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Les métamorphoses du moi : L’identité personnelle

LES METAMORPHOSES DU MOI : L’identité personnelle.

Introduction : 3 expériences sur l’identité personnelle:

  • Lorsque nous regardons une photographie de nous lorsque nous étions enfants, qu’est-ce qui nous permet de dire : « c’est moi » alors que de multiples changements physiques et psychologiques ont eu lieu ?
  • Comment se fait-il que tous les matins au réveil, vous vous retrouvez être le même que celui que vous étiez la veille ?
  • En admettant la possibilité de dupliquer parfaitement un être humain, d’en faire plusieurs clones génétiques, l’identité personnelle demeurerait-elle ?

    PRB : Qu’est-ce qui fait que je suis moi et pas un autre ? Comment se forme notre identité personnelle ? De quoi le moi est-il la synthèse ?
    Bref d’où nous vient l’idée d’être un MOI individuel, possédant une identité personnelle dans le temps ?

  1. Le « je », le « moi » et la liberté.
  • Quelle différence faites-vous entre une main et un œil?!
    Une main ne se prend pas elle-même, un estomac ne se digère pas lui-même. La pensée et la conscience, oui! L’œil également (et c’est pourquoi la conscience a souvent été figurée par le regard). Lorsque je me regarde dans un miroir, j’existe deux fois comme sujet regardant (je) et objet regardé (moi). Ce que le français exprime bien par les deux pronoms différenciés :
    JE ME pense / Il SE pense.
  • Distinction entre le JE et le MOI:
  • « JE » = sujet en tant qu’il est source d’activité consciente. Condition de toutes les représentations que j’ai de moi. Le sujet est universel. JE pense.
  • « MOI » ou « SOI » = Forme que prend le « JE » à un moment donné de son histoire. Image que l’on se forge de soi-même. Identité personnelle. Le moi est la conjonction de déterminations particulières (historiques, psychologiques, naturelles…). Pôle synthétique de tout mon vécu. Conscience de soi. Le moi est personnel : mon moi me distingue des autres personnes. Je ME pense.

La conscience de soi (« je me pense ») suppose un écart de soi à soi.
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étrangeté à soi-même. Sartre de façon volontairement contradictoire, « je ne suis pas ce que je suis » (Sartre), puisque je suis toujours un peu ailleurs que là où telle caractéristique m’emprisonnerait. Dire « je suis jaloux », c’est en avoir conscience, et c’est donc avoir un peu de recul par rapport à cela, d’où la possibilité d’y faire attention, ou, au contraire, de le revendiquer. On peut aussi dire « je suis ce que je ne suis pas ou plus », puisque je suis quelqu’un qui se représente ou qui s’assigne comme projet d’être moins jaloux.

// Déjà Saint-Augustin (V 430) : « Ce qui je suis, je ne le sais pas. Ce que je sais, je ne le suis plus ».

Bref, je suis toujours plus ou moins en décalage avec moi-même. Penser qu’un jaloux est condamné à l’être, c’est le nier comme sujet, comme liberté, c’est le chosifier, le réifier, c’est nier sa liberté. Autrement dit, c’est penser que son « essence » définit une fois pour toute son « existence ».

Le fait même de prendre conscience de son être concret le met à distance et est déjà le début d’une transformation. Chaque prise de conscience m’éloigne donc de mon être et me donne la possibilité d’en changer. GRACE A SA CONSCIENCE DE SOI, L’HOMME EST LIBRE, L’HOMME EST LIBERTE.

TRANSITION : Si l’existence de l’homme se trouve dédoublée, si l’homme est comme toujours étranger à lui-même, alors se pose la question de l’identité personnelle.

  1. Identité personnelle et mémoire

Ce qui fait que je suis « moi » est le fait d’avoir toujours conscience de moi. C’est par la conscience de soi que je deviens un sujet avec une identité personnelle. Pour qu’il y ait sentiment de soi, il faut une conscience de soi. C’est la permanence de la conscience en elle-même qui constitue l’identité personnelle. Par la conscience, chacun est capable de s’identifier lui-même comme un soi, c’est dire comme un pôle unique d’actes ou d’actions multiples.
Locke (1632-1704), philosophe anglais empiriste, situe l’identité personnelle dans la conscience de soi et dans la mémoire : c’est parce qu’un être se souvient de ses pensées et de ses actes qu’il peut être considéré comme un seul et même tout au long de sa vie. On voit bien le problème des amnésies, ou de certains troubles mentaux (psychose, schizophrénie) : c’est cette identité-là qui est atteinte.


  • Illustration cinématographique : « L’homme sans passé » de Kaurismäki (2002): En débarquant à Helsinki, un homme se fait voler et frapper à mort. Lorsqu’il reprend conscience, il a perdu la mémoire. Il va reconstruire sa vie. Il retrouve très lentement des bribes de sa mémoire. Sans passé, point d’identité (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=45272.html).

Un esprit qui s’exercerait dans un pur présent, sans garder en lui ce qui précède, ni anticiper ce qui suivra, ne serait pas conscient de lui-même. Bergson (1859-1941) : « conscience signifie avant tout mémoire » cad conservation et accumulation du passé.


La mémoire me permet d’unifier mon existence et mon vécu, de parvenir ainsi à une certaine intelligibilité de moi-même ou identité personnelle. Dans ma vie immédiate, je me disperse et me morcelle. Mais, par l’acte de mémoire, je me retrouve et assure la synthèse des différentes facettes de ma vie. La mémoire me permet, grâce à cette synthèse, d’accéder à la réalité de la personne ou du moi.


Prolongement philosophique :

https://www.youtube.com/watch?v=EZmvdkNjev8 et https://www.youtube.com/watch?v=HPWQufM2sAg

  1. L’identité personnelle comme récit de sa propre histoire

Expérience commune : Un même évènement vécu par 2 personnes n’aura jamais la même signification ni la même importance pour l’un et l’autre. Pourquoi ?

L’identité c’est la capacité du sujet à raconter sous la forme d’un récit, l’histoire de sa propre vie. Raconter une histoire, c’est raconter le temps vécu et donc le temps de la subjectivité humaine. L’identité personnelle n’est en fin de compte rien d’autre qu’une identité narrative, assimilable de ce fait à celle des personnages des fictions littéraires, c’est-à-dire une identité évoluant tout au long du récit au gré des rencontres, des événements, et des situations. L’identité personnelle est le récit de nous-même que nous nous racontons à nous-même et aux autres. Une sorte d’Odyssée du soi.

Le « connais-toi toi-même » de Socrate passe par un « raconte-toi toi-même ». Besoin de se raconter pour se rencontrer.

Notre identité personnelle est notre « identité narrative ». Notre « moi » ne se constitue que dans et par une narration <= thèse de Ricoeur.

Récit de soi = art d’agencer des faits pour en faire un tout selon un ordre qui donne sens à l’histoire racontée. En d’autres mots, mettre en intrigue, c’est configurer, agencer des événements pour en faire une histoire cohérente où l’hétérogène et le contingent sont rendus nécessaires.

Sens jamais achevé, jamais définitif, toujours en élaboration ou en construction ou reconstruction ou déconstruction de soi !

En se racontant, la personne donne donc du sens cad une direction et une signification à son existence : ce sens n’est pas déjà toujours là. Le récit aide à produire poétiquement un sens existentiel par l’acte même de raconter.

A contrario : La schizophrénie est l’incapacité à unifier son « moi » dans un récit cohérent. Etymologie provenant du grec «schizein», signifiant couper ou briser, et «phrèn», désignant l’esprit ou la parole.

  1. Le moi et les autres

Autrui est ce sujet de conscience que je ne suis pas, ce moi qui n’est pas moi. D’ailleurs, je ne suis «  moi  » que pour moi et pour tous les autres, je suis un… autre. Chaque sujet vit dans un monde qui est sien, structurellement et subjectivement centré autour du corps propre. Dans ce monde, dont je suis, comme conscience, à la fois le centre et l’organisateur. S’il y a des autres, c’est qu’il y a « je ». Autrui n’existe que parce que je ne suis pas autrui. Autrui n’a de réalité que dans la mesure où je puis me distinguer de lui en disant « je ». Remarquons que chacun des autres dit également « je » lorsqu’il veut parler de lui et pas de moi. Nous sommes tous des « je » et nous sommes tous des autres pour celui qui dit « je ». Si je parle de « je », c’est donc de vous que je vais parler. Chacun est un « je » revendiquant sa singularité par rapport à tous les autres qui bien qu’ils parlent d’eux-mêmes en disant « je » n’en sont pas moins pour moi (cad pour chacun d’entre nous) des autres. Ce que « je » sait sur lui-même c’est que « je » n’est pas les autres. Et réciproquement si les autres sont les autres c’est parce que « je » est moi. Si le « je » se vit sur le mode de la distinction entre moi et ce qui n’est pas moi (non-moi), il semble que l’on ne puisse le penser sans faire référence à ce qui est autre. Sans les autres, il n’y a pas de « je ». « Je » n’existe donc réellement et se définit comme tel qu’au milieu d’êtres qui sont à la fois identiques à lui (d’autres « je ») et différents de lui (chacun se vit comme un « je » singulier). Il n’y a de « je » que reconnu par les autres. Je ne suis moi-même que dans la mesure où les autres ne reconnaissent en tant qu’individu singulier et me constituent comme tel. Ainsi le « je » n’est pas une entité autonome, une substance, cad une réalité qui se donnerait par soi-même, se définirait par elle-même. Ça lui fait une belle jambe à Robinson sur sa Speranza d’être spirituel ou beau. Peut-il se le dire très longtemps tant que personne ne lui signifie qu’on le trouve spirituel ou beau ? Ainsi, la solitude et l’isolement qui passent pour des moyens permettant de s’atteindre soi-même en dehors des compromis et l’hypocrisie sociale peuvent être des voies de dissolution de soi-même. Il n’y a qu’au milieu des autres que «  je  » continue d’exister.
Michel Tournier a écrit : « Autrui, pièce maîtresse de mon univers » (in « Vendredi ou les limbes du Pacifique »). Autrui, cet autre je sans lequel je ne serais rien.

Le jugement, le regard que les autres portent sur moi me constituent comme identité. Autrui est le médiateur indispensable pour que le moi puisse atteindre une quelconque vérité sur lui-même, « pour
obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l’autre
.

» (Sartre). Le sujet n’est sujet que par et pour autrui : « La découverte de mon intimité me découvre en même temps l’autre. » Autrui est donc nécessaire à la fois à mon existence et à la connaissance que j’ai de moi.

Sans Autrui, je ne suis rien, je n’existe pas, je ne sais pas qui je suis.

  • Renversement de la dialectique « je » / « autrui » : Il n’y a pas déjà un « je » seul puis secondairement des « autres ». Mais, déjà il y a des « autres » pour que « je » soit.

  • Illustration avec un exemple sartrien :

TEXTE DE SARTRE: « Imaginons que j’en sois venu, par jalousie, par intérêt, à coller mon oreille contre une porte, à regarder par le trou d’une serrure.
Je suis seul […] Cela signifie d’abord qu’il n’y a pas de moi pour habiter ma conscience. Rien donc, à quoi je puisse rapporter mes actes pour les qualifier. Ils ne sont nullement connus, mais je les suis et, de ce seul fait, ils portent en eux-mêmes leur totale justification. Je suis pure conscience des choses […]. Cela signifie que, derrière cette porte, un spectacle se propose comme « à voir », une conversation comme « à entendre ». La porte, la serrure sont à la fois des instruments et des obstacles : ils se présentent comme « à manier avec précaution » ; la serrure se donne comme « à regarder de près et un peu de côté », etc. Dès lors « je fais ce que j’ai à faire » ; aucune vue transcendante ne vient conférer à mes actions un caractère de donné sur quoi puisse s’exercer un jugement : ma conscience colle à mes actes, elle est mes actes ; ils sont seulement commandés par les fins à atteindre et par les instruments à employer. Mon attitude, par exemple, n’a aucun « dehors », elle est pure mise en rapport de l’instrument (trou de la serrure) avec la fin à atteindre (spectacle à voir), pure manière de me perdre dans le monde, de me faire boire par les choses comme l’encre par un buvard […].
Or voici que j’ai entendu des pas dans le corridor : on me regarde. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est que je suis soudain atteint dans mon être et que des modifications essentielles apparaissent dans mes structures […]. D’abord, voici que j’existe en tant que moi pour ma conscience irréfléchie. C’est même cette irruption du moi qu’on a le plus souvent décrite : je me vois parce qu’on me voit, a-t-on pu écrire […] ; pour l’autre je suis penché sur le trou de la serrure, comme cet arbre est incliné par le vent. […] S’il y a un Autre, quel qu’il soit, où qu’il soit, quels que soient ses rapports avec moi, sans même qu’il agisse autrement sur moi que par le pur surgissement de son être, j’ai un dehors, j’ai une nature ; ma chute originelle c’est l’existence de l’autre. » Jean-Paul SARTRE in « L’Etre et le Néant »

Sartre décrit 2 états de conscience : Une conscience solitaire qui regarde par le trou d’une serrure ce qui se passe derrière la porte. Cette conscience est alors entièrement livrée à la contemplation du spectacle jusqu’à s’y fondre; elle est tout entière ce spectacle qu’elle regarde. Cette conscience ne se connaît même pas comme jalouse (ce qui supposerait un recul réflexif). Elle est la jalousie mais elle ne se connaît pas comme jalouse. Elle ne se désolidarise pas d’elle-même. Le voyeur ne se regarde pas regarder.

Brusquement surgit un
autre (des pas, un regard, une lumière, etc.): je suis surpris, qu’est-ce qu’autrui va penser de moi? Ma jalousie prend alors consistance; elle n’est plus seulement une manière diffuse d’agir dans ce monde: elle est cette qualification de ma personne, ce jugement sur moi porté par un tiers. Autrui apparaît, j’ai honte. Autrui me révèle la vulgarité de mon acte dont je n’avais pas conscience mais que pourtant j’étais sans le savoir. Ce que je suis pour autrui (vicieux, voyeur, jaloux), je ne suis plus libre de l’être. Et je reconnais le bienfondé de son jugement puisque j’ai honte. Autrement dit, je prends conscience de moi, de qqc que je suis, mais aussi, je n’ai honte que devant autrui. Autrui me chosifie, me donne une nature, une essence. Par le regard de l’autre, je me fais chair. Être regardé c’est se matérialiser, se substantialiser, et en même temps se relativiser. C’est littéralement une chute. De sujet pur, unique, centre de son univers, je deviens un objet dans l’univers dont l’autre est sujet, c’est-à-dire le centre organisateur et souverain.

C’est donc par l’intervention d’autrui que j’ai accès à ce que je suis, le vrai sens de mes actes dépend d’autrui. J’ai besoin de lui pour me connaître : « Autrui est le médiateur entre moi et moi-même. » Le moi s’apparais à lui-même comme originairement relié à un autre. Exemple de la méchanceté = on n’est pas méchant tout seul, mais par/pour les autres, ne serait-ce que pour les faire souffrir !

« Ma chute originelle, c’est l’existence d’autrui. » = Autrui me fait comme m’écrouler au milieu des choses. Chute originelle qui fait songer au péché originel. JE suis découvert, presque nu devant le regard tout-puissant de l’Autre, regard qui me dépouille de ma transcendance cad de ma liberté.

Dans le sentiment de honte, Je suis malgré moi, celui que je ne voulais/savais pas être ou que je n’aurais pas voulu/savoir être. Il y a, sans aucun doute, dans la honte, le sentiment pénible que la faute s’étale sous le regard d’autrui, et comme cette faute est mienne, j’ai honte sous le regard d’autrui et le désir naît de fuir ce regard. C’est pourquoi lorsqu’on a honte, on cherche à se cacher.

Intersubjectivité (communication des consciences) = lieu de tensions et de conflits. Quand je rencontre un autre homme, je me sens immédiatement menacé dans ma liberté.

Tout est combat, même l’amour. « Aimer, c’est vouloir être aimé. » (Sartre). Quel est le désir de tout être amoureux? N’est-ce pas d’abord de posséder l’être aimé, d’en faire sa chose?

Donc, « L’enfer, c’est les autres ». Duel des consciences duales = je redoute le jugement d’autrui car il fait de moi son objet, sa chose, mais je fais aussi de lui mon objet. Donc, nous nous craignons réciproquement. Je dépends de l’autre qui dépend de moi = autrui fait de moi son objet et à mon tour, je fais d’autrui mon objet. Ma chose. Relations infernales de domination et de soumission.

(êêê
POSSIBLE QUESTION POUR LE GRAND ORAL : LES RELATION ENTRE SOI ET AUTRI DANS « HUIS-CLOS » DE SARTRE êêê


)

Sartre illustre cette « part du diable » dans nos rapports à autrui dans sa pièce « Huis-clos ».

Illustration de la théorie sartrienne : « Huis-Clos »

https://drive.google.com/file/d/11o34sJbxJnAyM296xsjOAghcodqggShe/view?usp=sharing

Pièce en 1 acte.

Résumé = Les héros (Garcin, Inès, Estelle) sont en enfer pour l’éternité. Enfermés ensemble dans une pièce, ils se demandent prq ils sont ensemble. Peu à peu, ils vont s’avouer leur faute. Les personnages vont comprendre que chacun d’entre eux est le bourreau des 2 autres. Leur point commun = tous les 3 sont responsables de la mort de ceux qui les ont aimés.

Garcin, le lâche. Estelle, l’infanticide. Inès, la suicidée.

Ils découvrent par là même que la pire des condamnations, c’est le regard d’autrui: omniprésent, on ne peut y échapper. Ce regard m’objective, me chosifie. Ni l’indifférence, ni l’amour, ni la haine ne vont permettre aux 3 personnages d’échapper au jgt des autres.

Garcin conclut la pièce par le célèbre : «  L’enfer, c’est les autres  » :

Cette phrase, mise par Sartre dans la bouche de l’un de ses personnages, est souvent l’objet de contresens. Sartre n’a jamais été un misanthrope. Il a toujours aimé la société de ses semblables et a même lutté pour une meilleure organisation politique. Il exprime simplement le drame de la relation à autrui. Je ne peux pas me passer de l’autre (« Sans témoins, on s’évapore ») et, en même temps, je souffre de sa présence, je souffre d’être « chosifié » par la conscience de l’autre.


Prolongement: Critique de la vision sartrienne : https://databac.fr/critique-de-la-conception-sartrienne-dautrui/

  1. Le moi et la société
    (thèse sociologique).


[Rappel étymologique] Dans le théâtre romain, « persona » désignait le masque des acteurs. Ce masque servait à désigner la condition sociale ou même le caractère moral du personnage qui était en scène : esclave ou affranchi, ivrogne ou avare, veuve ou courtisane…
La vie collective nous différencie les uns des autres : un petit français fils d’un ouvrier aura, parvenu adulte, une personnalité bien différente de celle d’un fils de bonne famille élevé dans un milieu favorisé. C’est la société qui nous fait prendre conscience de notre position dans le milieu dans lequel nous vivons. On pourrait dire, retournant une formule célèbre, qu’elle nous oppose et qu’en nous opposant elle nous pose, voire nous impose des rôles, des stéréotypes. Je crois être libre, alors que « les autres », mon entourage, la société, m’enferment dans une image toute faite. L’enfant, déjà, est prisonnier du regard de ses parents qui choisissent son prénom et projettent sur lui leurs désirs et leurs projets. L’adulte est prisonnier de son métier, de sa vie familiale, de ses amis même qui veulent qu’il soit et reste tel qu’ils le désirent.

La société nous donne des statuts (père, enfant, mère, professeur, élève, ingénieur, chef d’entreprise, chômeur, etc.) et des rôles (être protecteur, obéissant, aimant, autoritaire). Chaque individu a plusieurs statuts au sein de la société et se doit de les respecter sous peine de réprobation ou de punition.

Vidéos sur la sociologie de l’identité : https://www.youtube.com/watch?v=wLPYT3JrUzM

Mon identité résiderait dans mes « identifications ». Le sociologue Michel Maffesoli invite à observer la mode vestimentaire comme élément d’adhésion, comme sentiment d’appartenance partagé par diverses tribus contemporaines.

  1. Le moi et la psychanalyse

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POSSIBLE QUESTION POUR LE GRAND ORAL : LA NOTION DE  »MOI » DANS LA PSYCHANALYSE FREUDIENNE êêê)

https://drive.google.com/file/d/1ixwf2E5GQ3sAHjbxTKFRwdp_3evw6t9F/view?usp=sharing: pages 10 à 14 et 23 à 25.

A retenir :

« Le moi n’est pas maître dans sa propre maison » – Citation de Freud in Introduction à la psychanalyse.

MAIS

La psychanalyse propose de rendre conscient ce qui est inconscient. La connaissance de l’inconscient (« ça ») permet d’augmenter la conscience et la maîtrise de soi, de renforcer le « moi » et son identité.

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POSSIBLE QUESTION POUR LE GRAND ORAL : LA NOTION DE  »MOI » DANS LA PSYCHANALYSE FREUDIENNE
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CONCLUSION : Une identité personnelle à accomplir au fil des métamorphoses du moi…

Il convient de penser la subjectivité comme une tâche à réaliser plutôt que comme une identité rassurante. On a à devenir celui que l’on est. L’identité est au final devant soi.

L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que l’on fait de ce qu’on a fait de nous. Autrement dit, qu’as-tu fait de ce que l’on a fait de toi ?

Nous avons à être, comme le montrent les existentialistes, de sorte que pour reprendre le titre d’un ouvrage de Cesare Pavese: « Le métier de vivre », le métier d’homme. Exister est un métier, une tâche incessante à accomplir.

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