Databac

Sufit-il de s'en tenir aux fait pour être dans le vrai?

Publié le 24/03/2025

Extrait du document

« Un fait est une donnée observable de l’expérience, souvent invoquée, en vertu de son objectivité, comme preuve indiscutable.

Il se rapproche donc d’une expérience, d’un constat sensible, c’est-àdire un ensemble d’informations reçues par le biais des cinq sens, soit le vécu.

La vérité, quant à elle, est la propriété de ce qui est vrai, donc conforme ou fidèle à la réalité, une adéquation entre un jugement et la réalité, s’opposant ainsi à la fausseté.

À première vue, il semble naturel de penser que pour être dans le vrai, il suffit de s’en tenir aux faits, puisque ceux-ci sont objectifs, vérifiables et indépendants de toute interprétation subjective.

Cependant, peut-on réellement accéder à la vérité en se limitant aux seuls faits bruts ? En effet, si les faits semblent objectifs, ils peuvent mener à des généralisations fondées sur des observations répétées.

Par exemple, constater qu'un verre se casse chaque fois qu'il tombe peut nous amener à conclure que tous les verres sont fragiles.

Mais une telle induction n'est pas infaillible, et la vérité ne se réduit peut-être pas à une simple accumulation de faits.

Dès lors, peut-on réellement atteindre la vérité en se contentant d’ expériences, ou bien est-il nécessaire de les interpréter et d’utiliser notre raison pour en saisir pleinement le sens ? Ainsi, nous verrons dans un premier temps en quoi s’en tenir aux faits permet d’atteindre une certaine forme de vérité objective.

Dans un second temps, nous verrons comment cette approche est limitée, car la vérité dépasse souvent la simple observation des faits.

Enfin, nous nous demanderons s’il est réellement possible d’être dans le vrai et donc trouver la vérité. Pour commencer, les faits semblent constituer une base fiable pour établir la vérité, en assurant objectivité et en évitant les préjugés.

Mais cela suffit-il réellement pour accéder à une vérité universelle et complète ? Tout d’abord, la plupart des faits existent indépendamment de ce que nous en pensons.

Ils ne dépendent, à première vue, ni de nos croyances, ni de nos perceptions personnelles.

Dès lors, s’en tenir aux faits concrets semble être la meilleure manière de parvenir à une vérité indiscutable. Aristote définit d’ailleurs la vérité comme « dire de ce qui est qu’il est, et de ce qui n’est pas qu’il n’est pas » (Métaphysique).

Cette définition repose sur une correspondance stricte entre un énoncé et la réalité.

Ainsi, un fait objectif peut être considéré comme une vérité en lui-même.

Par exemple, "le soleil se lève à l'est" est un énoncé factuel qui demeure vrai, peu importe les opinions ou croyances culturelles sur ce phénomène.

Il s’agit d’une vérité incontestable qui ne nécessite ni raisonnement, ni interprétation : il suffit de l’observer pour la reconnaître comme vraie. En outre, l0a science, une discipline qui cherche à expliquer comment fonctionne la réalité de manière rigoureuse, s’appuie sur des faits empiriques, c’est-à-dire des observations directes du monde.

Francis Bacon, philosophe anglais du XVIIe siècle, insiste sur l’importance de l’induction à partir des faits : selon lui, l’accumulation d’observations permet de dégager des lois générales. Ainsi, sans une base factuelle solide, la science ne pourrait pas établir de vérités durables.

Par exemple, les découvertes de Galilée et Newton sur la gravité ne sont pas issues de simples spéculations, mais bien de l’observation de phénomènes réels et mesurables : un objet tombe lorsqu’il est lâché, et cette chute suit des lois précises.

Ce qui prouve que s’en tenir aux faits permet non seulement d’être dans le vrai, mais aussi d’élargir notre compréhension du monde en établissant des vérités scientifiques universelles. La plus part des faits peuvent être observés et vérifiés immédiatement, sans nécessiter d’hypothèse ou d’interprétation.

De plus, tant que les conditions ne changent pas, il reste vrai. Contrairement aux théories ou aux croyances qui peuvent évoluer, un fait demeure constant et incontestable.

Par exemple, si une personne a les cheveux longs à un moment donné, cette donnée est un fait immédiatement vérifiable par tous.

De même, "le Mont Everest est la plus haute montagne du monde" est une vérité stable qui ne dépend ni d’une opinion ni d’une construction intellectuelle.

Il suffit de constater ce fait pour être dans le vrai, car il est objectif et permanent. Ainsi, s’en tenir aux faits permet d’accéder à une forme de vérité qui ne varie pas selon les époques ou les individus. Cependant, un fait, qu’il soit quotidien, historique ou scientifique, reste toujours une occurrence ou un événement singulier (valable dans un unique cas), localisable dans le temps et l’espace.

Il doit donc être distingué d’une loi scientifique, qui, elle, représente un énoncé universel, valable pour tous les cas d’un ensemble donné, ou au moins pour l’ensemble de l’univers sans exception.

Un fait repose sur une ou plusieurs expériences, et il peut être subjectif selon la perception ou la sensibilité de chacun.

Ainsi, certains faits peuvent sembler similaires mais mener à des résultats différents selon les contextes d’observation.

Par exemple, l’observation de plusieurs verres fragiles ne permet pas de conclure de manière universelle que tous les verres sont fragiles, car ce fait reste limité à un échantillon spécifique, et la fragilité d’un verre peut varier selon des facteurs non observés, comme la qualité du matériau ou la manière dont il est manipulé.

Les faits mènent par conséquents à des inductions, c’est-à-dire, des raisonnements qui consiste à tirer une conclusion universelle à partir de l’accumulation de cas particuliers ressemblants, en se fiant uniquement aux apparences grâce à nos 5 sens, en non pas à l’essence d’une réalité (soit, son être profond). En somme, bien que les faits offrent une base solide pour accéder à la vérité grâce à une certaine « objectivité », ils demeurent néanmoins limités, car ils découlent souvent d'expériences sensibles et subjectives propres à chacun. Deuxièmement, bien que les faits fournissent une base solide pour la vérité, leur singularité limite leur portée.

En quoi cette approche est-elle donc limitée et empêche-t-elle d’atteindre pleinement la vérité ? En premier lieu, les faits, et donc les expériences, ne mènent pas toujours à des connaissances, c’est-à-dire à une idée prouvée dont on peut être certain qu’elle est vraie et qui peut convaincre tous les humains qui font l’effort de réfléchir.

En réalité, elles mènent souvent à des croyances, qui sont des idées que l’on pense vraies mais sans preuve définitive, et qui ne peuvent donc pas convaincre universellement.

L’expérience ne peut jamais vraiment prouver, car elle repose uniquement sur les apparences perçues par les cinq sens et les sentiments, sans expliquer ni justifier ce qui a été constaté.

En revanche, une preuve exige une justification rationnelle : un raisonnement permettant d’atteindre une certitude dont on ne peut pas douter, car elle repose sur une démonstration logique universellement convaincante.

Selon Platon, les opinions sont les plus grandes ennemies de notre recherche de la vérité, car nous les prenons pour des connaissances alors qu’elles ne reposent pas sur une démonstration rigoureuse.

Croire qu’un fait observé plusieurs fois est vrai de manière universelle relève donc davantage de l’opinion que de la connaissance véritable.

Par exemple, pendant longtemps, on croyait que le Soleil tournait autour de la Terre parce que l'observation quotidienne semblait le prouver : le Soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest.

Pourtant, cette croyance fondée sur l'expérience sensible était fausse.

Ce n'est qu'avec Copernic, puis Galilée, que l'héliocentrisme a été démontré par des preuves rationnelles et scientifiques. Ainsi, il ne faut pas uniquement se fier aux faits, mais aussi en douter.

En effet, selon Platon, la première étape pour espérer découvrir la vérité est de prendre conscience de son ignorance, c’est-àdire savoir qu’on ne sait pas et reconnaître que nos idées sont des croyances et non des connaissances.

Comme l’a dit Socrate : « Je sais que je ne sais pas.

» Cela signifie qu’il doute de ses opinions et ne les prend pas pour des connaissances certaines.

Il est donc essentiel de se questionner, de s’interroger et de problématiser pour éveiller sa raison (notre faculté de réfléchir et de former des arguments pour découvrir la vérité) et ainsi trouver des arguments qui permettent de répondre à ces questionnements, en trouvant les causes, qui elles sont abstraites ( imperceptibles par les 5 sens) et ne.... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles