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JÜNGER Friedrich Georg. Poète, essayiste et nouvelliste allemand

JÜNGER Friedrich Georg. Poète, essayiste et nouvelliste allemand. Né le 1er septembre 1898 à Hanovre, mort le 20 juillet 1977 à Überlingen. Frère de l'écrivain Ernst Jünger, dès la fin de ses études secondaires, il est entraîné dans la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est grièvement blessé. Lieutenant de la Reichswehr jusqu'en 1921, il partage l'idéal héroïque et militariste de son frère. Il entreprend des études supérieures de Droit dans les Universités de Leipzig et de Halle, passe son doctorat, mais n'exerce que peu de temps : installé à Berlin, il se consacre dès 1926 au métier d'écrivain. De 1928 à 1935, il est en relation avec le cercle réuni autour de Ernst Niekisch. Plusieurs écrits antinazis dont Le Pavot (1934) diffusé dans le public sous forme de tract lui valent d'être interrogé par la Gestapo et placé sous surveillance par les nouveaux maîtres. Depuis 1937, il vit à Überlingen, recevant de multiples distinctions : Prix de l'Académie des Beaux-Arts de Bavière en 1950, Prix Immermann en 1957, etc. A travers les premiers vers de F.G. Jünger, réunis sous le titre Poèmes (1934), de facture très classique, dans la lignée du Divan de Goethe, nourris de mythologie gréco-latine, transparaît un culte de la beauté formelle rappelant l'esthétisme de S. George. Immédiatement après 1945, il publie, à intervalles rapprochés, toute une série de recueils lyriques : Le Vent d'Ouest (1946), Le Collier de perles (1947), La Cellule de chardons d'argent (1947) — ces trois derniers ouvrages réunis dans le volume L'Anneau des années (1954) —, Iris dans le vent [1952], Fleuve noir, forêt blanche-vent [1955]. Art de la litote, maîtrise transparente et glacée de l'expression : « Vers qui ne connaissent l'ombre, / Qui ne respirent l'air frais de la ballade. » Grâce à (ou à cause de) cette perfection formelle unanimement reconnue, la poésie de F.G. Jünger est peut-être (seulement) un beau marbre. Des essais de l'écrivain, le plus connu est La Perfection de la technique [1946], qui stigmatise, dans une perspective nietzschéenne, l'esprit « moderne ». Comme pour Nietzsche d'ailleurs, son maître à penser, la critique de la civilisation passe, chez F.G. Jünger, par une réflexion philologique : Langage et calcul (1956), Langage et pensée [1962]. A partir de 1950 à peu près, F.G. Jünger fait oeuvre de narrateur : deux recueils de nouvelles — Nuit dalmate [ 1950] et Les Paons (1952) —, des livres de souvenirs — Verts rameaux [1951], qui retrace la jeunesse de l'écrivain, et Miroir des ans [1958] qui évoque l'atmosphère berlinoise dans les années qui précèdent l'avènement du nazisme, deux romans enfin, Les Premiers Pas [1954], sur la débâcle de la monarchie habsbourgeoise, et Deux Soeurs (1956), dont l'action se déroule dans la Rome fasciste.

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