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Le bonheur

Publié le 02/03/2025

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« Le bonheur Mots clés : -Bonheur : de « bon » et « heur » un mot français vielli et désuet, synonyme de « bonne fortune », « chance », « plaisir »).

Le terme de « bonheur » évoque un état de contentement durable qu’on peut distinguer de la joie qui est plus éphémère. -Hédonisme : du grec hêdonê (plaisir).

Doctrine philosophique selon laquelle le bonheur réside dans le plaisir. -Eudémonisme : du grec eudaimonia (bonheur).

Doctrine qui fait du bonheur le but de la vie et le souverain bien, c’est-à-dire le plus grand de tous les biens. -Souverain bien : bien suprême et fin (but) ultime de l’action humaine. Introduction : L’étymologie suggère que le bonheur est pour l’essentiel, un phénomène aléatoire, une question de chance ou de malchance : nous serions heureux ou malheureux au gré des circonstances.

Mais pour les Anciens le bonheur dépend de nous : de la manière dont nous menons notre vie, ainsi que de la manière dont nous regardons les choses.

Pour être heureux, il faudrait donc posséder la sagesse entendue comme une « science du bonheur ». On se demandera donc d’abord si on peut faire du bonheur une « science ».

Peut-on savoir comment être heureux ? Mais on peut aussi se demander s’il est légitime de chercher à l’être par tous les moyens ? Le bonheur est-il , comme le pensaient les Anciens, le souverain bien et le but de la vie ? Quelle importance faut-il accorder à l’idéal du bonheur ? Quelle place doit-il occuper dans la hiérarchie des biens ? 1.

Peut-on faire du bonheur une « science »? A.

Quel est le problème ? -Il s’agit de savoir si on peut déterminer ce qu’est le bonheur et comment l’atteindre.

Peut-on prendre le bonheur dans les filets de la raison, le comprendre et le maîtriser comme le croient les philosophes de l’Antiquité ? Le bonheur n’est-il pas trop aléatoire et insaisissable pour qu’on puisse en faire une science ou un art ? B.

La sagesse comme « science du bonheur ». Citation : « La sagesse n’est autre chose que la science du bonheur.

» Diderot 1.

Le bonheur, c’est la sérénité du sage. -Le bonheur tel que nous le concevons d’ordinaire dépend des aléas de l’existence.

Mais les philosophes de l’Antiquité, notamment les stoïciens et les épicuriens, ont imaginé un bonheur indépendant des circonstances de l’existence, un bonheur qui ne dépendrait que de nous-mêmes, de la manière dont nous menons notre vie et de la manière dont nous l’envisageons. -Ce bonheur, loin d’être instable et aléatoire, fragile et soumis aux aléas de la vie, serait au contraire solide et stable.

Les stoïciens affirment ainsi que le sage serait heureux même dans le taureau de Phalaris : un taureau de bronze creux dans lequel le tyran Phalaris faisait rôtir ses victimes ! Le bonheur du sage serait donc un bonheur à toute épreuve, il résisterait aux pires circonstances.

Ce bonheur stable, serein, assuré, qui semble si improbable, n’est-il pas pourtant le seul qui mériterait son nom ? -En effet, on peut distinguer le bonheur de la joie.

Le mot bonheur suggère le calme et la stabilité, une satisfaction paisible et durable.

La joie est au contraire intense et de courte durée.

On saute de joie, on ne saute pas de bonheur ! Pour les stoïciens ou les Epicuriens le bonheur se confond avec la sérénité du sage, la paix intérieure : l’ataraxie (du grec « ataraxia »: absence de trouble). 2.

Le stoïcisme : le sage est heureux parce qu’il accepte l’ordre des choses. -Nous sommes heureux quand les choses arrivent conformément à nos désirs, malheureux quand elles les contrarient.

Les stoïciens nous invitent au contraire à accepter l’ordre des choses : « Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu désires ; mais désire que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux », dit Epictète.

Descartes, s’inspirant du stoïcisme, le dira autrement : « tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde ». Citation : « Désire que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux.

» (Epictète) -S’il faut accepter l’ordre des choses, c’est qu’il n’est pas en notre pouvoir de les changer.

Qu’est-ce qui dépend vraiment de nous ? Quel pouvoir avons-nous sur le cours des choses, sur l’ordre du monde ? Que pouvons-nous changer ? Que devons-nous, au contraire, accepter? Si nous voulons changer ce qui ne peut pas l’être, nous serons nécessairement malheureux. -Il faut donc apprendre à distinguer, comme l’affirme Epictète, les choses qui dépendent de nous, de celles qui n’en dépendent pas.

Or, seules nos pensées (nos représentations, nos désirs, nos émotions) dépendent de nous : nous pouvons apprendre à devenir maîtres de nous-mêmes, mais nous ne sommes pas maîtres du monde.

Le monde tourne comme il tourne, la condition humaine est immuable, personne n’échappe au temps et à la mort, personne n’a le pouvoir de changer fondamentalement le cours naturel des choses.

On peut s’entêter et refuser l’ordre des choses, le subir et en souffrir, ou s’accorder à lui et être heureux : vivre en paix. Citation : « Il n’y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées.

» Descartes -« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre », écrit Marc Aurèle.

La mort par exemple est inéluctable.

Vouloir être immortel est folie.

C’est se condamner à souffrir, gâcher le présent par la peur de l’avenir, dans l’anticipation anxieuse de l’inéluctable.

La sagesse serait au contraire d’accepter la mort, parce qu’elle est dans l’ordre des choses (voir le chap.

17 : Le temps). -Car si nous ne pouvons pas échapper à la mort, nous pouvons en revanche changer l’idée que nous nous en faisons.

Ce n’est pas la mort qui est à craindre, ce qui est à craindre, c’est plutôt l’opinion que la mort est à craindre.

Ce n’est pas la mort, mais la manière dont nous l’envisageons qui nous rend malheureux.

« Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais l’opinion qu’ils en ont », enseigne Epictète. -S’il faut accepter l’ordre des choses, c’est donc que nous ne pouvons guère le changer.

Mais c’est aussi parce qu’il est rationnel.

Les stoïciens se représentent l’univers, le cosmos, comme un grand organisme dans lequel chaque chose est à sa place et joue son rôle.

L’homme doit comprendre, accepter et jouer son rôle dans cet univers ordonné et harmonieux où tout est justifié.

Etre heureux n’implique donc pas de changer l’ordre des choses, mais d’en comprendre la perfection.

Comprendre, admirer et aimer la perfection du cosmos, c’est du même coup, « vivre en accord avec la nature », être en phase, en harmonie avec l’univers. -Le stoïcisme est donc une philosophie de l’acceptation (non de la résignation) : être heureux, ce n’est pas plier le monde à ses désirs, mais au contraire plier son désir au monde.

A la limite, c’est même ne plus désirer du tout, mais aimer ce qui est, ou ce qui doit être.

C’est l’amour du destin : « amor fati » dira Nietzsche dans une formule d’inspiration stoïcienne.

« Le bonheur ne consiste pas à acquérir et à jouir, mais à ne rien désirer, car il consiste à être libre », écrit Epictète. 3.

L’épicurisme : le sage est heureux, parce qu’il sait limiter ses désirs et a vaincu la peur. -Epicure nie l’existence du destin et l’idée d’un cosmos où tout serait justifié.

En revanche, il estime que le bonheur suppose qu’on sache contenir le désir dans ses limites naturelles.

Il s’agit donc encore de « vivre en accord avec la nature », mais dans un sens très différent. -Epicure met l’intelligence au service de la vie et du bonheur : il faut réfléchir, peser ses actes, en anticiper les conséquences.

Ainsi, satisfaire tous ses désirs sans discernement, c’est, forcément, faire son propre malheur.

Etre heureux suppose au contraire que l’on anticipe les joies et les peines liées à la satisfaction d’un désir. -Le plaisir lié à la satisfaction d’un désir est certes toujours un bien en lui-même.

C’est ce qu’on appelle l’hédonisme : le bonheur consiste dans le plaisir (hêdonê).

« Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse » (son principe et son but), écrit Epicure.

Mais la satisfaction d’un désir peut aussi engendrer beaucoup de souffrances.

Or, nous privilégions souvent à tort le plaisir immédiat, sans avoir clairement conscience des souffrances à venir. -Ce calcul des plaisirs et des peines est éclairé par.... »

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