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De l'inutilité du théâtre au théâtreArticle dans Le Mercure de France, N° 81, septembre 1896Alfred JarryJe crois que la question est définitivement tranchée de savoir si le théâtre doit s'adapterà la foule ou la foule au théâtre.

Publié le 22/05/2020

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : De l'inutilité du théâtre au théâtreArticle dans Le Mercure de France, N° 81, septembre 1896Alfred JarryJe crois que la question est définitivement tranchée de savoir si le théâtre doit s'adapterà la foule ou la foule au théâtre. Ce document contient 1905 mots soit 4 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Culture générale.

« De l'inutilité du théâtre au théâtre Alfred Jarry Article dans Le Mercure de France, N° 81, septembre 1896 Je crois que la question est définitivement tranchée de savoir si le théâtre doit s'adapter à la foule ou la foule au théâtre.

Laquelle, antiquement, n'a pu comprendre ou faire semblant de comprendre les tragiques et comiques que parce que leurs fables étaient universelles et réexpliquées quatre fois en un drame, et le plus souvent préparées par un personnage prologal.

Comme aujourd'hui elle va à la Comédie-Française entendre Molière et Racine parce qu'ils sont joués d'une façon continue.

Il est d'ailleurs assuré que leur substance lui échappe.

La liberté n'étant pas encore acquise au théâtre de violemment expulser celui qui ne comprend pas, et d'évacuer la salle à chaque entracte avant les bris et les cris, on peut se contenter de cette vérité démontrée qu'on se battra (si l'on se bat) dans la salle pour une œuvre de vulgarisation, donc point originale et par cela antérieurement à l'originale accessible, et que celle-ci bénéficiera, au moins le premier jour, d'un public resté stupide, muet par conséquent. Et le premier jour ceux-là viennent, qui savent comprendre. Il y a deux choses qu'il siérait - si l'on voulait descendre jusqu'au public - de lui donner, et qu'on lui donne : des personnages qui pensent comme lui (un ambassadeur siamois ou chinois, entendant l'Avare, gagea que l'avare serait trompé et la cassette prise), et dont il comprenne tout avec cette impression : "Suis-je spirituel de rire de ces mots spirituels", qui ne manque aux auditeurs de M.

Donnay, et l'impression de la création, supprimant la fatigue de prévoir ; et en second lieu, des sujets et péripéties naturelles, c'est-à-dire quotidiennement coutumières aux hommes ordinaires, étant de fait que Shakespeare, Michel-Ange ou Léonard de Vinci sont un peu amples et d'un diamètre un peu rude à parcourir, parce que, génie et entendement ou même talent n'étant point d'une nature, il est impossible à la plupart. S'il y a dans tout l'univers cinq cents personnes qui soient un peu Shakespeare et Léonard par rapport à l'infinie médiocrité, n'est-il pas juste d'accorder à ces cinq cents bons esprits ce qu'on prodigue aux auditeurs de M.

Donnay, le repos de ne pas voir sur la scène ce qu'ils ne comprennent pas, le plaisir actif de créer aussi un peu à mesure et de prévoir ? Ce qui suit est un index de quelques objets notoirement horribles et incompréhensibles pour ces cinq cents esprits et qui encombrent la scène sans utilité, en premier rang le décor et les acteurs. Le décor est hybride, ni naturel ni artificiel.

S'il était semblable à la nature, ce serait un duplicata superflu...

On parlera plus loin de la nature décor.

Il n'est pas artificiel en ce. »

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