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Culture littéraire : 7

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Culture littéraire : 7

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Dans cet extrait de la Lettre à Louis XIV, que reproche Fénelon au
roi ?
« Cependant vos peuples que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été jusqu'ici si passionnés pour vous, meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée, les villes et les campagnes se dépeuplent ; tous les métiers languissent et ne nourrissent plus les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au-dehors. Au lieu de tirer de l'argent de ce pauvre peuple, il faudrait lui faire l'aumône et le nourrir. La France entière n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provisions. » (Fénelon, Lettre à Louis XII, 1694)

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Comment peut-on désigner le double portrait que contient ce texte ?
Dans la voiture, on se regardait curieusement, à la triste clarté de cette aurore.
Tout au fond, aux meilleures places, sommeillaient, en face l'un de l'autre, M. et Mme Loiseau, des marchands de vins en gros de la rue Grand-Pont.
Ancien commis d'un patron ruiné dans les affaires, Loiseau avait acheté le fonds et fait fortune. Il vendait à très bon marché de très

mauvais vins aux petits débitants des campagnes et passait parmi ses connaissances et ses amis pour un fripon madré, un vrai Normand plein de ruses et de jovialité.
Sa réputation de filou était si bien établie, qu'un soir à la préfecture, M. Tourne!, auteur de fables et de chansons, esprit mordant et fin, une gloire locale, ayant proposé aux dames qu'il voyait un peu somnolentes de faire une partie de « Loiseau vole », le mot lui-même vola à travers les salons du préfet, puis, gagnant ceux de la ville, avait fait rire pendant un mois toutes les mâchoires de la province.
Loiseau était en outre célèbre par ses farces de toute nature, ses plaisanteries bonnes ou mauvaises ; et personne ne pouvait parler de lui sans ajouter immédiatement : « Il est impayable, ce Loiseau. »
De taille exiguë, il présentait un ventre en ballon surmonté d'une face rougeaude entre deux favoris grisonnants.
Sa femme, grande, forte, résolue, avec la voix haute et la décision rapide, était l'ordre et l'arithmétique de la maison de commerce, qu'il animait par son activité joyeuse.
Guy de Maupassant, Boule de Suif, 1880.

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Quel est le registre dominant dans l'extrait suivant ?
Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. [...]
En 1593, le bruit courut que, les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venue une d'or à la place d'une de ses grosses dents. Horstius, professeur en médecine dans l'université de Helmstad, écrivit en 1595 l'histoire de cette dent, et prétendit qu'elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu'elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant, pour consoler les chrétiens affligés par les Turcs. Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux chrétiens ni aux Turcs. En la même année, afin que cette dent d'or ne manquât pas d'historiens, Rullandus en écrit encore l'histoire. Deux ans après, Ingolsteterus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d'or, et Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme, nommé Libavius, ramasse tout ce qui avait été dit de la dent, et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fût vrai que la dent était d'or. Quand un orfèvre l'eut examinée, il se trouva que c'était une feuille d'or ap­pliquée à la dent, avec beaucoup d'adresse ; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfèvre.
Fontenelle, Histoire des oracles, 1686.

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Dans l'apologue, l'argumentation :

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Dans les Évangiles, les paraboles ont une fonction :

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À quel genre correspond le texte suivant ?
Je dirai brièvement la douceur de la liberté.
Un chien gras et repu rencontra un loup maigre au dernier point ; ils se saluent et s'arrêtent : « D'où te vient, dis-moi, cet éclat ? Quel manger t'a donné cette corpulence ? Moi, qui suis bien plus courageux que toi, je meurs de faim. » Le chien, bonnement : « Le même sort t'attend, si tu peux rendre au maître les mêmes services. — Lesquels ? dit l'autre. Garder le seuil ; protéger la maison, même la nuit, contre les voleurs. — J'y suis, certes, tout prêt ! Pour l'heure je souffre neige et pluies, menant dure vie dans les forêts ; combien me sera-t-il plus aisé de vivre sous un toit et, sans rien faire, me repaître de nourriture ! — Suis-moi donc. »
En chemin, le loup remarque le cou du chien, que la chaîne avait pelé : « D'ou vient cela, mon ami? — Ce n'est rien. — Dis pourtant je te prie. — On me trouve trop ardent : alors, on m'attache le jour pour que je me repose quand il fait clair et que je veille quand la nuit est venue. Au crépuscule, je suis délié et vais où il me plaît. Sans que je bouge on m'apporte du pain ; de sa table, le maître me donne les os ; les gens de la maison me jettent des morceaux et tout ce dont ils ne veulent pas. Ainsi sans fatigue s'emplit mon ventre. — Et, dis, si tu t'avises d'aller quelque part, tu le peux ? — Pas absolument, dit-il. — Sois heureux à ta guise, chien ; je ne voudrais pas d'un trône, qui ne me laisserait pas ma liberté. »
Jean Racine, Phèdre, 1677.

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Voici un extrait des notes prises par Émile Zola. Quelle oeuvre en sera l'aboutissement ?
« Mon oeuvre, à moi, sera tout autre chose. Le cadre en sera plus
restreint. Je ne veux pas peindre la société contemporaine, mais une
seule famille, en montrant le jeu de la race modifiée par les milieux. »

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Quel est le point de vue adopté par le narrateur dans cet incipit de roman ?
Comme il faisait une chaleur de tente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.
Plus bas le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses, étalait en ligne droite son eau couleur d'encre. Il y avait au milieu un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques.
Au delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers, le grand ciel pur se découpait en plaques d'outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d'ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait du loin dans l'atmosphère tiède ; et tout semblait engourdi par le désoeuvrement du dimanche et la tristesse des jours d'été.
Deux hommes parurent.
L'un venait de la Bastille, l'autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.
Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s'assirent à la même minute, sur le même banc.
Pour s'essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa près de soi ; et le petit homme aperçut écrit dans le chapeau de son voisin : Bouvard ; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la casquette du particulier en redingote le mot : Pécuchet. [...]
Gustave Haubert, Bouvard et Pécuchet, 1881.

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Sur quel type d'exemple l'argumentation de Camus contre la peine de mort repose-t-elle ?
Peu avant la guerre de 1914 un assassin dont le crime était particulièrement révoltant (il avait massacré une famille de fermiers avec leurs enfants) fut condamné à mort à Alger. [...] On estima généralement que la décapitation était une peine pas trop lourde pour un pareil monstre. Telle fut, m'a-t-on dit, l'opinion de mon père, que le meurtre des enfants en particulier avait indigné. L'une des rares choses que je sache de lui en tout cas, est qu'il voulut assister à l'exécution, pour la première fois de sa vie. [...] Ce qu'il vit ce matin-là, il n'en dit rien à personne. Ma mère raconte seulement qu'il rentra en coup de vent, le visage bouleversé, refusa de parler, s'étendit un moment sur le lit et se mit tout d'un coup à vomir. Il venait de découvrir la réalité qui se cachait sous les grandes formules dont on la masquait. [...] Quand la suprême justice donne seulement à vomir à l'honnête homme qu'elle est censée protéger, il paraît difficile de soutenir qu'elle est destinée comme ce devrait être sa fonction à apporter plus de paix et d'ordre dans la cité.
Albert Camus, Réflexions sur la peine capitale, 1957.

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Quelle est la forme de cet extrait ?
Vous avez perdu ces heureux moments où vous jouissiez des tendresses d'une mère qui n'eut jamais son égale ; vous avez perdu cette
source inépuisable de sages conseils ; vous avez perdu ces consolations qui, par un charme secret, faisaient oublier les maux dont la vie humaine n'est jamais exempte. Mais il vous reste ce qu'il y a de plus précieux : l'espérance de la rejoindre dans le jour de l'éternité, et, en attendant, sur la terre, le souvenir de ses instructions, l'image de ses vertus et les exemples de sa vie.
Bossuet, Oraison funèbre d'Anne de Gonzague de Clèves, princesse palatine, 1685.

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