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NOMINALISME

NOMINALISME. Doctrine selon laquelle ce qu’on appelle les universaux, c.à -d. les idées générales et abstraites, ne sont ni des concepts formés par l’esprit (conceptualisme) ni des réalité s existant hors de l’esprit (réalisme), mais seulement des signes généraux, des noms.

Le nominalisme est une doctrine philosophique qui n’accorde pas d’existence aux idées générales, hors de l’esprit qui les constitue à partir d’expériences sensibles. Par exemple, l’idée d’animal n’existe pas en soi mais seulement dans la pensée (pour reprendre une formule de Spinoza, « le concept de chien n’aboie pas »). Dès lors, seuls les individus sont : il y a des animaux et le substantif « animal » n’est qu’un nom générique.
C’est l’opposition entre la philosophie de Platon et d’Aristote qui constitue le point de départ de cette thèse. Tandis que Platon postule une réalité des Idées indépendante du monde sensible (par exemple, l’Idée de Justice ou de Beau), Aristote refuse d’en faire des substances séparées renvoyant à une sorte d’arrière-monde. L’Idée universelle n’est donc ici qu’un prédicat, un attribut que l’on peut associer, dans le langage, à plusieurs individus, sans qu’il soit possible de la poser comme une réalité (le contraire du nominalisme est le réalisme).

Nominalisme

Théorie développée au Moyen Âge qui soutient qu’il n’existe rien d’universel en dehors du langage : les choses réelles sont toujours singulières. Le nominalisme est prolongé par des philosophes empiristes anciens (Berkekey, Condillac) et modernes (le Cercle de Vienne) et constitue une critique radicale de la métaphysique considérée comme un ensemble de propositions contenant des termes universels dénués de signification.

nominalisme, doctrine qui, au Moyen Age, affirmait que les idées générales ne sont que des mots, auxquels ne correspond aucune réalité dans l’esprit. — Dès l’Antiquité, le philosophe cynique Antisthène, combattant la théorie platonicienne des idées, s’écriait : « Je vois bien le cheval, je ne vois pas la chevalité. » Le nominalisme s’opposait donc au réalisme platonicien selon lequel les « idées » possèdent une existence et une réalité propre, indépendante de l’esprit qui les pense. Mais c’est au Moyen Age que le nominalisme prit un développement considérable avec Roscelin (fin du XIe siècle), qui eut l’audace de l’appliquer à la théologie et de s’opposer ainsi à la trinité réelle, qui eût conduit, selon lui, à un trithéisme. Le nominalisme fut repris au XIVe siècle par Guillaume d’Occam, qui critiqua le « réalisme » des idées générales ou « universaux ». Aujourd’hui, l’opposition est devenue celle de l’empirisme (Hume) et du rationalisme (Kant); le premier reprend les thèmes du nominalisme et prétend fonder notre connaissance uniquement sur l’expérience (toujours particulière); le second prétend, au contraire, la fonder sur la raison.

 

1 comment on NOMINALISME

  1. NOMINALISME

    Attitude philosophique admettant qu’aucune substance métaphysique ne se tient derrière les mots : les prétendues essences ne sont rien de plus que des mots ou signes représentant des choses toujours singulières. Contredit ainsi le réalisme de type platonicien et le conceptualisme.

    ♦ Le nominalisme apparaît dès l’Antiquité chez les cyniques dans leur critique de Platon (« je vois bien le cheval, mais non la chevalité »), mais on devrait en réserver l’appellation à l’école du Moyen Âge (Roscelin, Ockham) qui s’appuie sur cette élimination des essences superflues pour ne retenir que deux sources de la connaissance : l’expérience et la logique.
    « Il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité », énonce Ockham (on appelle ce principe d’économie de la pensée « rasoir d’Ockham »).

    ♦ Aussi ses retombées ultérieures sont-elles décelables chez certains empiristes (Hume) ou logiciens (Condillac). Au XXe siècle, le nominalisme reparaît notamment dans l’interprétation de la science selon laquelle les lois et théories sont davantage des constructions de l’esprit qu’une représentation des choses ; de son côté, l’empirisme logique en participe pleinement en affirmant que la science porte, non sur les choses, mais sur les énoncés à propos des choses.

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