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L’INTELLECTUALISME (résumé d’un courant philosophique)

— A — L’idée d’objet.
Les caractéristiques de l’objet sont :
1 — L’extériorité. Percevoir un objet c’est se représenter quelque chose qui est en dehors de nous, c’est-à-dire dans l’espace.
2 — L’unité et l’identité. « Un objet est ce dont le concept réunit les éléments divers d’une intuition -donnée » dit Kant, ce qui signifie que percevoir un objet consiste à se représenter quelque chose d’unique aux apparences diverses et qui demeure identique derrière le changement (Cf. l’analyse cartésienne du morceau de cire).
3 — La nécessité et l’universalité. L’idée d’objet implique quelque chose qui s’impose à tous les esprits placés dans les mêmes conditions d’observation (Cf. la notion d’objectif).

— B — Critique générale de l’empirisme.

L’objet étant ainsi défini, il est clair qu’il ne saurait nous être donné purement et simplement. L’espace dans lequel l’objet est perçu n’est pas une donnée empirique puisqu’il est universel et nécessaire (Cf. Kant). L’unité et l’identité, de même, sont de l’esprit et non des sensations, toujours multiples et diverses ; le principe de substance, sans lequel il n’y aurait pas pour nous d’objet est a priori, c’est-à-dire qu’il est l’apport de l’esprit dans notre perception des choses. Enfin, les données sensibles sont essentiellement subjectives et l’on voit mal, par suite, comment elles pourraient nous faire atteindre des réalités objectives (les « formes » mêmes sont subjectives).

— C — Intelligence et perception.

On peut donc dire avec Alain que «l’objet est pensé et non pas senti «. Percevoir un objet c’est, à partir d’une sensation, faire une hypothèse destinée à en rendre compte et la vérifier. Le point de départ est bien la sensation car «je perçois les choses d’après ce que je sens par leur action physique sur mon corps » mais ces sensations ne sont que des signes et la notion de sensation est d’ailleurs une abstraction. La sensation nous pousse à inventer ou à reconnaître un objet, c’est-à-dire à nous préparer à certaines actions : « la perception est exactement une anticipation de nos mouvements et de leurs effets » et c’est pourquoi il y a des erreurs de la perception, improprement appelées erreurs des sens. On voit que la perception est l’oeuvre de l’intelligence : « Le réel est le contenu de la représentation qu’élabore l’esprit dans son effort pour comprendre » (Mouy).

intellectualisme, doctrine qui affirme la prééminence et l’antériorité des phénomènes intellectuels sur les sentiments et la volonté. — Par exemple, Leibniz affirmait que les sentiments suscités en nous par l’audition d’une symphonie se réduisent à la perception confuse des rapports mathématiques; le sentiment de l’harmonie exprimerait au fond la perception des rapports «harmoniques». L’intellectualisme consiste à supposer de la logique dans tous les phénomènes psychiques. Il s’oppose au volontarisme, qui voit, au contraire, un sentiment, une foi ou une décision volontaire à la source de toute expression et même de toute compréhension d’idées (Schopenhauer). Une certaine tradition kantienne et hégélienne oppose aussi l’intellectualisme au rationalisme : l’intellectualisme réduit l’esprit humain à la faculté d’appréhender des rapports entre les objets du monde sensible (mathématique, physique); le rationalisme, au contraire, distingue la raison et l’entendement, l’« homme » et le « philosophe », et reconnaît l’infinité de l’esprit humain, telle qu’elle se manifeste dans l’aspiration ou le devoir moral, dans le sentiment esthétique, dans la foi religieuse ou dans la métaphysique elle-même.

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