TOURGUÉNEV
Publié le 16/05/2020
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TOURGUÉNEV
1818-1883
NÉ dans une vieille et riche famille patnc1enne, le 28 octobre (g novembre) I 8 I 8 à Orel,
Ivan TouRGUÉNEv, après la retraite de son père, officier, passa son enfance dans la propriété
maternelle de Spasskoé-Loutovinovo.
Sa mère Varvara (Barbe) Petrovna Loutovinova, vrai
personnage de roman, exerçait sans humour sur son fils, comme sur tout son entourage, une
autorité despotique qui marqua à jamais la sensibilité du futur romancier, assez tôt fixée en
réaction contre elle.
Tourguénev prit ses grades universitaires à partir de 1833 dans les Facultés des Lettres
de Moscou puis de Pétersbourg.
Le jeune Tourguénev à Pétersbourg eut l'occasion de rencontrer Lermontov, Krylov,
Koltsov, fut l'étudiant de Gogol, professeur d'histoire bientôt destitué, assista à la première
du Revizor, aperçut aussi le dieu de toute sa vie, Alexandre Pouchkine, « son intangible modèle ».
Pendant les vacances à Spasskoé, le despotisme de sa mère à l'égard de ses serfs et de son fils
devenait de plus en plus insupportable à Tourguénev.
Son horreur de la violence, son humanité,
firent de lui, sa vie durant, l'adversaire parfois un peu mou, mais convaincu et persévérant, de
l'institution du servage, depuis quelque temps déjà scandale de l'Europe.
Selon une coutume du temps, Tourguénev, en 1838, va poursuivre ses études en Allemagne
et c'est Berlin, la philosophie allemande, l'histoire, les langues anciennes, les conversations avec
Bakounine et quelques autres jeunes.
Rentré en Russie en 1841, Tourguénev, peu sûr de sa vocation, hésite sur la voie à suivre.
Sera-t-il professeur?
La littérature l'attire.
L'amitié avec Belinski le révèle à lui-même.
Après s'être égaré dès les années 30 dans la poésie romantique et la traduction, Tourguénev
fut orienté par le critique vers la nouvelle, le roman et le théâtre.
Ayant bénéficié d'un manque de « copie » au bureau de la revue, Tourguénev, presque
inconnu encore, eut la surprise de voir imprimée sa nouvelle, Khor et Kalinytch dans Le Contem
porain
(1847).
La nouvelle fit sensation et fut suivie d'une vingtaine d'autres, publiées de 1847
à 1851 et réunies en volume en 1852, sous le titre de Mémoires ou Récits ou Carnets d'un chasseur.
Le meilleur de Tourguénev y est déjà presque tout entier : observations précises et nuancées,
réalisme discret, sens de la composition, absence de système et de parti pris, sens de l'humain,
compréhension intime de la nature.
Tourguénev, sans idéaliser les moujiks, montre en eux des
êtres sensibles,
capables de dévouement et de sentiments délicats.
Même sans prise de position
politique que n'eût point tolérée la censure, la souple et fine peinture d'humbles moujiks jusqu'ici,
en bonne règle, appréciés comme du bétail, était déjà en soi une révolution.
Ajoutez-y la peinture
peu flattée de certains propriétaires et vous avez un scandale.
La question de l'abolition du servage, depuis longtemps à l'étude dans les Conseils officiels,
éternellement remise de Comités secrets en Comités secrets, se trouvait inopinément posée devant
la conscience publique, sans que le mot fût prononcé.
A l'époque, après la Révolution française
de 1848, les Mémoires d'un chasseur, encore en revue, valurent à leur auteur les tracasseries du
pouvoir qui exilait ou emprisonnait les écrivains comme à plaisir.
Le livre eut un énorme reten
tissement.
C'est une galerie très riche, très variée de types humains authentiquement russes..
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