« Anabase »
Publié le 17/05/2020
Extrait du document
«
ENOPHON
L'Anabase
Des sept livres de cette œuvre, c'est le
premier qui a donné son nom à l'ensemble.
« Anabase », en grec, signifie la« remontée,
l'expédition vers
l'intérieur», celle ·
qu'accomplirent les troupes
grecques depuis
la
mer jusqu'à Babylone .
Mais l'essentiel
des faits rapportés concernent en réalité le
retour vers
la mer, la retraite des Dix Mille .
Xénophon (v.
430-v.
355 av.
J.-C.)
a également laissé des souvenirs sur son
maître Socrate
(L' Apologie de Socrate) et
une vie romancée de Cyrus (La Cyropédie) ,
dans laquelle il expose ses idées
personnelles sur l'art du commandement.
Officier dans
l'armée de Cyrus, c'est lui qui
dirigea
la retraite des Dix Mille .
La retraite des Dix Mille
A
u lendemain de la tyrannie des Trente, la démo
cratie est rétablie à Athènes.
Xénophon, jeune
aristocrate disciple de Socrate, quitte la cité pour se
retirer en Asie.
En
401 av.
J.-C., il prend part à une
gigantesque expédition (les Dix Mille), sous les
ordres
du monarque Cyrus qui s'attaque à l'Empire
perse, alors gouverné par son propre frère Artaxerxès.
Cyrus est à la tête d'une véritable armée, composée
de mercenaires asiatiques et de volontaires grecs, qui
avance jusqu'à Babylone avant d'être vaincue.
Là,
Cyrus trouve la mort, et l'armée, privée de son chef,
est en déroute.
C'est alors que Xénophon, avec
d'autres, intervient pour la sauver du désarroi ;
il est
élu stratège par ses troupes et commande leur retour
en terre grecque.
Commence ainsi la longue et
fameuse retraite des Dix Mille, qui va mener l'armée
au travers de l'empire ennemi, sur des milliers de
kilomètres.
Depuis la remontée du Tigre jusqu'à la
traversée
du plateau arménien et aux côtes du Pont
Euxin,
c'est une troupe au courage sans égal que
dirige alors Xénophon.
Histoire et autobiographie
A
la fin de l'expédition, Xénophon
décida
d'en faire un récit historique,
sujet du premier livre.
Mais
L' Anabase,
publié vers 380 av.
J.-C., n'est pas seu
lement une
« geste» militaire.
L'auteur,
dans les six autres livres, ne cesse de
s'y
mettre en scène, sous un jour souvent
avantageux et avec partialité, et de mêler
aux événements passés des considéra
tions personnelles.
Xénophon évoque
son rôle à
la manière qui sera celle de
César dans ses
Commentaires, à la troi
sième personne.
Ainsi décrit-il longue
ment son rôle, l'importance cruciale de
son intervention pour le salut des troupes
grecques, tout en se livrant à des des
criptions anecdotiques, parfois mono
tones, sur l'équipement militaire, entre
coupées
d'élans épiques (bataille de
Cunaxa, assassinat de Cléarque) ou
idylliques.
Le style est simple, clair
et précis, la
narration aisée, même si la pensée de l'auteur
n'exprime rien d'exceptionnel.
A ta fois
récit historique
et œuvre autobiographique,
L'Anabase annonce l'histoire romancée
telle que la pratiqueront
les Romains.
Frise des archers (détail), à Suse, ancienne capitale de !'Élam.
»
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