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L'esthétique de Kant

C’est Kant (fin du XVIIIe siècle) qui a jeté les bases de l’esthétique moderne, dans sa “Critique de la faculté de juger” (1790).

1. AGRÉABLE, BIEN, BEAU

Le beau est différent de l’agréable.

La satisfaction relative à l’agréable, remarque Kant, est liée à un intérêt. « C’est pourquoi on ne dit pas seulement de l’agréable : cela plaît, mais aussi : cela fait plaisir » (“Critique de la faculté de juger“, 1790).

Le beau est différent du bien.

Il y a également un intérêt relatif à l’existence de l’objet lorsque nous jugeons de ce qui est bon-à-quelque chose (= utile) ou bon-en-soi (= moralement bon) (Ibid., § 4).

Le beau est l’objet d’une satisfaction désintéressée.

a. Ainsi, le goût est-il cette «faculté de juger d’un objet ou d’un mode de représentation sans aucun intérêt, par une satisfaction ou une insatisfaction. On appelle beau l’objet d’une telle satisfaction » (Ibid., § 5).

b. « Aucun intérêt ni des sens, ni de la raison, ne contraint l’assentiment » dans le jugement esthétique (Ibid., § 5). Le goût s’affranchit donc aussi bien des obligations de la morale que des inclinations de l’instinct.

2. LE JUGEMENT DE GOUT A UNE « UNIVERSALITÉ SUBJECTIVE »

Le jugement de goût prétend à l’universalité…

On parle, en effet, du beau « comme si la beauté était une propriété des choses » (voyez les discussions entre critiques, où chacun s’évertue à prouver que tel ou tel film est un chef-d’oeuvre).

. . . mais à une universalité subjective.

La prétention selon laquelle ce que nous jugeons être beau doit être beau aux yeux de tous est cependant liée à la « conscience d’être dégagé de tout intérêt » intérêt pour la vérité dans le jugement logique ; intérêt pour le bien moral dans le jugement pratique, etc.) (cf. “Critique de la faculté de juger“, §§ 7 et 8).

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