Hume - Traité sur la nature humaine
Publié le 04/02/2022
Extrait du document
«
Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée :
" Les historiens et même le bon sens, peuvent nous faire connaître que, pour séduisantes que puissent paraître ces idées
d'égalité parfaite, en réalité elles sont, au fond, impraticables, et si elles ne l'étaient pas, elles seraient extrêmement
pernicieuse s pour la société humaine.
Rendez les possessions aussi égales que possibles : les degrés différents de l'art,
du soin, du travail des hommes rompront immédiatement cette égalité.
Ou alors, si vous restreignez ces vertus, vous
réduisez la société à sa plu s extrême indigence, et, au lieu de prévenir le besoin de la mendicité chez quelques -uns, vous
les rendez inévitable à la communauté entière.
La plus rigoureuse inquisition est également nécessaire, pour déceler
toute inégalité dès qu'elle apparaît, ainsi que la juridiction la plus sévère, pour la punir et la rectifier.
Mais, outre que
tant d'autorité doit bientôt dégénérer en tyrannie, et être exercée avec une grande partialité, qui peut bien en être
investi dans une situation telle que celle -ci supposée ? "
HUME – Trait é sur la nature h umaine
La déclaration universelle des droits de l'homme mentionne dans un de ses articles que les hommes naissent égaux.
Pourtant l'homme ne cesse de revendiquer l'égalité, jugeant qu'elle est bafouée.
Pour Hume, cette revendication n'a
pas de se ns, car l'égalité parfaite est impraticable dans la société humaine.
Ainsi dans ce texte qui peut -être divisé en
deux moments commence -t-il par expliquer pourquoi l'égalité parfaite n'est pas praticable, pour ensuite dans un
deuxième moment montrer les tra nsformations qu'une telle situation provoquerait sur l'état et sur la justice.
Dans le premier moment qui va de "les historiens " à " entière ", Hume commence par nous dire que deux éléments
simples peuvent nous permettre de connaître l'utopie d'une so ciété d'égalité parfaite.
Tout d'abord, la connaissance du passé, et plus précisément de l'histoire de l'homme (symbolisée par les historiens),
va nous montrer que, envisager un tel type de société, comme cela a déjà été fait dans le passé, ne donnera rien.
D'autres ont déjà dû tenter l'expérience, les historiens peuvent donc nous en parler, et nous dire qu'elles ont échoué.
Ensuite "le bon sens "est le deuxième élément.
C'est là un élément important, car il embrasse l'universalité, en effet
chaque homm e peut faire preuve de bon sens, en servant de sa raison.
Hume pense donc que la connaissance d'une
telle utopie peut être universelle.
" Ces idées d'égalité parfaite " sont pour Hume, apparemment séduisantes, c'est à
dire qu'elles risquent de trouver un l arge écho auprès d'un grand nombre.
Malheureusement, elles sont impossibles
à mettre en œuvre ( "impraticables ") et de plus si elles ne l'étaient pas ce serait dangereux pour la société.
Hume pour
étayer son argumentation se sert de deux exemples pratiq ues.
Le premier porte sur un point précis de l'égalité, celui
de l'avoir matériel ( "les possessions ").
Il propose ainsi de rendre cet avoir, égal pour chacun, et ce dans la limite du
possible.
Alors vont intervenir d'autres paramètres de la vie en soci été qui vont rompent cet équilibre, les différences
d'appréciations, de goûts, et aussi les différences professionnelles.
Le deuxième est directement lié au premier, ainsi
si vous " nivelez " ces différences, pour alors rechercher une fois de plus l'égalit é, vous mettez non plus quelques
marginaux dans la difficulté mais l'ensemble de la société.
Car restreindre les capacités, les volontés, les ambitions,
mène la société à un niveau très bas, très simple, à une léthargie.
Après avoir expliqué pourquoi une société d'égalité parfaite ne peut subsister dans les faits, Hume s'attache à montrer
dans un deuxième moment qui va de " la plus " à "supposée ", les transformations étatiques nécessaires à la pérennité
d'un tel système.
Pour Hume une telle société ne peu t perdurer que si l'appareil répressif et de contrôle, est efficace.
Il compare ainsi le contrôle et la surveillance des inégalités à une " inquisition ", terme fort, qui désignait au moyen
âge les démarches entreprises pour punir les mauvais chrétiens, et ce à l'aide des pires tortures.
Il est à noter que
l'inquisition n'est pas le fait de marginaux qui forcent le droit pour appliquer le leur, mais de l'état lui -même qui décide
de punir ses marginaux.
Hume veut donc souligner ici que l'état se transforme e n inquisiteur, et au lieu de protéger
les citoyens devient plutôt un "chasseur".
L'appareil répressif doit s'appuyer sur des éléments solides, c'est pour cela
qu'il est nécessaire de posséder une juridiction, c'est à dire un ensemble judiciaire complet et efficace pour qu'il puisse
jouer son rôle de juge ("punir") et de tuteur ("rectifier").
Des ces nécessités pour établir une société d'égalité parfaite,
Hume en déduit alors qu'une telle autorité risque de se transformer en tyrannie, c'est à dire en un pouv oir concentré.
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