’esprit et une expansion du domaine des problèmes traités (esthétiques, moraux, philosophie de la religion, etc.) associée à un développement tout particulier d’une philosophie politique analytique dans la seconde moitié du XXe siècle.

Philosophie de l’esprit
Philosophie qui a pris une place prépondérante dans la tradition de la philosophie dite analytique surtout depuis la fin des années 1960. La philosophie de l’esprit (philosophy of mind) s’attache à une réflexion sur l’ontologie des phénomènes mentaux, distincte de celle développée dans la philosophie de la psychologie et dans la psychologie cognitive. Là où ces dernières renvoient à des méthodes et résultats de la psychologie empirique, la philosophie de l’esprit entend rendre compte des phénomènes mentaux par le moyen d’une analyse des concepts mentaux.

philosophe (du gr. philos, amoureux, et sophein, savoir), individu dont la vie est consacrée à la recherche de la vérité. — Un philosophe n’est pas nécessairement celui qui écrit une œuvre, crée un système. Socrate est, selon Hegel, un « vrai philosophe », précisément parce qu’il a vécu sa doctrine au lieu de l’écrire. « Etre philosophe, disait Socrate, ne consiste pas à savoir beaucoup de choses, mais à être tempérant. » C’est seulement par déviation, et depuis que la philosophie est devenue un métier, une forme d’« enseignement rétribué», que la notion de «philosophe» a perdu sa signification originaire de type exemplaire, de chercheur désintéressé, soutenu par sa seule vocation; depuis lors, il n’y a plus eu de philosophes, remarque Hegel, mais des philosophies, des systèmes de pensée.


philosophie (du gr. philos, amoureux, et sophia, sagesse), recherche de la sagesse. — L’ambiguïté de la notion antique de « sagesse », qui évoque à la fois un savoir de la vérité et une pratique de la morale, devait susciter deux interprétations de la philosophie. La première, qui remonte aux « physiciens » ioniens (VIe s. av. J.-C.) et se développe chez Hegel et dans le positivisme rationnel anglo-saxon, conçoit la philosophie essentiellement comme une connaissance rationnelle, une recherche d’intelligibilité. La seconde, qui se recommande de Socrate, de Kant, de l’existentialisme moderne, considère la philosophie comme une recherche morale, celle de notre destination véritable, et comme un apprentissage de la vertu. Cependant, s’il est vrai qu’il puisse y avoir des philosophes qui n’aient point écrit de philosophie (comme Socrate), la notion de philosophie n’en implique pas moins le développement d’un savoir rationnel, d’un système. Par exemple, on dit qu’Alain fut un « philosophe », parce qu’il fut un essayiste; la « philosophie » d’Alain correspond à l’ensemble de ses idées mises en système. On parle, au contraire, de la « philosophie » de Kant ou d’Hegel. La philosophie est donc par vocation une science rationnelle, une explication cohérente du réel.
Quelle est la nature de cette explication, et de quel réel s’agit-il? Disons d’un mot que la méthode de cette science est la réflexion et que son objet est l’esprit : « Reconnaissant à la science, écrit Bergson, le pouvoir d’approfondir la matière, elle (la philosophie) se réserve l’esprit (Matière et mémoire). En quel sens s’agit-il d’une recherche concrète? Qu’est-ce qui distingue, par exemple, la science de la nature et la philosophie de la nature de Schelling? C’est que la première étudie la structure de la matière ou, d’une manière générale, les objets ou phénomènes qui se trouvent dans la nature, tandis que la seconde analyse le sentiment humain de la nature, l’expérience concrète par laquelle l’esprit humain participe à la nature. Il en est de même pour la science historique qui porte sur les « faits » de l’histoire, tandis que la philosophie de l’histoire tente d’analyser le sens.de l’histoire à laquelle les hommes participent. La philosophie est donc initialement une réflexion sur les expériences réelles de la conscience humaine. Si son objet ultime est bien de dégager le sens de ces expériences, cette analyse peut procéder soit à partir des formes de la connaissance (scientifique, psychologique), soit à partir des formes de faction (création artistique, action morale, travail humain), soit à partir d’une réflexion sur l’histoire humaine. Mais son but ultime est de retrouver, derrière toutes ces expériences diverses, l’unité d’une même fonction, que Hegel nommait l’« esprit », Cassirer, l’« essence de l’homme », et la phénoménologie moderne, le « sens des choses ». En quoi consiste concrètement l’acte de philosopher? On constate que toutes les grandes philosophies (Platon, Descartes, Spinoza, Kant, Hegel) ont procédé, par des voies différentes, à un approfondissement de l’esprit humain; mais comme cet approfondissement met nécessairement en œuvre cet esprit même et requiert de ce fait une formation personnelle, une série d’épreuves personnelles rencontrées et surmontées, on peut conclure que la philosophie est à la fois savoir et sagesse, une connaissance et une épreuve : c’est un savoir « compréhensif », qui exige la participation effective et pratique de celui qui réfléchit. En un mot, réfléchir c’est méditer, et la méditation est autant l’histoire d’une conscience que la formation d’un savoir, autant une éthique (selon le terme de Spinoza) qu’une logique (Hegel). Disons, pour finir, qu’il faut distinguer la philosophie proprement dite, ou « philosophie première », dont le but est directement de connaître l’esprit, et les applications de l’esprit philosophique aux connaissances scientifiques et aux réalités humaines (psychologiques et sociologiques), à l’histoire, à l’économie, à la politique, à la médecine, etc. (marxisme, prospective, thérapeutique psychologique, psychanalyse, etc.).

2 comments on PHILOSOPHIE

  1. PHILOSOPHE

    Terme dont la tradition attribue la paternité à Pythagore, qui aurait par modestie renoncé à se dire « sage » pour se contenter d’être « ami de la sagesse ». C’est en insistant sur l’aspect moral de cette « amitié » que Socrate lui-même se déclarait philosophe.
    ♦ Jusqu’au xviiie siècle, le terme est synonyme de savant, au sens très général. Au xviiie siècle, il se particularise pour désigner celui qui ne reconnaît comme autorité que celle de la raison. Mais, au pluriel, « les philosophes » sont le groupe des écrivains (Voltaire, d’Alembert, Diderot, etc.) partisans des Lumières et plus ou moins hostiles aux institutions religieuses (au Moyen Âge, la même expression désignait les alchimistes).
    ♦ Sens non spécialisé : qui prend la vie en patience, ou du bon côté, ou qui se fait de l’existence une vague idée « personnelle ».
    ♦ Plus techniquement, synonyme de métaphysicien, en ce qu’il cherche les raisons premières des choses.
    Sens technique le plus fréquent : celui qui pratique la philosophie – et qui la plupart du temps en écrit – en exerçant sa réflexion critique sur tous les problèmes concevables.

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