Databac

Philo: Faut-il accorder des droits à la nature ?

Publié le 01/04/2025

Extrait du document

« Faut-il accorder des droits à la nature ? Introduction Aujourd'hui, la nature est menacée par l'activité humaine : pollution, déforestation, extinction des espèces.

Face à ces crises, une idée prend de l'ampleur : accorder des droits à la nature.

Cela signifie reconnaître juridiquement certains éléments naturels comme des sujets de droit, au même titre que les humains ou les entreprises.

Cette idée peut sembler révolutionnaire, mais elle pose de nombreuses questions. D’un côté, certains estiment qu’accorder des droits à la nature permettrait de mieux la protéger en lui offrant des recours juridiques concrets.

De l’autre, cette notion soulève des problèmes pratiques : comment appliquer ces droits ? Qui défendrait les intérêts de la nature ? Cette idée est-elle une solution efficace pour protéger l'environnement ou un concept trop difficile à appliquer ? I.

L'origine du concept des droits de la nature Dans la plupart des systèmes juridiques, seule l'humanité a des droits, la nature est perçue comme une ressource à exploiter.La révolution industrielle a renforcé cette approche en favorisant la rentabilité économique plutôt que la préservation des écosystèmes.L’environnement est souvent protégé uniquement en fonction de son utilité pour l’homme, et non pour sa valeur intrinsèque. Les débuts des Droits de la Nature ont été théorisés à partir des années 1970, à travers notamment l’article fondateur de Christopher Stone « Les arbres doivent-ils pouvoir ester en justice ? Vers des droits de la nature » paru en 1972.

La réflexion s’est ensuite nourrie des principes de vie et de gouvernance des peuples autochtones et étoffée sous l’influence de penseurs tels que Thomas Berry ou Cormac Cullinan qui ont respectivement élaboré les concepts de Jurisprudence de la Terre et de Wild Law.​ II.

Des exemples concrets de reconnaissance des droits de la nature​ En 2008, l’Équateur inscrit dans sa Constitution les droits de la nature, permettant à n'importe quel citoyen de défendre un écosystème en justice.

Puis en 2010, la Bolivie adopte la "Loi des Droits de la Terre-Mère", reconnaissant la nature comme une entité ayant des droits à la vie et à la restauration.Ces pays montrent que la reconnaissance juridique de la nature n’est pas seulement théorique, mais peut s’appliquer à l’échelle nationale. En 2017, la Nouvelle-Zélande accorde la reconnaissance de la montagne sacrée Taranaki en tant que personne juridique via un protocole d’entente co-signé par le gouvernement et reconnaissance de la rivière sacrée Whanganui en tant que personne juridique par le Parlement national En Colombie, l'Amazonie a été reconnue comme "sujet de droit" en 2018, permettant des actions en justice contre la déforestation. En France en 2023, certains éléments du vivant des Iles Loyautés en Nouvelle Calédonie ont été reconnues comme entités naturelles sujets de droits. III.

Les arguments en faveur des droits de la nature Donner des droits à la nature serait un moyen efficace de protection de cette dernière.

En effet, les lois environnementales actuelles sont souvent insuffisantes et contournées par les acteurs économiques.

En reconnaissant des droits à la nature, il deviendrait plus facile pour les citoyens et les associations d’agir en justice pour empêcher des destructions écologiques. Des exemples concrets montrent l’intérêt de cette approche.

En Nouvelle-Zélande, le fleuve Whanganui a obtenu un statut juridique lui permettant d’être défendu par des représentants légaux.

En Colombie, la forêt amazonienne a été reconnue comme “sujet de droits”, obligeant l’État à renforcer sa protection.

Ces avancées montrent que donner une personnalité juridique à.... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles