Commentaire sur le poème « Apollonie » de Théophile Gautier
Publié le 06/02/2025
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Le poème « Apollonie » a été écrit par Théophile Gautier en 1852, il fait partie du recueil « Emaux et
camées ».
Il s’agit d’un poème de quatre quatrains dont les vers sont des octosyllabes et leurs rimes sont croisées.
Le poème est adressé à Apollonie Sabatier, dont le prénom est le titre du poème.
C’est une figure littéraire et
artistique de la vie parisienne.
Elle tenait dans son salon des rencontres entre les écrivains contemporains, où
participaient nombreux poètes et artistes dont Théophile Gautier.
Apollonie Sabitier était d’une forte beauté, elle
attisait l’admiration et faisait soupirer les poètes et artistes, à devenir une égérie et leur insuffler des inspirations
pour leur poésie et œuvres artistiques [ref].
Ces soupirants et admirateurs lui ont attribué le titre de
« Présidente » des rencontres qui les réunissaient dans son salon.
Pour commenter le poème étudié, nous nous
poserons la question, comment le poète va-t-il s’y prendre pour exprimer son admiration pour (pour décrire)
Apollonie ? Pour s’y faire, nous allons en premier lieu peindre comment le poète présente Apollonie, puis nous
allons évoquer la façon dont le poète a abordé les thèmes de l’art et de la musique pour parler du personnage,
pour ensuite décrire comment le poète exprime l’influence d’Apollonie sur son entourage, et nous finirons par
une conclusion.
Le nom « Apollonie » rappelle clairement « Appolon » le nom du Dieu de l’art, de la poésie et de la
musique dans la mythologie grecque antique, l’auteur s’est servi de cette ressemblance syntaxique entre les deux
noms pour présenter le personnage comme étant la sœur d’Apollon, et la consacrer tout comme Apollon Déesse
de l’art, de la poésie et de la musique.
Elle établit cette correspondance d’abord, en évoquant que « Apollonie »
est un « Echo grec du sacré vallon » (v.2), rappelant ainsi que ce prénom était donné aux villes grecques où se
situaient des temples d’Apollon, ensuite en utilisant l’oxymore « robuste harmonie » qui associe la douceur et
l’harmonie du prénom Apollonie, à la puissance et la force que laisserait entendre tout nom d’un Dieu, ici
précisément Apollon, finit par la baptiser « sœur d’Apollon » (v.4) et de se fait la présenter comme une Déesse.
Cette réflexion est menée du premier vers jusqu’au quatrième dans un enjambement sur ses quatre vers, pour
signifier la succession des arguments d’un vers à l’autre jusqu’à conclusion faite par sa consécration de sœur
d’Appolon dans le dernier vers.
Cette présentation du personnage par déesse rejoint le titre de « Présidente »
qui lui a été conféré par les poètes et artistes qu’elle recevait dans son salon.
Par ailleurs, le poète en écrivant sur
le prénom du personnage, il décrit en fait le personnage lui-même, comme à travers le mot « harmonie » (v.3), il
insinue l’harmonie de la silhouette du personnage, laissant entendre qu’elle est beauté harmonieuse, belle aux
regards.
Ainsi que dans l’expression « Beau comme l’amour et la gloire » (v.6), le prénom qui est beau, est un
aveu sur la beauté d’Apolonnie, une beauté comparée à l’amour suggérant qu’elle inspire l’admiration et fait
soupirer des cœurs, une beauté comparée aussi à la gloire, déduisant de ce fait que probablement elle était
célèbre et connue, et nous présumons que cette célébrité est dans le cercle des artistes et poètes.
Dans le vers 7,
l’adjectif « splendide » employé pour qualifier le prénom, se réfère lui aussi la beauté du personnage, qui serait
remarquable et d’un ravissement qui séduit les autres.
Dans ce vers, le mot « splendide » est associé au mot
« souverain », nous pouvons déduire qu’elle était autonome, maîtresse de ses décisions et choix et qu’elle jouit
donc d’une liberté dans ces agissements et dans la façon de mener sa vie, ce qui laisse entendre qu’elle peut
entretenir des relations avec un admirateur devenu amant.
Pour finir cette partie, nous ajoutons qu’à travers, le
mot « souverain » nous pouvons faire une deuxième lecture que celle étayée plus haut, à savoir que ce mot peut
renvoyer aussi au monarque, au dirigeant et au seigneur des lieux renforçant ainsi le titre de « Présidente ».
Nous allons à présent évoquer les thèmes de la littérature, de l’art et de la musique qu’a abordé le poète
pour exprimer son admiration pour Apollonie.
Dans le vers 4, le poète cite la « lyre » qui est un instrument de
musique qui date de l’antiquité et qu’on pince les cordes avec un « cleptre »(v.4) pour pouvoir jouer des airs
musicales.
La lyre est le symbole du chant et de la poésie [ref.] et il est l’objet de la muse de la poésie lyrique et
du chant, le choix du poète de cet instrument fait référence ainsi à l’art de la musique, du chant et de la poésie,
dont Apolonnie est représentée comme déesse dans la première partie.
Pour le poète, jouer le nom d’Apollonie
sur cet instrument « Sur la lyre au plectre d’ivoire » (v.4) « Prend des résonances d’airain » (v.6), qui veut dire
que ce nom sonnerait comme les sons des cloches, il s’agit d’une métaphore.
Par ailleurs, étant l’airain le
matériau avec lequel sont faites les cloches, par métonymie elles sont aussi appelées airains.
Nous rappelons que
les cloches rythment les cérémonies telles que les fêtes de mariage, et les célébrations telles que la
commémoration d’une fête de victoire qui apporte gloire à un souverain.
Ce rappel est pour faire le lien avec les
mots « l’amour » (mariage) et « la gloire » cités dans le vers précédent (v.5), pour soutenir la thèse que le son
porté par le nom « Apollonie » apporte la joie et le bonheur.
Quant au champ lexical autour de la musique, en
plus de « lyre », « cleptre » (v.5), « résonnance », « airain »(v.6), nous citons « harmonie »(v.3) qui peut avoir le
sens de mélodie.
En plus de l’art musical, le poète cite dans le vers 9 le mot « classique » évoquant l’art classique
ou le classicisme qui est un art d’inspiration antique.
Pour le poète le nom d’Apollonie est « Classique » (v.6) et
« il fait plonger les Elfes au fond de leur lac allemand »(v.9-10), voulant dire que le personnage décrit par le
poète ferait noyer l’art romantique référencé ici par les Elfes, et que seule l’oracle du temple d’Apollon à Delphes,
au nom de Pythie, pourrait porter dignement le nom d’Apolline (v.11-12), rendant ainsi ce nom encore plus sacré
dans l’art et dans la poésie en l’associant à une divination du Dieu Apollon, et par extension à la divinité qui
rapporte cette divination.....
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