Carsten Niebuhr
Publié le 16/05/2020
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Carsten Niebuhr1733-1815
Vers 1750, de grandes parties des côtes d'Asie avaient été relevées de façon approximative.
Cependant, au seuil mêmede l'Europe, existait une région pratiquement inconnue : l'Arabie.
Ce fut à l'appui de telles considérations qu'en 1756, leprofesseur Michaëlis, célèbre orientaliste et théologien allemand, suggéra au roi Frédéric V de Danemark l'envoi d'unphilologue en Arabie.
Le gouvernement danois reçut la proposition avec beaucoup d'empressement, mais il apparut àl'évidence qu'une expédition en Arabie ne pouvait se limiter à l'entreprise d'une seule personne, qu'elle exigeait aucontraire le concours de plusieurs membres.
Ce point de vue se traduisit par la désignation de diverses personnalitésappelées à participer à l'expédition, soit : le professeur von Haven, Danois, philologue et ethnographe ; le professeur PehrForskal, Finlandais suédois, botaniste et élève du fameux Linné ; Carsten Niebuhr, lieutenant du génie, né en 1733 àHanovre, astronome et topographe ; le Dr Cramer, médecin ; enfin un dessinateur.
Au cours de l'été 1761, un long voyage conduisit l'expédition à Constantinople où ses membres se vêtirent à l'orientaleavant de poursuivre vers le Caire.
Ils séjournèrent dans cette ville environ une année.
Après une excursion au Sinaï, ilss'embarquèrent en octobre 1762, à bord d'un navire arabe bondé de pèlerins, et descendirent à Djeddah, port de LaMecque, mais l'attitude hostile de la population ne leur permit pas de visiter la Ville Sainte ; en revanche, le pacha local lesreçut aimablement.
Après un séjour de sept semaines à Djeddah, l'expédition continua sa route, dans une frêle embarcation arabe, jusqu'à lapetite ville de Loheia, où l'émir l'accueillit très amicalement.
"Rien de ce que je montrais aux Arabes de Loheia, a ditNiebuhr, ne leur sembla aussi remarquable que ma lunette astronomique avec laquelle ils voyaient tous les objets sensdessus dessous.
Ils furent étonnés de voir une femme la tête en bas sans que ses vêtements se retournent et, pour toutce qui les étonnait, ils s'exclamaient : "Allah akbar !" (Dieu est grand).
L'expédition était ensuite arrivée au Yémen, l'Arabia felix de l'Antiquité, patrie de la myrrhe et de l'encens, autrefois d'unecivilisation très développée.
Ce pays fut le principal champ de travail de l'expédition.
De Loheia, Niebuhr partit avec unepetite caravane d'ânes et de chameaux vers le sud, à travers le désert côtier, s'arrêtant à Beit-el-Fakî et entreprenant delà de nombreuses excursions sur la côte et dans les montagnes.
Il ne rencontra aucune opposition des habitants, ce qui luipermit de dire expressément qu'à cette époque, on pouvait voyager dans le Yémen avec autant de sécurité qu'en Europe.Cependant, en avril von Haven tomba malade et lorsque, vers la fin du mois, l'expédition atteignit Moka, la fameuse ville ducalé, ses forces l'abandonnèrent ; le 25 avril, il rendait le dernier soupir.
Après ce navrant incident, l'expédition partit pour Sana, capitale du Yémen et résidence de l'iman, où il lui serait possiblede terminer ses recherches tout en échappant à la terrible chaleur estivale de la plaine côtière.
Mais, avant d'arriver àdestination, elle subit une nouvelle perte irréparable : Forskal, depuis quelque temps malade, mourut à mi-chemin le 11juillet.
Le 16 juillet, les survivants de l'expédition entrèrent à Sana.
L'iman les reçut en audience solennelle, assis sur un trônecouvert de précieux tapis et de coussins de soie.
L'accueil des habitants fut amical et respectueux, quelques hautsdignitaires essayèrent même de les persuader de rester au Yémen une année de plus.
Cette invitation dut être déclinée,car les deux décès survenus avaient mis fin aux études de botanique et de philologie, et d'ailleurs, les élémentsnécessaires à l'établissement d'une carte du pays étaient déjà relevés.
En outre, tant Niebuhr que les autres membres del'expédition étaient plus ou moins malades.
Vers la fin de juillet, ils quittèrent donc Sana et retournèrent à Moka.
Ils durent attendre plusieurs mois dans cette ville ; ce ne fut qu'au mois de février 1763 qu'il leur fut possible des'embarquer pour Bombay.
En cours de route, le dessinateur de l'expédition mourut à son tour et peu après l'arrivée àBombay, il fallut enregistrer encore le décès du Dr Cramer.
Niebuhr, resté seul survivant, n'eut cependant pas l'intentiond'abandonner sa tâche.
Continuant ses recherches, qu'il consacra notamment au fameux temple d'Eléphanta, il ne se remiten route qu'une année plus tard et, passant par Mascate, capitale de l'Oman, il se rendit au port persan de BenderBouchir, ensuite à Chiraz puis aux ruines de l'ancienne Persépolis, où il releva les inscriptions cunéiformes avec une telleprécision que ses dessins furent plus tard utilisés pour le déchiffrage de ce système compliqué d'écriture.
Le voyageur continua vers Bassora et Bagdad, d'où il repéra la position de Babylone, puis vers Mossoul et Alep.
Il auraitalors pu rentrer la conscience tranquille, mais avec un zèle que rien n'avait affaibli, il visita encore Jérusalem et Damas, etn'entreprit qu'ensuite le voyage de retour par l'Asie mineure et Constantinople pour arriver à Copenhague au automne1767, après sept ans d'absence.
En reconnaissance de son Oeuvre, Niebuhr fut promu capitaine du génie et nommé membre de plusieurs sociétés savantesétrangères.
Au cours des années suivantes, il publia une description détaillée de son voyage ainsi qu'un traité degéographie de l'Arabie, se retira plus tard du service militaire et mourut en 1815.
On a pu dire qu'aucun des prédécesseurs de Niebuhr n'a laissé du Proche-Orient une image aussi fidèle que la sienne.
Sesobservations astronomiques sont très précises et ce fut lui qui, le premier, utilisa les distances lunaires pour le calcul deslongitudes.
Enfin, ses descriptions des pays qu'il a visités et de leurs habitants et le talent qu'il eut de mettre en évidenceles faits importants de ses expériences lui assurent à jamais une place prépondérante parmi les grands explorateurs deson temps..
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