Jean Duns Scot.
Publié le 16/05/2020
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Jean Duns Scot
Surnommé le « Docteur Subtil » tellement sa dialectique tresse un réseau d'une très savante complexité.
Critiquantl'aristotélisme et le thomisme sur plusieurs points majeurs, nous ne nous étonnerons pas qu'il s'inscrive dans la lignéeaugustinienne de la priorité de la foi et de la volonté sur la raison.Duns Scot n'admet pas la distinction thomiste de l'essence et de l'existence, car cette distinction, prise commefondamentale, briserait le caractère absolument identique (univoque) de l'être.
En d'autres termes, si est doit êtreentendu différemment dans « Dieu est» et dans «l'homme est», est n'a plus de valeur univoque.
Or, est doit toujoursavoir la même signification et, dire comme saint Thomas que l'être de l'homme est analogue à l'être de Dieu, c'estdire quelque chose d'équivoque.L'«existible» est pour Duns Scot une catégorie métaphysique beaucoup plus fondamentale que l'étant et l'existant.Nous ne pouvons ici entrer dans la véritable articulation de cette pensée extrêmement subtile que nous ne signalonsque pour montrer qu'il y aura toujours, sans doute, face à un effort de cohérence basé sur la raison et le sensible etqui procède par abstraction rationnelle, un effort autre basé essentiellement sur l'«intuition» et la volonté.
Deux exemples nous serviront à illustrer l'audace de sa pensée théologique et morale.Etant donné l'essence même de Dieu, son Incarnation n'est pas liée au péché originel de l'homme, circonstancecontingente par rapport à l'exigence d'une élévation de la nature humaine à l'amour.
Tout est possible à Dieu, saufce qui implique contradiction.Dieu peut par exemple autoriser la polygamie ou l'inceste en tant que moindre mal n'impliquant pas contradiction,mais non la polyandrie.
En effet, du fait que l'homme peut rendre mère plusieurs épouses, la polygamie a sa raisond'être (en soi ou occasionnelle) comme «puissance», même s'il est vrai qu'elle est moins juste que la monogamie quiseule respecte l'amitié conjugale et l'égalité du rapport interpersonnel.
Tandis que la polyandrie, du fait même del'impossibilité pour une femme d'être enceinte de plusieurs hommes, est donc inutile et contradictoire, et de ce faitinautorisable, sans rappeler que tout comme la polygamie elle est injuste quant au contrat monogame..
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