Rechercher dans 213222 documents

LA CONSCIENCE – L'INCONSCIENT (approfondissement des notions)

 

Pour approfondir:
 Panorama de la notion. Synthèse de la notion. Plan de la notion. Textes de la notion.   

La conscience

Un concept né sur le sol de la philosophie moderne

Le terme latin conscientia exprimait originairement le fait d’avoir la connaissance de quelque chose. Quant au mot français «conscience», jusqu’au XVIIe siècle, il fut surtout employé dans un contexte moral. Il désignait le retour réflexif d’un sujet sur ses propres actions afin de les évaluer et de les juger. Autrement dit, «conscience» signifiait à peu près sens moral, comme dans la célèbre formule de Rabelais : «science sans conscience n’est que ruine de l’âme».

C’est essentiellement avec Descartes (1596-1650) que «conscience» prend une signification nouvelle, et désigne désormais la saisie immédiate de la pensée par elle-même. Nécessairement, si je pense, je sais que je pense : aussi, écrit Descartes, «par le nom de pensée, j’entends tout ce qui se fait en nous de façon que nous en soyons conscients, et pour autant que nous en avons conscience» (Principes de la philosophie).

Descartes : «je pense, donc je suis»

Qui sait si mes sens ne m’induisent pas en erreur en toute occasion ? Comment suis-je assuré de ne pas rêver alors même que j’estime être éveillé ? Et pourquoi un Dieu ne me tromperait-il pas, lorsque je crois percevoir avec évidence que 2 et 3 font 5 ? A ces trois raisons de douter, Descartes ajoute un «pantin méthodologique», qu’il appelle le Malin génie : il suppose qu’il est constamment trompé par cette sorte de Satan épistémologique.

«Qu’il me trompe tant qu’il voudra, écrit Descartes, il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose» (Méditations métaphysiques, 1641). La conscience d’exister, la certitude de ce que j’existe au moins comme conscience, constitue ainsi la première vérité de la philosophie cartésienne.

Remise en cause de la tradition cartésienne par la psychanalyse freudienne

Rupture avec la tradition cartésienne

«La division du psychique en un psychique conscient et un psychique inconscient», écrit Freud (1856-1939), «constitue la prémisse fondamentale de la psychanalyse» (Essais de psychanalyse, 1927). Il va de soi que c’est là prendre le parfait contrepied de la tradition issue du cartésianisme. Descartes avait, en effet, soutenu, au contraire, qu’il ne peut y avoir aucune pensée de laquelle, «dans le moment quelle est en nous, nous n’ayons une actuelle connaissance» (Réponses aux Quatrièmes objections, 1641).

Les deux topiques freudiennes

Freud a présenté successivement deux descriptions «topiques» (du grec : topos, lieu) de l’appareil psychique.

  • La première topique, présentée dans le chapitre VII de L’Interprétation des rêves (1900), distingue trois «systèmes» : inconscient, préconscient et conscient.
  • La seconde topique (qui apparaît à partir de 1920) fait intervenir trois «instances» :
  • «Dans le ça, s’agitent nos pulsions primitives ; et tous les processus qui s’y déroulent demeurent inconscients» (FreudMoïse et le monothéisme, 1939) ; le ça est régi par le principe de plaisir ;
  • les deux autres instances – le moi (= pôle «défensif» de la personnalité) et le surmoi (= intériorisation des exigences et des interdits parentaux) – sont des modifications du ça devant la réalité.

N. B. : moi et surmoi sont en grande partie inconscients, eux aussi.

Actes manqués, rêves et névroses sont des formations de compromis

Actes manqués, rêves et névroses constituent, selon la psychanalyse freudienne, les principales voies d’accès à l’inconscient.

Apparemment, ces phénomènes sont dénués de sens

Lapsus, maladresses et autres oublis (= «actes manqués») passent généralement pour des produits du hasard ou de l’inattention. «Le rêve dont j’ai l’heur de me souvenir au réveil brille par son caractère décousu, abracadabrant» (Cinq leçons sur la psychanalyse, 1910). Quant aux symptômes névrotiques (amnésies, manies, obsessions, etc.), ils paraissent immotivés, voire absurdes.

Mais, en réalité, ils ont un sens

L’acte manqué (par ex., le lapsus d’un président de la Chambre des députés autrichienne annonçant : «la séance est… levée», au lieu de : «la séance est ouverte») a un sens et semble, à l’évidence, marqué d’une intention. Contre la vanité de la conscience qui repousse si dédaigneusement le rêve, Freud affirme que le rêve également a un sens, qu’il constitue comme un «rébus» dont le contenu nous est donné sous forme «d’hiéroglyphes» (L’Interprétation des rêves, 1900). Enfin, en ce qui concerne le névrosé, tout se passe comme s’il s’agissait d’apprendre de lui «quelque chose qu’on ne sait pas et que lui-même ignore» (“Cinq leçons sur la psychanalyse“, 1910). Freud usera, à cette fin, d’abord de l’hypnose, puis d’un procédé de traitement par questions, et enfin de la méthode par associations libres qui est celle de la psychanalyse contemporaine.

Ce sont des formations de compromis

La bizarrerie des actes manqués, des rêves et des symptômes névrotiques s’explique, selon Freud, par l’interférence de deux tendances opposées de l’appareil psychique. L’apparente inintelligibilité de ces processus résulte donc de ce qu’ils expriment tous trois qu’un compromis s’est instauré dans une même personnalité entre deux désirs contradictoires et très intelligibles en eux-mêmes. Exemple :

Chez l’auteur du “lapsus rapporté ci-dessus, l’acte manqué trahit l’opposition mal surmontée entre un désir d’en terminer au plus vite et un désir d’assumer normalement un rôle social bien codifié. Pareille «solution» du conflit psychique révèle que «le refoulement est à moitié manqué et à moitié réussi», écrit Freud, dans l’ “Introduction à la psychanalyse (1916-1917).

Nature et fonction de ces formations de compromis

Freud aime à donner de la vie psychique une présentation dynamique (du grec dunamis : force). «La vie psychique, écrit-il, est un champ de bataille et une arène où luttent des tendances opposées» (“Introduction à la psychanalyse”, 1916-1917).

Un désir inavouable à la conscience

Un acte manqué – l’oubli d’un projet, par exemple – traduit toujours l’existence d’un «contre-vouloir», affirme Freud. De même, en deçà du texte du rêve (= rêve manifeste), se dissimulent des pensées latentes, des désirs inconscients plus ou moins travestis par l’élaboration onirique (ou travail de rêve).

La névrose, enfin, traduirait à sa façon l’obsédante présence du désir pathogène : la maladie résulterait de l’incapacité à refouler un désir insupportable (ainsi Anna O., garde-malade d’un père mourant, est partagée inconsciemment entre ses devoirs filiaux et son désir de liberté).

Des forces tendant à réprimer ce désir

«Si certaines représentations sont incapables de devenir conscientes, c’est à cause d’une certaine force qui s’y oppose» (“Essais de psychanalyse“, 1927).

N. B. : Les mêmes forces qui président au refoulement du désir inconscient se manifesteront comme résistance lorsque l’on essaiera d’interpréter l’acte manqué, le rêve, le symptôme.

Actes manques, rêves et symptômes névrotiques procurent une satisfaction détournée aux désirs inavouables

Dans le lapsus, l’intention refoulée parvient à se manifester par la perturbation du discours normal. Le rêve est, de manière analogue, la réalisation hallucinatoire d’un désir refoulé : «le contenu du rêve représente un désir réalisé», affirme Freud, dans “Le Rêve et son interprétation“, (1901). La névrose, paradoxalement, constitue, elle aussi, un substitut à la satisfaction directe du désir refoulé : ainsi le premier effet de la maladie d’Anna O. est-il de la rendre aussitôt incapable de soigner son père plus longtemps. •

1

QCM SUR LA CONSCIENCE ET L'INCONSCIENT

1 / 25

Pour Descartes, la conscience est :

2 / 25

Qui a dit: 'La conscience signifie choix' ?

3 / 25

'Toute conscience est conscience de quelque chose'. Cette formule est de:

4 / 25

Refouler un désir, c'est refuser de le satisfaire ?

5 / 25

Au terme de quelle expérience Descartes parvient-il à la certitude qu'il est une conscience ?

6 / 25

Peut-on confondre les deux concepts d'origine et de fondement à propos de la morale ?

7 / 25

Quelle est la maldie la plus grave:

8 / 25

De quoi la conscience pure, selon Kant, est-elle la condition ?

9 / 25

Qui a écrit les 'Méditations cartésiennes'?

10 / 25

Selon Freud que peut-on ranger parmi les actes manqués ? (Plusieurs réponses possibles)

11 / 25

Qui a dit: 'L'inconscient est structuré comme un langage' ?

12 / 25

Dans 'L'Etre et le Néant', Sartre prend l'exemple du garçon de café pour illustrer:

13 / 25

Qui a parlé d'un 'inconscient collectif' ?

14 / 25

Qui recherche une première vérité après un doute radical ?

15 / 25

Donnez un synonyme du mot "éthique" ?

16 / 25

Qui a dit que la conscience morale était innée ?

17 / 25

Qui a écrit: "le moi n'est pas maître dans sa maison" ?

18 / 25

Que désigne pour Freud le terme de sublimation ?

19 / 25

Selon Descartes, l'âme est:

20 / 25

Qui a dit: "Conscience instinct divin" ?

21 / 25

La conscience psychologique porte-t-elle des jugements de valeur ?

22 / 25

Le principe de plaisir est un:

23 / 25

Descartes est un philosophe:

24 / 25

Pour Hume, le "moi" est:

25 / 25

La phénoménologie est un courant philosophique du:

Entrez votre nom ou pseudo:

  • Pos.
    Nom
    Score
    Durée
  • 1.
    devoirdp
    60 %
    50s

How to whitelist website on AdBlocker?