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Kant: Le bonheur dans la dignité

Le bonheur dans la dignité

— Seule est absolument bonne la bonne volonté

Ces dispositions intérieures de l’âme comme la juste mesure, la maîtrise de soi, aussi favorables qu’elles paraissent souvent à la moralité, n’ont pas, cependant, cette valeur absolue que leur attribuait Aristote. Elles peuvent même se prêter à un mauvais emploi : le courage d’un criminel ne le rend-il donc pas plus odieux ? Seul peut être véritablement bon ce qui l’est par soi, ce qui l’est absolument. Par suite, comme le souligne Kant, dans Fondements de la métaphysique des moeurs, il n’est rien qui puisse être tenu pour absolument bon, si ce n’est seulement une bonne volonté. La bonne volonté, c’est celle qui se détermine à agir par pur respect du devoir.

— Le devoir d’abord

Or il est bien connu qu’on peut être vertueux tout en étant malheureux, et être heureux sans être vertueux. On peut même dire que faire son devoir n’est pas le moyen le plus sûr d’être heureux : agir par devoir, c’est souvent aller contre ses inclinations, ses désirs. Certes agir moralement n’implique pas l’ascétisme, et on peut considérer que c’est aussi indirectement un devoir de travailler à son bonheur car un minimum de bien-être est la condition de la vertu. Mais pour Kant la recherche du bonheur est seconde par rapport au devoir. Si, au fond, il y a une certaine opposition entre le bonheur et la vertu, c’est parce que le bonheur obéit à des motivations empiriques rebelles par nature à toute universalisation, alors que le devoir commande universellement. Ce que les hommes nomment le bonheur n’est souvent que l’objet temporaire et accidentel de leur désir. Il n’est, en fait, pas possible de déterminer avec une certitude complète ce qui pourrait rendre heureux. Le bonheur, selon l’expression de Kant, est « un idéal, non de la raison, mais de l’imagination ». 

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