Liban: 2003-2004 - Durcissement du régime prosyrien
Publié le 18/09/2020
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Liban 2003-2004
Durcissement du régime prosyrien
L’année 2003-2004 a vu, une fois de plus, l’explosion de la dette publique.
Malgré les engagements pris en novembre 2002 à Paris, celle-ci représentait, à
la fin de l’année, 200 % du PIB.
Dans ce contexte, le pays ne devait sa relative
stabilité économique qu’à une balance des paiements restée bénéficiaire.
Le
Liban bénéficie ici de l’amplification de l'«effet 11 septembre», qui a vu les
capitaux du Golfe déserter les places occidentales pour se reconcentrer au
Moyen-Orient.
Cela a particulièrement profité au tourisme, aux dépôts bancaires
(près de 330 % du PIB) et à l’immobilier.
Politiquement, en revanche, le pays fait les frais de l’inquiétude syrienne, et
la timide ouverture entrevue en 2002-2003 a été remise à plus tard, malgré les
pressions américaines.
À travers la formation, en avril 2003, d’un gouvernement
aux ordres, la déstabilisation systématique de toute opposition ; avec les
mesures prises contre la chaîne de télévision NTV en février 2003,
l’instrumentalisation de tous les dossiers, y compris celui du destin des
réfugiés palestiniens, Damas et ses alliés libanais ont largement consolidé leur
mainmise sur le pays.
Les 80 % d’abstention à l’élection législative partielle
du 14 septembre ont montré à quel point les Libanais semblaient ne plus croire à
l’alternance politique.
Cette tendance s’est confirmée, en avril et en mai 2004,
avec l’échec d’une opposition, trop divisée et trop instrumentalisée, aux
élections municipales.
Les luttes internes au pouvoir ne s’en sont pas moins
amplifiées dans la perspective des élections législatives et présidentielle de
2005.
En matière de politique étrangère, l’État libanais apparaissait plus que jamais
dessaisi de ses prérogatives par Damas, d’une part, et par les acteurs régionaux
comme le Hezbollah, d’autre part.
La situation au sud du pays a été plutôt
calme, avec de rares opérations conjoncturelles du Hezbollah (chiite) dans la
zone disputée des «fermes de Chebaa» (occupées par Israël), comme le jour de
l’élimination par l’armée israélienne de Cheikh Ahmed Yassine à Gaza, mais la
tension régionale persistante menaçait régulièrement d’embraser la frontière.
Avec l’échange de prisonniers très favorable conclu fin janvier 2004, le
Hezbollah est devenu un joueur à part entière sur l’échiquier régional,
éclipsant un État libanais qui refusait toujours de déployer son armée au Sud.
Restait à savoir dans quelle mesure la guerre et le début d’insurrection des
chiites en Irak, idéologiquement proches du Hezbollah, pourraient à terme
menacer la stabilité du pays.
L’assassinat d’un des cadres du «parti de Dieu»
dans un attentat à la voiture piégée en banlieue sud, le 2 août 2003, montrait
que celui-ci représentait toujours une cible..
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