Databac

DÉFROQUE, substantif féminin.

Publié le 06/12/2021

Extrait du document

Ci-dessous un extrait traitant le sujet : DÉFROQUE, substantif féminin. . Ce document contient 0 mots. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système d’échange gratuit de ressources numériques ou achetez-le pour la modique somme d’un euro symbolique. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en : Dictionnaire


DÉFROQUE, substantif féminin.  

A.—  Nom collectif. 

1. Vieux et rare.  Petit mobilier, vêtements que laisse un religieux en mourant La défroque d'un moine appartient à l'abbé (Dictionnaire de l'Académie française.  1835-1932). 

2. Par extension, familier. 

a) Ensemble des objets, des vêtements laissés par un défunt sans les affecter par testament. Si le bonhomme n'avait plus sa tête et mourait, ses filles ne me donneraient pas un liard, et toute sa défroque ne vaut pas dix francs. Il a emporté ce matin ses derniers couverts (HONORÉ DE BALZAC, Le Père Goriot,  1835, page 270 ). L'épée, l'habit, le chapeau brodé, défroque de parade qui n'avait jamais servi, reluisaient d'or et de nacre dans la chapelle sombre des tentures (ALPHONSE DAUDET, Le Nabab,  1877, page 48 ). 

—  Par antiphrase. Et la défroque, des chemises par centaines, une robe de chambre en renard bleu (ALPHONSE DAUDET, Le Nabab,  1877page 209 ). 

—  Par métonymie.  Le corps qui a porté ces vêtements. Que nous serions donc heureux si nous pouvions laisser dans quelque coin cette défroque de chair et d'os, destinée à faire de l'humus pour les générations futures (JULIEN VIAUD, DIT PIERRE LOTI, Fleurs d'ennui,  1882, page 22 ). 

b) Ensemble d'objets, de vêtements portés, sans grande valeur. Lyres, tridents, sceptres, foudres, draperies, sandales, coiffures, la défroque des ateliers et des coulisses de théâtre fait son entrée (ÉLIE FAURE,  Histoire de l'art,  1909, page 109 ). 

B.—  Usuel, familier et péjoratif, au singulier et au pluriel. 

1. Vêtements déjà portés, usagés ou non. Il y a des jours où pour un rien je flanquerais en l'air ma défroque d'enfant riche, la valise de Russel, le nécessaire de Marquet (GEORGES BERNANOS, Un Mauvais rêve,  1948, page 961) : 

Ø 1.... ma cousine Annie qui souvent me faisait cadeau de ses défroques m'avait donné cet été là une jupe blanche plissée, un corsage en cretonne bleue : sous mon canotier de paille, je me croyais des allures de grande jeune fille.

SIMONE DE BEAUVOIR, Mémoires d'une jeune fille rangée,  1958, page 155. 

2. En particulier.  Vêtements (réellement portés) spéciaux à un ordre religieux, à un corps de métier, à une époque, à un pays, portés dans telle circonstance. Défroque historique. La marchandise gît à terre, sur des bâches ou à même le pavé qui salit les défroques de tous les âges, les robes de bal et les uniformes (PAUL MORAND, Londres,  1933, page 268 ). La plupart d'entre nous [soldats de la Légion étrangère] ne possèdent même pas la défroque immatriculée dans laquelle on les met en terre (GEORGES BERNANOS, Journal d'un curé de campagne,  1936, page 1217 ). Le commissaire. —  Êtes-vous donc si pressées de quitter ces défroques, et de vous habiller comme tout le monde? (GEORGES BERNANOS, Dialogues des carmélites, 1948, page 1681 ). 

—  Par ironie. Le Moyen Âge, au moins, avait le bon sens de les cantonner [les Juifs] dans des chenils réservés et de leur imposer une défroque spéciale (LÉON BLOY, Le Désespéré, 1886, page 168) : 

Ø 2. D'autres suivaient, Astier-Réhu, Desminières, tous gênés, honteux, ayant conscience et s'excusant par leur humble contenance du grotesque de ces défroques acceptables sous la lumière haute, refroidie et, pour ainsi dire historique de la coupole...

ALPHONSE DAUDET, L'Immortel,  1888, page 160. 

3. Vêtements pauvres, démodés; en particulier vêtements achetés chez le fripier. Le jeune homme, ayant avisé aux vitres d'un brocanteur des haillons lamentables (...) avait acheté (...) la défroque d'un pauvre honteux (ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, La Révolte des anges,  1914, page 108 ). Toute une défroque de vestes et de redingotes décrochées chez le fripier (JEAN THARAUD, JÉRÔME THARAUD, Quand Israël est roi,  1921, page 40 ). C'est avec cette défroque-là que je vais leur donner à rire. Mon veston est impossible, il est sale, il est troué, mais il n'est pas ridicule. Tandis que cette requimpette! (GEORGES DUHAMEL, Le Désert de Bièvres, 1937, page 25 ). 

Remarque : On rencontre dans la documentation le substantif masculin défroquant Brocanteur, fripier. Deux cercueils de verre posés verticalement sur le trottoir, à droite et à gauche de la boutique d'un défroquant de Judée (Francis Jammes, Mémoires, 1921, page 194). 

C.—  Littéraire et vieilli [Qualifié par un adjectif ou un complément] 

1. Attitude comparable (ou opposée) à celle d'un religieux. J'ai jeté aux orties la défroque (PAUL VERLAINE, Correspondance, tome 1, 1881, page 87 ). 

2. Ensemble de thèmes et de figures usés. Défroque classique, épique. Toute une défroque mélodramatique et romantique (PIERRE LALO, La Musique (1898-1899),  1899, page 187) : 

Ø 3.... toutes ces vieilles formes, ces défroques de poésies surannées et usées, qui sentent le siècle du bon roi René...

CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Nouveaux lundis, tome 13, 1863-69, page 313. 

—   Par jeu de mots avec jeter son froc.  Se défroquer. Il avait jeté sa défroque romantique (ÉMILE ZOLA, Documents littéraires,  1881, page 78 ). 

STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 105. 

 

Forme dérivée du verbe \"défroquer\"

 défroquer

DÉFROQUER, verbe.  

A.—  Emploi transitif, rare.  Inciter vivement, forcer (quelqu'un) à abandonner le froc, l'état ecclésiastique ou monastique. On travaille à le défroquer (Dictionnaire de l'Académie française.  1798-1932). Les prêtres que la Révolution avait défroqués (Grand dictionnaire universel du XIXe.  siècle (Pierre Larousse)) : 

Ø 1. L'abbé Constant, aimé d'une jeune fille de quatorze ans. La jeune fille, nature décidée, parvient à se faire épouser et à le défroquer. Petit ménage très heureux;...

EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Journal,  1853, page 106. 

B.—  Emploi intransitif, ou plus rarement réfléchi.  Abandonner l'état religieux ou ecclésiastique, en \" jetant le froc aux orties \". Je lui parle de X... qui défroquera peut-être. Il n'a plus la foi (MAURICE BARRÈS, Mes cahiers, tome 3, 1902-04, page 78 ). Une fois hors du royaume, elle [la reine Arda] se défroqua joyeusement et se livra tout entière au plaisir (RENÉ GROUSSET, L'Épopée des Croisades,  1939, page 105) : 

Ø 2. Le jeune abbé de Carondelet eût bien voulu qu'on lui conseillât de se défroquer;...

JEAN GUÉHENNO, Jean-Jacques,  1948, page 142. 

—  Par analogie.  Cesser d'être clerc, d'être écrivain (le plus souvent engagé) : 

Ø 3. J'ai désinvesti mais je n'ai pas défroqué : j'écris toujours. Que faire d'autre? C'est mon habitude et puis c'est mon métier.

JEAN-PAUL SARTRE, Les Mots,  1964, page 211. 

—  Par extension. Se défroquer de quelque chose S'en débarrasser. Ils se défroquent tout à coup de leur grimace caractéristique et se transforment en véritables hommes du monde (FRANCIS PONGE, Le Parti pris des choses,  1942, page 49 ). 

STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 10. 


Liens utiles