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L'isolement des consciences

 

La reconnaissance immédiate de l’existence d’une pluralité de consciences semble être aujourd’hui d’une terrible banalité. Pourtant l’idée de l’isolement de la conscience a longtemps persisté. Chez Descartes, la vérité première, celle qui résiste à tous les efforts du doute le plus extravagant qu’il soit, c’est le cogito, le « je pense donc je suis ». Je ne suis, au fond, assuré que de la propre existence de ma conscience. Tout le reste est plus qu’incertain. Si je regarde d’une fenêtre des hommes qui passent dans la rue, que vois-je, dit Descartes, « sinon des chapeaux et des manteaux qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressorts? » (“Méditation seconde“). Chez Leibniz, chaque « monade » n’a ni porte ni fenêtre. Chaque conscience est un monde clos, une intériorité privée, à laquelle les autres n’ont pas accès. Si, chez Descartes et Leibniz, autrui est, en quelque sorte, absent, c’est parce que le champ de la réflexion philosophique est alors occupé par le problème de la recherche de la vérité. D’où l’opposition entre d’un côté le sujet connaissant et, de l’autre, le monde à connaître : confrontation qui exclut la présence d’un tiers, à l’exception cependant de Dieu.
« Monade » signifie, chez Leibniz, la substance simple. Les monades sont unes, simples, toutes différentes. Chaque monade représente tout l’univers de son point de vue. Le modèle sur lequel elles sont conçues est le moi susceptible de représentation consciente.

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