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Le travail est libérateur

  • Le travail est libérateur


Le travail est libérateur puisqu’il a permis à l’espèce humaine de s’éloigner de son animalité originaire. En outre, en transformant la nature, l’homme lui donne la forme de son intériorité et peut ainsi accéder à une certaine reconnaissance de lui-même dans ce monde qui porte sa marque. Enfin, en créant quelque chose de stable en dehors de lui, il peut aussi surmonter son angoisse de la mort. Mais si le travail, dans son essence, est libérateur, il a revêtu, au cours de son histoire, des formes concrètes aliénantes : esclavage, servage, salariat.

  • Le travail est le propre de l’homme

Marx

C’est pourquoi Marx, lecteur de Hegel, pose le travail comme l’essence même de l’homme : « Le travail, proprement dit, écrit-il, appartient exclusivement à l’homme. » Le travail de l’homme se distingue en effet de l’activité animale dans la mesure où ce dernier « ne produit que sous l’empire du besoin physique immédiat, tandis que l’homme produit alors même qu’il est libéré du besoin physique, et il ne produit vraiment que lorsqu’il en est libéré. L’animal ne produit que lui-même, tandis que l’homme reproduit toute la nature. Le produit de l’animal fait, comme tel, partie de son corps physique, tandis que l’homme se dresse librement face à son produit » (“Manuscrits de 1844“, Éditions sociales, pp. 63-64). De plus, « ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ce n’est pas qu’il opère seulement un changement de formes dans les matières naturelles ; il y réalise du même coup son propre but dont il a conscience, qui détermine comme loi son mode d’action, et auquel il doit subordonner sa volonté » (“Le Capital“, I, 3, 7). Ainsi l’homme se reconnaît-il dans le travail dans la mesure où celui-ci est une activité : consciente, fruit d’une volonté qui se propose un but et qui mobilise une attention en vue d’atteindre ce dernier ; intelligente : le travail implique la compréhension des lois de cette nature qu’il reproduit ; libératrice : par le travail l’homme s’émancipe du joug de la nature.

  • Se reconnaître dans son travail

    En outre, dans le travail chaque homme s’affirme lui-même en même temps qu’il affirme l’essence de l’homme en général. Car si dans mon travail, explique Marx, j’objective « ma production, mon individualité, sa particularité », dans la jouissance qu’autrui aura du fruit de mon travail, je jouis « d’avoir objectivé l’essence de l’homme, donc d’avoir procuré l’objet qui, lui, convenait aux besoins d’un autre être humain ». Ainsi je confirme et réalise directement dan£ mon activité individuelle « mon essence vraie, mon essence humaine, mon essence sociale». Aussi, le travail est-il bien ce en quoi l’homme se reconnaît pleinement, puisqu’il s’y reconnaît à la fois comme individu et comme être social.

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