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INSPIRATION

INSPIRATION. n. f Au sens littéraire et artistique, souffle créateur qui anime. On l’oppose traditionnellement au métier, à la technique, à la réflexion esthétique, qui forment l’autre partie de la création d’une oeuvre. Le mot « inspiration » a beaucoup perdu de sa force originelle. Pour les Anciens, il s’agissait d’un souffle surnaturel : les dieux inspiraient les prêtres et les prophètes; les Muses inspiraient les poètes. Cette notion s’est réaffirmée chez les romantiques et les symbolistes, pour qui l’inspiration pouvait venir du coeur (Musset), de l’Esprit (Vigny) ou de forces mystérieuses (l’Idéal, le Surréel). De nos jours, le terme se réduit au « premier élan » (la « source d’inspiration », les thèmes ou les lieux qui «inspirent ») qui pousse un écrivain à écrire, un artiste à imaginer : l’oeuvre s’est désacralisée.

inspiration


Souffle créateur reçu par l’artiste.


Commentaire
Les Grecs anciens considèrent l’inspiration comme un don des dieux. Le poète, saisi par l’enthousiasme, compose alors sous l’emprise divine. Si les poètes de la Pléiade perpétuent cette tradition, les romantiques pour leur part préfèrent placer l’inspiration dans les élans du cœur. De nos jours, l’inspiration vient autant du cœur que d’un travail et d’une maturation plus ou moins conscients de l’artiste. Elle est parfois aussi le fruit d’un hasard, dont les mystères échappent au créateur.

Citations
Ce n’est pas, sache-le, par l’effet de l’art, mais bien parce qu’un dieu est en eux et qu’il les possède, que tous les poètes épiques, les bons s’entend, composent tous ces beaux poèmes, et pareillement pour les auteurs de chants lyriques, pour les bons. (Platon, Ion, 533.)
L’Inspiration, c’est l’Occasion du Génie. Elle court, non pas sur un rasoir, elle est dans les airs et s’envole avec la défiance du corbeau, elle n’a pas d’écharpe par où le poète la puisse prendre, sa chevelure est une flamme, elle se sauve comme ces beaux flamants blancs et roses, le désespoir des chasseurs. (Honoré de Balzac, la Cousine Bette.)
Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers. (Rainer Maria Rilke, les Cahiers de Malte Laurids Brigge.)

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