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Modernité

Notion qui désigne une époque, celle des Temps modernes, de la fin de la Renaissance jusqu’à l’époque contemporaine, et un lieu, l’Occident, mais aussi des valeurs attachées à la civilisation occidentale : par exemple, celle du progrès par la raison, la technique et les sciences, celle de l’humanisme laïque et de la sécularisation de la société, celle de l’avènement de la démocratie représentative.

MODERNE, MODERNITÉ

Au sens général, l’adjectif s’applique à ce qui, appartenant au contemporain, est susceptible de le caractériser. De ce point de vue, toute époque peut se qualifier de moderne en se distinguant de celles qui l’ont précédée.

♦ Dans l’histoire de la philosophie, le point de départ des « temps modernes » n’est pas clairement fixé : faut-il opposer l’Antiquité à tout ce qui la suit, tenir compte plus précisément de l’apparition d’une notion d’histoire linéaire (à partir de saint Augustin), ou attendre la Renaissance, à moins que ce ne soit Descartes, sinon les Lumières ?

On constate la même indécision en esthétique : indépendamment des diverses « querelles des Anciens et des Modernes », ce n’est qu’avec Baudelaire (le moderne, c’est l’éphémère dont l’art doit aussi révéler la beauté), Rimbaud (« il faut être absolument moderne ») ou Apollinaire que s’affirme le projet d’une modernité consciemment élaborée ou recherchée.

♦ En recensant certains traits constants de ce qui s’affirmera progressivement comme « moderne », on peut cependant situer l’origine de la modernité au xvie siècle, exclusivement en Europe -même si cette dernière influence ultérieurement d’autres parties du monde, ne serait-ce qu’en prônant une modernisation économique. Dans cette modernité convergent les effets du protestantisme (et de la naissance du capitalisme), des découvertes scientifiques et d’une idéologie du progrès, qui culmine avec les Lumières.

♦ Mais c’est précisément parce que les espoirs des Lumières sont loin d’être confirmés par les événements historiques que la modernité apparaît en crise. La libération de l’humanité par l’éducation et la démocratisation, le progrès moral et l’instauration d’une paix universelle sont démentis par ce que de nombreux philosophes ou sociologues décrivent comme les caractères réels, nettement moins enthousiasmants, du monde contemporain : aliénation de l’homme à la marchandise, permanence des conflits et des génocides, contradictions insolubles de l’économie mondiale, déviations de la raison, etc. L’école de Francfort, Arendt, Jonas et bien d’autres prennent, chacun à sa manière, la relève d’un Nietzsche ou d’un Heidegger, qui dénoncent le nihilisme comme aboutissement de la modernité.

Dans ce contexte, les termes de postmodernisme ou post-modernité désignent, soit l’abandon (notamment en art, où le premier est d’abord apparu à propos de l’architecture) des postures d’avant-garde et le mélange volontaire des références stylistiques, soit la nécessité de scruter la modernité pour mieux comprendre les raisons de son échec et s’en protéger désormais.

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