La «Constitution de 1875»Vers un régime d'Assemblée.
Publié le 17/05/2020
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«
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Vers un régime d'Assemblée
Après l'échec de la Restauration monar
chique, le succès des républicains aux
élections municipales de 1874 et la
crainte d'un réveil du bonapartisme
inci tent les orléanistes à se rallier à l'idée
d'une République modérée.
«Ne pou
vant faire la monarchie, il faut faire ce
qui s'en rapprocbe le plus>>, déclare le comte de Paris.
De ce fait, au début de
1875, l'Assemblée entreprend la discus
sion des lois constitutionnelles et
l'amendement Wallon introduit l'expres
sion
de «République» (30 janvier 1875) à une voix de majorité, il est vrai (353
voix contre 352).
Sont votées ensuite
trois lois constitutionnelles: lois du 24
février (organisant
le Sénat), du 25 fé vrier (organisant les pouvoirs publics) et
du 16 juillet (réglant les rapports des
pouvoirs publics).
Deux lois organiques
concerneront l'élection des sénateurs
(2 août) et des députés
(30 novembre).
En vertu de ces lois, improprement
appelées
«Constitution de 1875», le pré
sident de la République est élu pour sept
ans par
le Parlement et possède de lar
ges pouvoirs: il commande les armées,
dispose du droit de grâce, partage avec
le Parlement l'initiative des lois, peut
procéder à la dissolution de la Chambre
après avis favorable du Sénat.
Il désigne
les ministres, mais ceux-ci sont solidai
rement
responsahlr' devant les Assem
blées.
Le pouvoir législatif est confié à la Chambre des députés, élue pour
quatre ans au suffrage universel, et au
Sénat, composé de
75 membres à vie et de 225 élus pour neuf ans par un collège
restreint des délégués des communes.
Les
lois et
le budget doivent être votés
par les deux Chambres, ainsi que les ré
visions constitutionnelles.
Le Sénat peut
enfin siéger en Haute Cour pour juger
les crimes contre la sûreté de l'Etat.
En définitive, cette «Constitution» ap
paraît comme l'œuvre d'une majorité
monarchiste soucieuse d'établir un
cadre suffisamment souple pour servir
de base
à une République modérée et,
éventuellement, à une monarchie consti
tutionnelle.
Cet ensemble de lois va rester en
vigueur pendant près
de soixante-quinze
ans, au prix, il est vrai, de profondes
modifications.
Après la crise du 16 mai
1877, le président de la République
renoncera à user de son droit de disso
lution.
Il s'effacera progressivement
devant un personnage non prévu par les
lois de 1875, le président du Conseil, et
finira par devenir un personnage honori
fique.
A la suite de cette évolution,
acquise dès
le septennat de Jules Grévy,
des présidents comme Casimir-Perier ou
Millerand, désireux de revendiquer toute
leur autorité constitutionnelle, devront
démissionner.
Quant au Sénat, la révi
sion de 1882 entraînera la disparition
progressive des membres inamovibles.
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