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Épictète: Savoir ce qui dépend de nous

Proche de la doctrine épicurienne à bien des égards, le stoïcisme s'en distingue cependant par la rigueur des exigences qu'il pose pour qui veut parvenir à la sagesse, la fin de l'existence n'est pas ici le bonheur, mais un état d'indifférence, que les stoïciens appellent l'ataraxie.

Problématique

Pour atteindre la sagesse, il faut éliminer toutes les causes de trouble. Nous pouvons y parvenir en comprenant le monde et nos rapports avec ce monde. Plus généralement, c'est par la pensée juste qu'on peut parvenir à éliminer tout ce qui entrave l'existence.

Enjeux

Pour être construite sur des bases solides, la sagesse stoïcienne exige le développement d'un savoir certain. La souffrance résulte d'une erreur d'analyse. Cela dit, pouvons-nous si facilement renoncer à ce qui ne dépend pas de nous, dans la mesure où justement le désir nous pousse souvent vers ce que nous n'avons pas ?

Savoir ce qui dépend de nous

Parmi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas. Celles qui dépendent de nous, ce sont l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion : en un mot tout ce qui est notre œuvre. Celles qui ne dépendent pas de nous, ce sont les corps, les biens, la réputation, les dignités : en un mot tout ce qui n'est pas notre œuvre. Souviens-toi donc que, si tu crois libres ces choses qui, de par leur nature, sont esclaves, et propres à toi celles qui sont étrangères, tu seras entravé, affligé, troublé, tu accuseras dieux et hommes. Mais si tu crois tien cela seul qui est tien, et étranger ce qui en effet t'est étranger, nul ne te forcera jamais à faire une chose, nul ne t'en empêchera ; tu ne te plaindras de personne, tu n'accuseras personne ; tu ne feras pas involontairement une seule action ; personne ne te nuira, et d'ennemi, tu n'en auras point, car tu ne pourras pas même souffrir rien de nuisible.

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