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PROUDHON Pierre Joseph : sa vie et son oeuvre

Publié le 28/11/2018

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PROUDHON Pierre Joseph (1809-1865). Des pères fondateurs du socialisme français, Proudhon est le plus méconnu. La singularité de sa destinée, la variété de ses ouvrages, les paradoxes de sa pensée, aiguisés par une belle vivacité de plume, empêchent les chapelles ou les partis de récupérer cet écrivain passionné de liberté et de vérité, économiste, sociologue, moraliste, philosophe, symbole de l’émergence d’une conscience ouvrière au XIXe siècle.

 

Fils d’un modeste tonnelier de Besançon, Proudhon doit bientôt interrompre ses études et prendre, à dix-neuf ans, le métier de typographe. Il complète néanmoins son instruction par des lectures personnelles et par le traditionnel tour de France (1829-1834). L’académie de Besançon prime son Essai de grammaire générale ( 1837) et lui accorde une pension pour trois ans. Le jeune théoricien des langues « monte » ensuite à Paris et se lance dans l’action politique. Ses pamphlets Qu’est-ce que la propriété? (1840) et l'Avertissement aux propriétaires (1842) l’entraînent en cour d'assises, où il est acquitté. Se succèdent alors les grands ouvrages théoriques : De la création de l’ordre dans l’humanité ou Principes d’organisation politique (1843), le Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère (1846). Sous la IIe République, son action, que ce soit par l’intermédiaire de ses trois journaux successifs ou par celui de sa « Banque du peuple », ne connaît guère le succès. Il est condamné, en 1849, pour « excitation à la haine et au mépris du gouvernement »; libéré en 1852, il publie la Philosophie du progrès (1853) et De la justice dans la révolution et dans l’Eglise (1858), qui lui vaut une nouvelle condamnation. Il s’exile en Belgique, où il publie la Guerre et la Paix (1861 ), rentre en France, amnistié en 1862 et, renonçant à tout rôle actif, donne encore Du principe fédératif (1863) et De la capacité politique des classes ouvrières (1865).

 

Proudhon apparaît d’abord comme un témoin lucide des désordres idéologiques et sociaux qui accompagnent la révolution industrielle. Son abrupte formule de 1840, « la propriété c’est le vol », semble proscrire toute appropriation individuelle;

proudhon

« Besançon prime son Essai de grammaire générale ( 1 837) et lui accorde une pension pour trois ans.

Le jeune théoricien des langues « monte >> ensuite à Paris et se lance dans l'action politique.

Ses pamphlets Qu'est-ce que la propriété? ( 1 840) et l'Avertissement aux proprié­ taires (1842) l'entraînent en cour d'assises, où il est acquitté.

Se succèdent alors les grands ouvrages théori­ ques : De la création de l'ordre dans l'humanité ou Principes d'organisation politique ( 1843), le Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère ( 1846).

Sous la n• République, son action, que ce soit par l'intermédiaire de ses trois journaux successifs ou par celui de sa« Banque du peuple », ne connaît guère le succès.

Il est condamné, en 1849, pour « excitation à la haine et au mépris du gouvernement »; libéré en 1852, il publie la Philosophie du progrès ( 1853) et De la jus­ tice dans la révolution et dans l'Église (1858), qui lui vaut une nouvelle condamnation.

JI s'exile en Belgique, où il publie la Guerre et la Paix ( 1861 ), rentre en France, amnistié en 1862 et, renonçant à tout rôle actif, donne encore Du principe fédératif (1863) et De la capacité politique des classes ouvrières ( 1865).

Proudhon apparaît d'abord comme un témoin lucide des désordres 1déologiques et sociaux qui accompagnent la révolution industrielle.

Son abrupte formule de 1840, «la propriété c'est le vol », semble proscrire toute appro­ priation individuelle; elle dénonce.

en fait, la faculté de jouir librement du travail d'autrui par l'intermédiaire du >.

où se révèle l'intuition fondamentale, héracli­ téenne, de la doctrine : le pluralisme conflictuel.

néces­ saire et étern>, vérita­ ble démocratie ouvrière, sera le fédéralisme, qui unira -en préservant leur individualité et en développant leur liberté -collectivités, régions, nations, jusqu'à l'émer­ gence d'une Europe confédérée.

La pensée de Proudhon, complexe et d'un abord diffi­ cile, réussit, paradoxalement, à être « totaliste » sans tomber dans le totalitarisme.

Issue de l'expérience concrète des conditions du travail, de l'économie et de la politique, elle en respecte la variété.

Elle exècre les idoles du siècle, les nouvelles aliénations : la croyance en un progrès automatique; la foi dans un paradis imma­ nent à l'histoire; la confiance dans l'État comme instru­ ment de transformation sociale; 1' espoir révolutionnaire dans un nivellement communiste.

Pour que l'égalité accroisse la liberté, elle propose un réformisme qui gagnera par la vertu de l'exemple et comportera des régulations propres à sauvegarder l'autonomie de cha­ cun.

Son influence est considérable : sur le jeune Marx, sur le mouvement ouvrier européen, sur la tradition socialiste, sur le mutualisme et le mouvement coopératif.

Dès 1846, Proudhon voyait dans le messianisme mar­ xiste le retour d'une religion dogmatique, avec son intan­ gibilité et ses menaces latentes pour le bonheur de l'hu­ manité : à l'ère des «goulags», avec les aspirations nouvelles à l'autogestion, à la revitalisation des commu­ nautés concrètes, le proudhonisme garde intactes son actualité et ses puissances de séduction.

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