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Analyse linéaire : La rencontre de Manon avec le chevalier Des Grieux

Publié le 03/04/2025

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« Nouvelle Méthode – Lecture linéaire – La rencontre, Manon Lescaut Analyse linéaire : « La rencontre entre le Chevalier et Manon », Manon Lescaut, L’abbé Prévost Introduction : "Manon Lescaut" de l'abbé Prévost est une œuvre emblématique du XVIIIe siècle, qui explore la passion dévorante et tragique entre le chevalier Des Grieux et la jeune Manon Lescaut.

Ce roman, publié pour la première fois en 1731, a rapidement suscité la controverse en raison de son contenu jugé immoral pour l'époque, ce qui a conduit à sa censure en 1733.

Ce n'est qu'en 1935, après certaines révisions, que le livre a été réhabilité et reconnu comme un chef-d'œuvre littéraire.

L’œuvre est particulièrement célèbre pour la scène de la rencontre amoureuse entre Des Grieux et Manon, qui est devenue un archétype du coup de foudre littéraire.

Ce passage met en lumière la force irrésistible de l'amour et les dilemmes moraux auxquels les personnages doivent faire face, offrant ainsi une réflexion profonde sur la passion et ses conséquences. Texte : J'avais marqué le temps de mon départ d'Amiens.

Hélas ! que ne le marquais-je un jour plus tôt ! j'aurais porté chez mon père toute mon innocence.

La veille même de celui que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s'appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d'Arras, et nous le suivîmes jusqu'à l'hôtellerie où ces voitures descendent.

Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité.

Il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt.

Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers.

Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, disje, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport.

J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon cœur.

Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée.

Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance.

Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse.

L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs.

Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi.

C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens. Extrait de la première partie de Manon Lescaut - L'abbé Prévost 1 Nouvelle Méthode – Lecture linéaire – La rencontre, Manon Lescaut – Lassey Cynthia Problématique : Pouvons-nous dire que cette rencontre est annonciatrice d’une passion destructrice ? Annonce de plan : Dans le premier mouvement de cet extrait, nous découvrons le récit rétrospectif de Des Grieux, qui se remémore sa première rencontre avec Manon Lescaut.

Nous sommes, ensuite, témoins du coup de foudre instantané que le Chevalier de Grieux éprouve pour Manon.

Enfin, dans le dernier mouvement, la rencontre est décrite comme déterminante et même fatale.

Il est clair que cette rencontre a scellé le destin de Des Grieux, le plongeant dans une série d'événements qui changeront irrémédiablement sa vie.

La fatalité de cet amour est mise en exergue, soulignant les thèmes centraux de passion et de destin qui traversent l'œuvre. 1er mouvement : le souvenir de la rencontre « J'avais marqué le temps de mon départ d'Amiens.

Hélas ! que ne le marquais-je un jour plus tôt ! j'aurais porté chez mon père toute mon innocence.

» Dans cette première phrase, nous découvrons comment la focalisation interne et le choix des temps verbaux contribuent à exprimer les émotions du personnage.

L'utilisation du pronom personnel « je » et des possessifs comme « mon » accentue la perspective personnelle et introspective du récit.

Le plus-que-parfait, tel qu'employé ici (« J’avais marqué »), suggère un retour sur le passé, offrant au lecteur une fenêtre sur les souvenirs du personnage.

La reprise solennelle et l'interjection « hélas ! » transmettent un sentiment profond de regret et de tristesse.

La tournure exclamative « que ne le marquais-je un jour » ainsi que l'emploi du conditionnel passé (« j’aurais porté ») renforcent cette impression de remords face à un événement marquant.

L'expression « toute mon innocence » souligne à la fois une prise de conscience rétrospective et évoque implicitement le regret des actions passées, renforçant ainsi la richesse émotionnelle du texte.

Ces éléments stylistiques, travaillés ensemble, créent une profondeur narrative qui engage le lecteur dans l'univers émotionnel du personnage. « La veille même de celui que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s'appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d'Arras, et nous le suivîmes jusqu'à l'hôtellerie où ces voitures descendent.

Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité.

» Ici, l'auteur installe un cadre évocateur en utilisant des éléments de lieu et de temps pour plonger le lecteur dans l'univers du récit.

Le protagoniste annonce son départ imminent avec la phrase « je dois quitter cette ville », instaurant un sentiment d'urgence.

Les références à des villes comme « Amiens » et « Arras » situent l'histoire tout en enrichissant son contexte culturel.

Les repères temporels tels que « la vieille » et « un jour plus tôt » ajoutent une continuité, facilitant le suivi de l'intrigue.

Ces choix narratifs créent une ambiance immersive, où le lecteur ressent le cadre temporel et l'atmosphère des lieux parcourus par le personnage. Ce passage évoque une scène qui, au premier abord, paraît tout à fait ordinaire.

Des Grieux et son ami Tiberge se promènent dans un cadre urbain, évoquant l'atmosphère animée d'une ville avec des références à « l'hôtellerie » et aux moyens de transport comme « les coches » et « les voitures ».

Cette scène de tranquillité et de routine est brusquement interrompue par l'arrivée du « Coche d’Arras », un événement qui semble introduire un bouleversement important dans le récit.

Le changement de temps au passé simple, avec des verbes tels que « vînmes » et « 2 Nouvelle Méthode – Lecture linéaire – La rencontre, Manon Lescaut – Lassey Cynthia suivîmes », souligne ce moment de transition et de tension narrative.

Ce choix stylistique met en lumière l'importance de cet événement dans l'histoire, marquant une rupture dans la continuité de la promenade et annonçant peut-être un tournant significatif pour les personnages. La négation restrictive, comme dans « Nous n’avions pas d’autre motif que la curiosité », est essentielle dans la narration.

Elle souligne l'absence d'intentions cachées du personnage et renforce l'idée que la curiosité est sa seule motivation, suggérant une forme d'innocence.

En limitant les motifs à un seul, l'auteur invite le lecteur à voir les événements sous un angle plus léger.

Cela crée une tension qui incite à se questionner sur les actions futures et leurs possibles conséquences inattendues. Transition : Ce mouvement est une description empreinte de nostalgie et de détails qui soulignent l'impact de cet événement sur la vie de Des Grieux.

Cela établit le ton pour la suite du récit, où l'on comprend que cette rencontre n'est pas simplement un souvenir, mais un tournant dans sa vie, le lecteur va être témoin d’un vrai coup de foudre. Mouvement 2 : Le coup de foudre « Il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt.

Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers.

» Ce passage plonge le lecteur dans une scène dévoilant une femme particulière qui attire l'attention de Des Grieux ; l'utilisation du pronom impersonnel « il en sortit » et du déterminant indéfini « quelques femmes » met en place un cadre général avant de zoomer sur un personnage spécifique.

La conjonction « mais » marque une rupture, soulignant.... »

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