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OBLIGATION

OBLIGATION, n.f. (lat. obligatio « action de lier », « lien », « chaîne »). ♦ 1° A l’origine, lien juridique, par exemple entre le débiteur et son créancier. D’où le sens général d’exigence à laquelle nous sommes tenus de satisfaire, ce qui se présente au sujet comme devant être fait. L’obligation peut être de nature juridique (celle de la loi, celle d’un contrat), ou résulter d’usages sociaux plus ou moins conventionnels. ♦ 2° Obligation morale. Connaissance que notre conscience nous donne des actes que nous sommes moralement tenus d’accomplir, sentiment du devoir, impératif catégorique de la morale kantienne. ♦ 3° Devoir de reconnaissance envers des personnes qui nous ont rendu service. — L’obligation se distingue de la nécessité naturelle et de la contrainte en ce qu’elle implique la liberté. Le citoyen accepte la loi de son pays, un contrat est signé librement. On dit à tort « obliger » pour contraindre, « c’est obligatoire » pour c’est nécessaire. Le sentiment de contrainte que nous éprouvons à propos de l’exécution de nos obligations tient à des résistances intérieures qui ont été étudiées par les moralistes. Ils en rendent compte par l’insuffisance de notre amour du bien, des tendances personnelles fâcheuses comme l’égoïsme, la paresse (v. MARITAIN : Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie morale), par l’écart qui existe entre le « moi empirique » et le « moi de valeur » (v. René Le Senne, Traité de morale, VI).

OBLIGATION

Lien juridique par lequel une personne est tenue d’accomplir certaines prestations à l’égard soit d’une autre personne, soit d’une autorité constituée. Ou bien, la matière même de l’obligation, ou la prestation qu’impose le droit objectif ou même les coutumes. En morale, caractère impératif qui, constituant la forme de la loi morale, s’impose à la conscience sans contrainte physique.

OBLIGATION 1. A l’origine, relation juridique entre des personnes, telle que l’une soit tenue d’exécuter certains actes (obligation est faite au débiteur de rembourser sa dette dans les trois mois). 2. Action volontairement choisie (alors que matériellement on pourrait ne pas l’accomplir) par respect d’une valeur morale. On peut d’ailleurs préciser en ce cas obligation morale (ne pas mentir constitue une obligation morale). Le vocabulaire courant s’attache au sens 1 et fait d’ obligation, un synonyme de contrainte (obliger un enfant à travailler; une convocation obligatoire). Le vocabulaire philosophique distingue nettement la contrainte, qui pèse de l’extérieur sur quelqu’un et l’obligation, qui vient de l’intérieur ; la contrainte est une nécessité à laquelle on ne peut se soustraire tandis que l’obligation n’est suivie que par celui qui veut la respecter.  

OBLIGATION (lat. obligare, lier ensemble)

Dr. A l’origine, astreinte juridique, rapport de droit entre deux personnes, qui suppose dette et créance. Mor. L’obligation morale est l’exigence de bien agir, ou Devoir, qui vaut pour tous universellement. Elle se distingue de l’obligation sociale qui résulte d’une convention, car elle s’adresse à tout homme considéré comme être raisonnable ou personne. Elle n’est pas davantage une contrainte qui nie la liberté en forçant à l’obéissance ; le sujet qu’elle commande est un sujet de droit qui peut toujours choisir de ne pas y obéir. C’est donc par abus de langage que l’on confond être obligé et être contraint. Ainsi, la désobéissance, qui est ici matériellement possible, est simplement proscrite formellement. On ne peut pas se soustraire à une obligation morale au sens où ce n’est pas légitime, où on ne le doit pas. Elle est une exigence de la raison pratique à laquelle il est toujours possible de répondre car, comme l’a montré Kant, il serait contradictoire que la raison commande l’impossible (« tu dois donc tu peux »). L’obéissance libre à l’obligation résulte de la seule intention de bien agir, c.à -d. d’agir par respect pour la loi morale.

1 comment on OBLIGATION

  1. Obligation

    Du latin obligatio, « lien juridique » (de ligare, « lier », « engager »).
    – En droit, lien par lequel une personne est astreinte à faire ou à ne pas faire quelque chose. – En morale, caractère des actions qui sont prescrites par la conscience ou la raison.
    • Il ne faut pas confondre l’obligation et la contrainte. Alors que la contrainte nie la liberté du sujet (il n’a pas d’autre choix que d’obéir), l’obligation correspond à un devoir auquel chacun demeure libre de se soumettre ou de ne pas se soumettre. • Pour Kant, la libre obéissance à l’obligation résulte d’une volonté bonne, c’est-à-dire de la volonté d’agir par pur respect pour la loi morale.

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