L'Histoire des oracles de Fontenelle
Publié le 21/02/2024
Extrait du document
«
Introduction : L'Histoire des oracles est une oeuvre de Fontenelle (1657-1757) qui a d'abord
écrit des poèmes sur commande puis des oeuvres de vulgarisation scientifique.
Il a été élu à
l'académie française et secrétaire perpétuel de l'académie des sciences.
Dans l'Histoire des
oracles, Fontenelle fait semblant de critiquer les croyances païennes (oracles, démons) pour
en réalité critiquer la religion chrétienne et en particulier les prêtres qui entretiennent la
crédulité des gens.
L'extrait étudié est tiré du quatrième livre de Histoire des oracles.
Dans cet
extrait en trois parties, l'auteur cherche à démontrer par le biais d'une petite histoire qu'il faut
vérifier les faits avant de chercher à les expliquer.
On a donc un récit choisi pour convaincre
le lecteur d'une idée.
Texte :
Il serait difficile de rendre raison des histoires et des oracles que nous avons rapportés, sans
avoir recours aux Démons, mais aussi tout cela est-il bien vrai ? Assurons nous bien du fait,
avant de nous inquiéter de la cause.
Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart
des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait; mais
enfin nous éviterons le ridicule d'avoir trouvé la cause de ce qui n'est point.
Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siècle passé à quelques savants d'Allemagne,
que je ne puis m'empêcher d'en parler ici.
En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il
lui en était venu une d'or, à la place d'une de ses grosses dents.
Horatius, professeur en
médecine à l'université de Helmstad, écrivit, en 1595, l'histoire de cette dent, et prétendit
qu'elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu'elle avait été envoyée de Dieu à
cet enfant pour consoler les chrétiens affligés par les Turcs.
Figurez vous quelle consolation,
et quel rapport de cette dent aux chrétiens, et aux Turcs.
En la même année, afin que cette dent
d'or ne manquât pas d'historiens, Rullandus en écrit encore l'histoire.
Deux ans après,
Ingolsteterus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d'or, et
Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique.
Un autre grand homme, nommé Libavius,
ramasse tout ce qui avait été dit sur la dent, et y ajoute son sentiment particulier.
Il ne
manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fût vrai que la dent était d'or.
Quand un orfèvre l'eût examinée, il se trouva que c'était une feuille d'or appliquée à la dent
avec beaucoup d'adresse; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfèvre.
Rien n'est plus naturel que d'en faire autant sur toutes sortes de matières.
Je ne suis pas si
convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que
par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison.
Cela veut dire que non seulement
nous n'avons pas les principes qui mènent au vrai, mais que nous en avons d'autres qui
s'accommodent très bien avec le faux.
Annonce des axes :
La composition du passage
Le ridicule des savants
Analyse :
I) La composition du passage
A.
La structure de l'extrait.
Premier paragraphe (lignes 1 à 6) : énonciation de la thèse.
Cette thèse est un principe
de méthode qui est expliqué à la ligne 3.
D'abord, il reprend la croyance traditionnelle
puis il énonce la thèse, puis il fait semblant de prendre en compte un argument sans
valeur (ligne 3).
Enfin, il propose sa méthode car elle permet selon lui au moins
d'éviter le ridicule.
Lignes 7/8 : phrase de transition vers l'exemple.
Paragraphe 3 : L'exemple....
»
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