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IVO ANDRICH

Publié le 16/05/2020

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« IVO ANDRICH né en 1893 GRAND, mince, les cheveux encore noirs, le regard scrutateur derrière ses lunettes, le sourire un peu mélancolique et comme· retenu, quel feu secret se cache sous cette réserve, sous cette poli­ tesse? Ivo Andrich n'a pas changé malgré son prix Nobel de Littérature (r96r).

Il est de ceux que la gloire ne modifie pas, parce qu'il sait ce qu'en vaut l'aune et qu'elle ne suffit pas à définir un homme.

Et chaque fois qu'il s'assied à sa table de travail, cet écrivain, aujourd'hui consacré par la plus haute récompense internationale, se pose toujours la même interrogation anxieuse : « Voilà qu'on te prend pour un écrivain, il faudrait le prouver.

» Tant de modestie est assez rare pour qu'on y insiste.

Ivo Andrich est né à Travnik, petite ville de Bosnie.

Il fit de solides études de lettres aux universités de Zagreb, de Cracovie et de Vienne.

Mêlé tout jeune au mouvement de libération des Slaves du Sud, il fut jeté dans les prisons de l'empire austro-hongrois.

C'est là qu'il commença à écrire des textes lyriques : Ex Ponta, en se souvenant d'Ovide.

Ils parurent en 1919, dans la Yougoslavie constituée en État indépendant.

Comme Claudel, comme Giraudoux, Ivo Andrich appartient à la carrière diplomatique.

Entre les deux guerres mondiales, il représente son pays à Bucarest, à Madrid, à Bruxelles, à Genève, à Berlin.

En même temps, il écrit des nouvelles.

Mais c'est à partir de 1941, dans Belgrade occuple par les Allemands, qu'il se met à écrire les grands romans historiques qui le consacrent aujourd'hui : la Chronique de Travnik, Il est un pont sur la Drina.

Comme Tolstoï dans Guerre et Paix, Ivo Andrich ne se permet aucune liberté avec l'Histoire.

Romancier, il puise aux sources, comme le ferait un historien.

Mais si la vie des hommes n'échappe pas à l'Histoire, l'Histoire s'incarne dans des destins individuels.

Avec précision, avec méticulosité, avec humour aussi - ce qui n'exclut pas le sens du tragique - Ivo Andrich évoque donc des hommes singuliers, pittoresques : consuls français et autrichien, beys, imans, orthodoxes, juifs, musulmans, moines, paysans, marchands, jeunes filles, jeunes femmes, vieilles femmes, qui incarnent, à un moment donné, toutes les contra­ dictions et tous les déchirements de ces pays frontières, aux confins de l'Est et de l'Ouest, du monde ottoman, du monde slave et du monde germanique.

Avec la Demoiselle, Andrich nous donne un roman à la fois psychologique et balzacien, mais avec la Cour maudite, qui a pour cadre une prison d'Istanbul, il revient au récit historique; en filigrane se détache tout le drame de l'univers concentrationnaire, que notre temps aura su mener à la perfection.

Sans illusion sur la condition humaine, Ivo Andrich pourrait passer pour pessimiste.

Mais à l'encontre de tant d'écrivains contemporains qui s'acharnent à déchirer, à détruire l'homme, Ivo Andrich le sauve par son immense pitié.

De son œuvre se dégage cette valeur absolue qu'est la vie humaine qu'il nous importe de sauvegar la charge, à chaque génération, de modeler sans cesse le nouveau et éternel visage.

C'est dans ce sens qu'il faut, sans doute, interpréter le symbole du « pont », qui est une constan de l'œuvre d' Andrich : le pont sur lequel la vie ne cesse de passer, le pont, à la fois lien et sage, sur lequel, tour à tour, les générations viennent danser, en tenant les mains de celles qui les ont précédées et de celles qui les remplaceront.. »

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