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Hincmar

Publié le 16/05/2020

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« Hincmar Hincmar naquit vers 806 d'une famille noble, dont on ne connaît ni le nom ni le pays.

Placé très jeune à l'abbaye de Saint-Denis, il y fut le disciple ducélèbre Hilduin, abbé de 814 à 841, puis, comme il était normal pour les meilleurs sujets de cette grande abbaye, il fut admis dans les bureaux du palais del'empereur Louis le Pieux.

Lors du premier soulèvement contre cet empereur, en 830, Hilduin prit le parti des révoltés, ce qui lui valut d'être exilé à l'abbayede Corvey, où Hincmar, qui n'avait pas adhéré au complot, l'accompagna.

Il fut récompensé de cette double fidélité, puisqu'il obtint pour Hilduin le pardon del'empereur, et rentra à Saint-Denis avec lui. Ils y rétablirent une observance plus austère, conforme à la Règle de saint Benoît.

Hincmar adopta alors l'habit et les usages monastiques qu'il n'abandonnajamais, même après son élévation à l'épiscopat.

Sa vie privée fut toujours irréprochable ; on peut en être sûr, car ses ennemis qui furent nombreux !-n'auraient pas manqué de signaler la moindre faute.

Hincmar poursuivit au palais une carrière discrète, marquée cependant par des avantages réels : ilcumula les deux abbayes de Saint-Germer-de-Fly et de Saint-C orneille de Compiègne avec la charge de gardien du trésor des reliques de Saint-Denis. On ne sait pas exactement dans quelle mesure il manœuvra pour obtenir l'archevêché de Reims.

Il ne pouvait ignorer que cette place importante était àprendre.

L'archevêque de Reims, Ebbon, ayant échoué dans la révolte qu'il avait fomentée contre Louis le Pieux, avait été, en 835, déposé et relégué àFulda.

Il avait repris possession de son siège en 840, sous la protection du nouvel empereur Lothaire Ier, mais, après la bataille de Fontenoy, il avait dûs'enfuir.

La vacance de l'évêché se prolongea au scandale du peuple chrétien, qui vit dans la prise de Paris par les Normands en mars 845 un châtiment deDieu.

Charles le C hauve convoqua un concile à Beauvais et proposa son candidat, Hincmar : il avait la confiance des évêques, il fut sacré le 3 mai 845. Alors qu'Hincmar n'a laissé aucun écrit composé durant sa jeunesse, il reste près d'une centaine de traités et un bon nombre de lettres datant de sonépiscopat.

P arce qu'ils furent rédigés au courant de la plume pour répondre à des questions pressantes, Hincmar s'y révèle : il avait du caractère et nemanquait pas de courage, il était sincèrement dévoué à la religion et à l'État.

La conscience qu'il avait de ses devoirs contribuait à accroître sa tendancenaturelle à un gouvernement personnel et autoritaire : il en résulta des luttes pénibles et longues contre des évêques insuffisamment dociles à son gré,entre autres Rothade de Soissons et son neveu Hincmar de Laon.

Plus travailleur qu'intuitif, Hincmar crut que les querelles théologiques pouvaient serésoudre par des décisions sans appel : il s'enlisa dans les discussions sur le difficile problème de la grâce.

M anquant de sens historique et critique, iln'hésita pas à falsifier les faits pour détendre son opinion, mais il se trouva désarmé devant les faux produits par ses adversaires : il ne sut pas décelerl'origine des Décrétales qu'on venait de fabriquer pour combattre des usages canoniques, qui avaient ses préférences.

Dès les débuts de son épiscopat, ilécrivait au pape Léon IV que "l'évêque de Reims avait toujours été un des premiers primats de Gaule, et qu'il n'y avait jamais eu personne au-dessus de luisauf le pape".

Hincmar savait que la déposition de son prédécesseur Ebbon n'avait jamais été admise par l'empereur Lothaire Ier et qu'elle pouvait paraîtreillégitime au pape parce qu'elle avait été provoquée par une affaire politique et non par des fautes canoniques.

Mal à l'aise devant le pape et l'empereur,Hincmar afficha perpétuellement son mépris pour le second et montra envers le premier une susceptibilité et une indépendance qui furent à la source deconflits presque constants et toujours virulents, même dans des questions où le pape était d'accord avec lui sur le fond.

Les disputes commencèrent sousLéon IV (847-855), s'apaisèrent sous Benoît III (855-858), mais s'envenimèrent sous Nicolas Ier (858-867).

Sous Hadrien II (867-872), Hincmar cruttriompher, mais il subit sous Jean V III (872-882) une terrible humiliation quand, le 25 décembre 875, le pape sacra empereur C harles le Chauve etinstitua l'archevêque de Sens, A nségise, vicaire apostolique pour la Gaule et la Germanie. En difficulté permanente avec le pape et l'empereur, Hincmar jouit longtemps de la faveur du roi de Francia occidentalis, C harles le Chauve, auquel il restaobstinément fidèle, même quand le roi, lassé de ses maladresses, voulut se passer de ses services.

C'est Hincmar qui en 858 sauva Charles le C hauvemenacé par Louis le Germanique et abandonné par la noblesse.

Guettant le royaume de Lorraine, Hincmar s'opposa constamment au divorce de Lothaire IIet de la stérile Theutberge. A la mort de ce roi, C harles le Chauve s'empara de la Lorraine.

Hincmar le sacra en la cathédrale de Metz le 9 septembre 869, suivant un cérémonial qu'ilcomposa lui-même.

C 'est là qu'apparaît la première mention de la Sainte A mpoule qui aurait été envoyée du ciel lors du baptême de C lovis.

Par ce sacre,Hincmar établit le privilège de l'archevêque de Reims de sacrer le roi de France. Hincmar avait agi un peu vite en réunissant la Lorraine à la France ; il fut bientôt contraint de négocier avec Louis le Germanique.

Par contre, il opposa unefin de non-recevoir au pape qui tentait de sauver les droits de l'empereur, incapable de s'imposer. L'accession à l'empire du roi de la Francia occidentalis Charles le Chauve, à Noël 875, loin d'amener un rapprochement entre le pape et Hincmar, aggravaleurs divergences.

Alors que le pape pensait à l'Empire d'Occident et à Rome, Hincmar considérait que, même empereur, le roi de France devrait avant touts'occuper de son royaume exposé aux invasions normandes.

Charles le Chauve mourut le 6 octobre 877 ; dès le 8 décembre, Hincmar sacra Louis le Bègueroi de France.

De plus en plus inquiet pour Rome, le pape se rendit en France pour faire du roi un empereur.

La cérémonie eut lieu à Troyes le 7 septembre878, sans convaincre Hincmar.

La mort de Louis le Bègue, le 10 avril 879, brisa les projets d'empire, chers à Jean VIII. Alors que Hincmar vieillissant voyait lui échapper le pouvoir, il continuait à écrire pour défendre ses idées.

V ers 878, il proposa une nouvelle Vie de saintRemi, où il attribuait au plus illustre de ses prédécesseurs tous les privilèges qu'il revendiquait pour lui-même, spécialement une autorité absolue sur lesévêques suffragants et le droit de sacrer les rois de France.

C onfondant volontairement le baptême de Clovis avec un sacre royal, il raconta soigneusementl'épisode merveilleux de la Sainte Ampoule. Hincmar, qui aima toujours prodiguer des conseils aux rois, leur adressa plusieurs traités pour leur tracer leur conduite, entre autres le De regis persona etregio ministerio, "De la personne du roi et du gouvernement royal" dédié à Louis le Bègue, c'est un recueil de maximes salutaires empruntées à l'ÉcritureSainte et aux Pères de l'Église, qui n'a pas l'originalité du traité qu'il composa en 882, dans l'espoir de retrouver une place auprès du roi C arloman (879-884).

Le De ordine palatii, "De l'organisation du palais", qui se présente comme une description du "palais" de Charlemagne, fournit en effet à Hincmar unprétexte pour exposer ses propres idées : prééminence à l'action des évêques et gouvernement avec les assemblées des grands, mais rien pour le pape, nipour l'empereur. Depuis 861, Hincmar rédigeait les Annales du royaume (connues sous le nom impropre d'A nnales de Saint-Bertin ).

Vers la fin de l'année 882, il y consignacomment, devant la menace normande, il dut, malgré ses infirmités, quitter Reims de nuit, en emportant le corps de saint Remi et le trésor de l'église pour seréfugier à Épernay.

Il y mourut le 7 décembre 882. Hincmar étant surtout connu par des polémiques prolongées indéfiniment a été le plus souvent jugé fort sévèrement.

C e qui est injuste.

Si le royaume deFrancia occidentalis garda une certaine cohésion pendant le troisième quart du IXe siècle, son activité n'y fut pas étrangère.

P lus encore, en abandonnant legrand rêve d'un empire d'Occident unifié sous la double autorité du pape et de l'empereur, Hincmar prépara l'éclosion de la nation française et l'avènementde la monarchie capétienne, à laquelle l'onction avec l'huile sainte de l'ampoule descendue du ciel devait donner un prestige inégalable.. »

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