Databac

Définition: AFFÉTERIE, substantif féminin.

Publié le 08/12/2021

Extrait du document

Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Définition: AFFÉTERIE, substantif féminin.. Ce document contient 977 mots. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système d’échange gratuit de ressources numériques ou achetez-le pour la modique somme d’un euro symbolique. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en : Dictionnaire

Définition: AFFÉTERIE, substantif féminin.

Péjoratif. Manière pleine d'affectation par laquelle, dans le dessein de plaire, on s'éloigne du naturel et tombe dans un excès de recherche superficielle ou contraire
au bon goût.

A.- [En parlant d'une personne] :

Ø 1. Qu'importe si la délicieuse statue de Bagard (1639-1709), garçonnière maligne et touchante qui porte un médaillon, nous ravit et nous retient
longuement dans le rez-de-chaussée du musée lorrain! C'est une grande dame raffinée; sa spirituelle afféterie mondaine ferait paraître un peu
grossière la simplicité, la gouaillerie de nos meilleurs aïeux. Elle est bien du passé, l'âme lorraine : Bagard n'y songe guère... et nous-mêmes, Simon, il
nous faut un effort pour la retrouver sous nos âmes acquises.

MAURICE BARRÈS, Un Homme libre, 1889, page 111.

Ø 2. On apprendra au dissonant extraverti (...), à réprimer les grimaces, l' afféterie, les mines et les attitudes précieuses, à développer le naturel dans
l'allure, l'expression franche, sans retenue et sans excès de sentiments.

EMMANUEL MOUNIER, Traité du caractère, 1946, pages 372-373.

Ø 3. Il n'y a pas à s'étonner si la manière conçue comme apparence périphérique ne peut être le principe d'une spiritualité : elle n'en a pas la prétention,
elle n'ambitionne que d'offrir aux passants une splendide façade; elle ne fait profession que de superficialité et de brio. C'est cette manière conçue
comme affectation et afféterie que Diderot condamnait.

VLADIMIR JANKÉLÉVITCH, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957, pages 14-15.

B.- [En parlant de la création artistique ou littéraire] :

Ø 4. La prétention de tout ennoblir, d'éloigner les contrastes en ramenant tous les objets à des formes de convention, commence à se faire remarquer
jusque dans les arts et dans les lettres. On craint de dégrader son burin, sa plume ou son pinceau, en descendant à la peinture des scènes populaires;
et abusant du principe que les arts ne doivent se proposer que l'imitation d'une nature choisie, on s'expose à retomber dans l' afféterie et dans le
maniéré.

VICTOR-JOSEPH ÉTIENNE, DIT DE JOUY, L'Hermite de la chaussée d'Antin, tome 3, 1813, pages 25-26.

Ø 5. La manière est à la méthode ce que l'hypocrisie est à la vertu; mais c'est une hypocrisie de bonne foi; celui qui l'a en est la dupe. On appelle
maniéré, en littérature, ce qu'on ne peut pas lire sans l'imaginer aussitôt accompagné de quelque gesticulation menue, de quelque mouvement peu
franc, peu partagé par la totalité de l'homme. Le précieux ou l' afféterie fait imaginer le pincement. Le ridicule donne une idée de contorsion. On ne peut
lire certains auteurs sans leur attribuer un certain air de tête facile à contrefaire.

JOSEPH JOUBERT, Pensées, tome 2, 1824, pages 98-100.

Ø 6. Par malheur, cette gentillesse de Saint-Gelais va souvent jusqu'à la mignardise, suivant l'expression d'Étienne Pasquier; et si son mauvais goût
n'est pas celui auquel nos vieux poètes et Marot lui-même sont quelquefois sujets, s'il ne fait pas coigner Cognac et remémorer Romorantin, il joue
sur les idées aussi puérilement que d'autres sur les mots, et n'évite le défaut national que pour tomber dans l' afféterie italienne;...

CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Tableau historique et critique de la poésie et du théâtre français au XVI e . siècle, 1828, page 36.

Ø 7. En général, Messieurs Flandrin, Amaury-Duval et Lehman, ont cette excellente qualité, que leur modelé est vrai et fin. Le morceau y est bien
conçu, exécuté facilement et tout d'une haleine; mais leurs portraits sont souvent entachés d'une afféterie prétentieuse et maladroite. Leur goût
immodéré pour la distinction leur joue à chaque instant de mauvais tours.

CHARLES BAUDELAIRE, Salon de 1846, 1846, page 159.

Ø 8. L' afféterie ou affectation dans les manières et dans le langage est tout aussi insupportable dans un artiste que la trivialité qui est le défaut
opposé.

CHARLES DE BUSSY, L'Art dramatique, dictionnaire à l'usage des gens du monde, 1866, page 16.

Ø 9. Amiel n'avait pas le goût très sûr : on le sent souvent à la qualité des images, et il n'est pas de signe qui trompe moins : ces paysages en
particulier sont gâtés fréquemment par une afféterie et une mignardise qui prouvent qu'il avait trop étudié, ainsi que le lui reprochait Schérer, « la
catégorie du joli ».

CHARLES DU BOS, Journal, août 1921, pages 13-14.

Ø 10. Mais je voudrais en dire beaucoup plus - parler en particulier de cette fausse grâce, de cette afféterie (retard de la note supérieure inopinément
bémolisée - pour tromper une attente il faut bien d'abord ménager celle-ci, faire attendre - vers la fin du prélude en fa majeur) qui immanquablement
montre le bout de son oreille fardée, là où la vraie sensualité, riche, inquiétante, indécente - fait défaut.

Ah! que la grâce minaudière de ce mi bémol ainsi perlé paraît donc sûre de son affaire, consciente de l' effet qu'elle va produire!

ANDRÉ GIDE, Journal, 1929, page 954.

- Au pluriel, rare (avec un sens plus concret). Traits qui dénotent l'affectation et le maniérisme :

Ø 11. Les Juifs parisianisés (et les chrétiens judaïsés), qui foisonnaient au théâtre, y avaient introduit le mic-mac de sentiments, qui est le trait distinctif
d'un cosmopolitisme dégénéré. (...). Leur style n'était pas moins mêlé que leurs sentiments. Ils s'étaient fait un argot composite, d'expressions de toutes
classes et de tous pays, pédantesque, chatnoiresque, classique, lyrique, précieux, poisseux, poissard, mixture de coq-à-l'âne, d' afféteries, de
grossièretés et de mots d'esprit, qui semblaient avoir un accent étranger.

ROMAIN ROLLAND, Jean-Christophe, La Foire sur la place, 1908, pages 708-709.

Remarque : 1. Syntagmes fréquents : afféterie mièvre, - mondaine, - prétentieuse, - spirituelle, - trop étudiée. 2. Associations paradigmatiques rencontrées :

affectation, agréments efféminés, ambition de paraître, attitudes précieuses, bizarre (le), brio, catégorie du joli, convention, élégance, splendide façade, gêne,
gentillesse, gesticulation menue, goût baroque et surchargé, goût immodéré pour la distinction, fausse grâce, grimaces, maniéré (le), maniérisme, mignardise,
mines, pincement, précieux (le), recherche, snobisme, superficialité. 3. Antonymes : élan, épuration du goût, expression franche, expression juste et simple,
gouaillerie, naturel, simplesse, simplicité.

 

STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 45.

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles