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PERSONNALISME

PERSONNALISME. n. m. Philosophie ou courant philosophique du XX° siècle qui fait de la personne humaine la valeur suprême. Le personnalisme est une doctrine à la fois spiritualiste (la valeur de la personne est dans sa dimension intérieure, sa conscience, sa liberté, sa maîtrise d’elle-même) et existentialiste (la personne est singulière, irréductible à l’anonymat, dotée d’une existence unique à travers laquelle elle se crée elle-même librement).
Le personnalisme, illustré par Renouvier, par E. Mounier, sous ses diverses variantes, s’oppose aux deux excès que sont :
— l’individualisme, qui coupe la personne d’autrui et la replie sur un « moi » narcissique et vain, lequel n’exclut pas le conformisme social (voir Individualisme au sens n° 1);
— le collectivisme, qui asservit la personne aux intérêts du groupe, à l’idéologie dominante, aux mimétismes sociaux, aux doctrines totalitaires.
Contre ces deux déviations, Mounier prône « une révolution personnaliste et communautaire ».

PERSONNALISME

Le mot est employé pour la première fois, en 1903, par le néo-criticiste Renouvier, à la suite de Kant qui voulait défendre l’éminente dignité de la personne humaine. Mais – si l’on excepte notamment la phénoménologie de Max Scheler qui, en Allemagne, combat l’individualisme – il faut attendre les années 30 avec Mounier, en France, pour que le statut philosophique du personnalisme se précise en réaction non seulement contre l’individualisme bourgeois, mais aussi contre le collectivisme et le totalitarisme triomphant.

♦ S’inspirant de la tradition chrétienne, Mounier affirme l’originalité et l’intimité du sujet personnel irréductible à l’objet et rebelle à l’explication objective, si bien que le personnalisme se traduit par une invitation à dépasser les conditionnements du moi empirique pour s’engager dans un mouvement de personnalisation, c’est-à-dire, essentiellement d’auto-création, en suivant par exemple « l’appel du héros et du saint » (Bergson). Le personnalisme insiste sur la dimension « collégiale » de la personne qui, ayant pour vocation de mener une existence communautaire, pratiquera la communication avec autrui grâce à la « réciprocité des consciences » unies par l’amour.

personnalisme (le terme a été créé, semble-t-il, par Renouvier, en 1903, pour qualifier sa philosophie), attitude ou doctrine qui pose, au-dessus de toute nécessité d’état, de tout intérêt économique, de toute institution impersonnelle, la valeur fondamentale de la personnalité humaine. — On voit que le personnalisme est une doctrine sociale dont le principe est celui même de la morale kantienne, à savoir le respect de la personne humaine; il vise à sauvegarder ce respect, malgré les conditions de vie du monde moderne. Le « personnalisme » a été créé comme doctrine par Emmanuel Mounier (Qu’est-ce que le personnalisme?, 1947) : il substitue une pensée « engagée » à une pensée « spéculative », affirme le primat des problèmes sociaux et humains sur les problèmes « métaphysiques » ; il se distingue du marxisme dans la mesure où il affirme l’irréductibilité de la personne humaine à sa simple fonction dans l’Etat : il préserve ainsi les valeurs de l’« intimité » et la spécificité de la liberté individuelle. A travers ses descriptions de la vie sociale, le personnalisme retrouve les valeurs du christianisme et se situe finalement dans la ligne de l’existentialisme chrétien. Le terme de « personnalisme » a été justement appliqué à la philosophie de Max Scheler : sa théorie de la personne concrète comme « centre d’actes », comme « existence-valeur », opère la synthèse entre le formalisme de la morale kantienne et l’utilitarisme des morales concrètes anglo-saxonnes; le personnalisme se veut à la fois profondément concret et profondément moral.

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