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Le plaisir esthétique prend-il sa source dans la plus ou moins grande conformité de ce qui est reproduit par l'art et de l'objet réel ?

Le plaisir esthétique prend-il sa source dans la plus ou moins grande conformité de ce qui est reproduit par l’art et de l’objet réel ?
• A cette question, l’esthétique moderne répond par la négative.
• Mais une esthétique plus naïve (ou plus archaïque) ne partageait pas cet avis.
1. L’ART COMME IMITATION DES APPARENCES (PLATON)
L’exclusion des artistes de la cité idéale.
Comme il dessine l’ébauche de la République idéale, Socrate affirme qu’on fera bien de s’y passer des artistes.
L’art comme illusionnisme.
C’est que, poursuit Socrate, le poète ne fabrique jamais que des fictions imitatives : ses œuvres contrefont mille métiers qu’il ignore, des événements de la nature (foudre, vents), etc.
Quant au peintre, c’est un autre faussaire : « s’il est bon peintre, ayant représenté un charpentier et le montrant de loin, il trompera les enfants et les hommes privés de raison, parce qu’il aura donné à sa peinture l’apparence d’un charpentier véritable « (Platon, “La République“, livre X, 598 c).
2. L’ART COMME TRANSFIGURATION DU REEL
La part de l’illusion…
Certes, il existe indéniablement une part d’artifice dans l’art (cf. la perspective, qui vise à procurer l’illusion de la profondeur ; le renflement des colonnes grecques au tiers de leur hauteur, qui les fait paraître parfaitement cylindriques ; les percées illusionnistes et autres peintures en trompe-l’œil des artistes maniéristes du XVIe siècle).
…et ce qui y échappe.
a) « Une oeuvre d’art, écrit Hegel, peut se contenter de n’être qu’une imitation ; mais ce n’est pas en cela que consiste sa tâche, sa mission. « (“Esthétique“, 1820-1829).
b) Si cette vérité est moins évidente pour ce qui est des œuvres des peintres, il va de soi que les productions de la musique, de l’architecture et de la poésie causent un plaisir esthétique sans qu’elles tâchent aucunement d’imiter la nature.
c) «L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible «, écrit le peintre contemporain Paul Klee (1879/1940) dans sa “Théorie de l’art moderne” (voyez, par exemple, les mauves que Renoir introduit dans ses ombres : on a pu dire que c’est depuis l’impressionnisme que nous voyons du mauve dans les ombres réelles).
Beau esthétique beau naturel.
Des choses laides en elles-mêmes peuvent être transfigurées par l’art et devenir belles en tant qu’objets esthétiques (exemple : les pendus de Callot, la paire de vieux souliers peints par Van Gogh, la cruauté du “Richard III” de Shakespeare…) : « l’art ne veut pas la représentation d’une chose belle mais la belle représentation d’une chose « (Kant, “Critique de la faculté de juger“, 1790).

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