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NEANT

NEANT (lat. scolastique, non ens, non être)

Ce qui n’a pas d’être ou de réalité . Non-être.

Si la lecture de L’Être et le néant peut désarmer plus d’un lecteur novice, il existe un autre ouvrage de Sartre d’un accès bien plus facile. Cet ouvrage qui a pour titre:

L’existentialisme est un humanisme passe pour être un résumé accessible à tous des grandes thèses exposées dans L’Être et le néant.

NÉANT, NÉANTISER

♦ Le mot néant est synonyme de non-être : ce qui n’a pas d’être ou de réalité, soit absolument, soit relativement (Descartes envisage ainsi différents degrés dans le non-être comme les formes plus ou moins prononcées du défaut d’être relativement à l’être absolu de Dieu).
Parménide oppose radicalement l’être au non-être, qui paraît constituer pour lui une sorte d’envers absolu du premier. Platon devra affirmer pour sa part que « d’une certaine façon, le non-être existe », mais il faut, dans l’histoire de la métaphysique, attendre Hegel pour aboutir à l’affirmation apparemment scandaleuse selon laquelle l’être et le non-être sont « identiques ». C’est même alors le néant qui est le véritable moteur de la dialectique.
Chez Heidegger, le néant, précisé par rapport au Dasein en non-étant, se révèle à l’existence humaine sous la forme de l’angoisse ou de l’ennui qui confirment l’horizon de néant sur lequel se profile notre existence.
Sartre en donne une interprétation à la fois plus phénoménologique et humaniste : pour lui, le néant ne peut apparaître que sur un fond d’être, par une existence « empruntée » et il dépend d’abord du pouvoir qu’a l’homme de néantiser.

♦ Le verbe néantiser, introduit par Sartre (pour traduire Heidegger), désigne la suppression, par la visée de la conscience, de tout ce qui ne correspond pas à son projet ou à son intention (ayant rendez-vous avec un ami dans un lieu public, je néantise tous les autres visages, parce qu’ils ne correspondent pas à celui que je cherche). Plus généralement, la néantisation ouvre le monde à la liberté.

néant, le non-être. — Il désigne moins un non-être physique (le vide) qu’un non-être au sens psychologique : dans la philosophie hindoue, le néant ou « nirvâna » désigne l’état d’apathie auquel parvient l’individu lorsqu’il s’est délivré de tout désir, de toute tendance à l’action. La philosophie existentialiste, s’inspirant en cela de Hegel, a rendu à la notion du néant un rôle fondamental : le néant serait ressenti, chez Heidegger, dans l’angoisse de la mort; Sartre (dans l’Etre et le Néant, 1948) a identifié l’expérience du néant à celle de la liberté, par laquelle nous refusons notre état et décidons de « ne plus être ce que nous sommes » : le néant serait ressenti dans l’expérience de la négation, dans celle de l’absence ou de l’échec. Mais ce sont encore les analyses de Hegel, dans la Phénoménologie de l’esprit, qui restent les plus suggestives : le néant serait éprouvé dans l’expérience de l’angoisse où le monde devient « totalement fluide », où le sujet s’anéantit dans une impression de chute et de vertige infinis. Cette expérience serait très précisément celle du condamné à mort (et, dans l’Antiquité, celle de l’esclave qui pouvait être à tout instant mis à mort par son maître). — D’une façon générale, disons que la notion de « néant » ne peut avoir de sens que s’il s’agit d’un « néant relatif », que l’on éprouve dans l’expérience de l’absence, du passage des choses et de toute forme d’anéantissement. L’idée d’un « néant absolu » ne pourrait être qu’une absence absolue d’idée.

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