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Heautontimoroumenos

Publié le 20/12/2020

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« COMMENTAIRE DE « L’HÉAUTONTIMOUROMÉNOS » sous-partie 2.1. Charles Baudelaire montre comment la poésie est l’expression radicale d’une punition psychologique qui se convertit en énergie poétique.

En effet , dans la démultiplication des formules exclamatives et dans l’emportement des formules interrogatives, et par conséquent dans une expressivité saturée d’émotions d’autant plus violentes qu’elles sont brutalement contradictoires, le poète collectionne les termes de la torture en passant de l’évocation biblique (« Comme Moïse », vers 3) au supplice du Moyen-Âge (« Je suis les membres et la roue », vers 23), comme s’il se « condamn[ait] » (vers 27) lui-même à un supplice éternel, proportionné à une culpabilité jamais expliquée, proportionnelle à un crime jamais énoncé ; parce que le grand crime du poète c’est sans doute d’être lui- même, d’exister avec « [s]on sang » (vers 18) et « [s]a voix » (vers 17), d’être exactement Charles Baudelaire, c’est-à-dire celui qui se perçoit comme le paradoxal « vampire » (vers 25) qui se nourrit de lui-même et qui s’abreuvant à ses propres veines et à ses propres artères se punit lui- même, ainsi que le dit le titre du poème inspiré du poète latin Térence, dans une dévoration perpétuelle qui est un procès perpétuel du « faux accord » (vers 13) et une perpétuelle condamnation à mort du « poison noir » (vers 18).

Ainsi , en se projetant dans l’incarnation d’un monstre qui erre de nuit en nuit dans la « souffrance » (vers 6), Charles Baudelaire, homme qui se punit d’être homme et poète qui se punit d’être poète, recommence dans l’écriture frénétique des octosyllabes la punition sadomasochiste qu’il inflige par son intermédiaire à tous les « grands abandonnés » (vers 26) qui sont enfermés dans une contradiction insoutenable : emportés vers le « rire éternel » (vers 27) mais incapables de « sourire » (vers 28) parce qu’ils sont torturés par leur douleur, les hommes trop sensibles et trop conscients, trop éclairés sur les contours infernaux de l’âme humaine, sont condamnés à souffrir et à redire infiniment la douleur qui ressource la poésie.

Chez Baudelaire, la punition n’équivaut pas à une parodie de justice ou à un jugement divin dégradé par l’« Ironie » (vers 15) qui est le registre très snob et très dandy des poètes maudits ; au contraire (et dans la mécanique intellectuelle de Baudelaire tout existe pour être contradiction, inversion, renversement,. »

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