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CONTINGENT / CONTINGENCE

Du latin contingere, « arriver par hasard ».


– Qui n’a pas en soi de raison d’être. – Qui peut indifféremment être ou ne pas être (contraire : nécessaire).


• Aristote appelle les événements à venir les « futurs contingents ». Selon lui, ces événements n’obéissent à aucune nécessité et sont totalement imprévisibles.

• Pour Sartre, notre propre existence, comme l’existence du monde, est contingente : injustifiable et gratuite, elle nous condamne à la liberté.

CONTINGENT, CONTINGENCE (lat. contingentia, hasard)

S’oppose à nécessaire. Est contingent ce qui peut se produire ou non.

Gén. Est contingent ce qui peut ne pas être, ou ne pas arriver, ou peut être autrement. Contraire de nécessité. Il est contingent qu’un objet lâché au-dessus du sol se brise, contingent qu’il se brise en deux ou mille morceaux; mais il est nécessaire qu’il tombe (cela ne peut pas ne pas arriver en fonction de la loi constante et universelle de la chute des corps).
Méta. Aristote oppose la science théorique qui porte sur le nécessaire à l’action pratique portant sur le contingent. Dans le domaine de l’action humaine, le futur est contingent. Cette indétermination ouvre un espace pour la délibération, le choix et la liberté humaine. déterminisme, liberté.

Caractère de ce qui peut ne pas exister. On peut dire que l’amitié est contingente, car il n’est pas nécessaire que nous ayons des amis; en revanche, il est nécessaire que nous ayons des rapports avec les autres.

Ce qui peut ne pas être. S’oppose au nécessaire (qui ne peut pas ne pas être).

Ce qui n’a pas en soi sa raison d’être, s’oppose au nécessaire qui ne peut pas ne pas être.

Caractère de ce qui n’a pas en soi- même sa raison d’être. Pour la théologie médiévale, c’est parce que le monde est contingent qu’il faut remonter jusqu’à Dieu pour en trouver la cause.

Ce qui peut ne pas être, ce qui n’est pas nécessaire (et, dans ce cas précis, qui ne peut pas avoir été voulu par Dieu de toute éternité).

Caractère de ce qui n’a aucune nécessité, de ce qui peut aussi bien être que ne pas être.

Caractère de ce qui dit peut arriver ou ne pas arriver uni nécessaire ni impossible).

CONTINGENCE. n. f Sens général : caractère de ce qui se produit par hasard, sans nécessité, à l’occasion de tel ou tel phénomène. Et donc, surtout au pluriel, ensemble des choses sans importance qui accompagnent la vie. Ne pas se soucier des contingences. Je m’intéresse aux réalités essentielles, non aux faits contingents.
Sens philosophique : fait de n’être ni nécessaire ni impossible; d’exister sans raison, de façon imprévisible, gratuite. En particulier, l’existentialisme insiste sur la contingence de l’être humain, sur le fait que l’homme semble exister sans nécessité, comme il pourrait ne pas exister, ce qui pose le problème de son sens ou plutôt de son absence de sens (cf. la philosophie de l’absurde). On voit ainsi que, paradoxalement, la contingence humaine (le côté dérisoire de l’existence de chacun) devient une notion capitale, essentielle de la condition humaine. Il devient nécessaire de tenir compte de la contingence, ce qui finit par donner à ce mot une connotation quasi inverse de son sens premier!

Est contingent ce qui peut être ou non, sans impliquer contradiction. Inversement, ce qui est nécessaire ne peut pas ne pas être. Par exemple, il est contingent que Descartes soit né en France, parce qu’il pouvait fort bien naître dans un autre pays. En revanche, il était nécessaire qu’il naisse à un endroit seulement puisqu’il serait contradictoire d’affirmer qu’il soit venu au monde à la fois en Hollande et en Touraine.
Appliquée à l’avenir, la contingence a posé un problème d’ordre logique auquel Aristote a apporté une solution magistrale (De l’interprétation). C’est ce que l’on appelle la question des futurs contingents. Lorsqu’il s’agit de penser le principe de non-contradiction pour des événements futurs, on prend le risque de ruiner leur indétermination et, par suite, la liberté humaine. En effet, si une chose ne peut être à la fois vraie et fausse, on est tenté de considérer que les événements eux-mêmes se produisent nécessairement, comme s’ils étaient écrits à l’avance. En analysant la proposition : Il y aura une bataille navale demain ou il n’y en aura pas, il peut sembler nécessaire que l’un des événements arrive de préférence à l’autre, puisqu’ils s’excluent mutuellement. Autrement dit, puisque c’est l’un des deux événements qui doit forcément se produire, peut-être est-il prédéterminé que ce soit l’un plutôt que l’autre. En fait, ce qui est exclu, c’est seulement que les affirmations de l’alternative soient vraies et fausses en même temps et non que l’une soit comme programmée au détriment de l’autre. Ce qui est nécessaire, ce n’est donc ni la bataille navale, ni son absence mais seulement l’alternative entière déterminée par le « ou » de la proposition. Les principes de la logique se trouvent ainsi sauvegardés sans pour autant remettre en cause la contingence des futurs, laissant ainsi les hommes responsables de leurs actions.

Contingent
Qui arrive par hasard : le contraire de nécessaire. En métaphysique, ce qui est contingent est ce qui n’a pas en soi sa raison d’être.

CONTINGENT (adjectif) 1. — Ce qui n’est pas nécessaire, qui pourrait être autrement ; pour Aristote, est contingent tout ce qui est conçu comme pouvant être ou ne pas être, à quelque égard et sous quelque réserve que ce soit ; pour Leibniz, le contingent, c’est ce dont le contraire est possible. 2. —Proposition contingente : pour le rationalisme classique, proposition exprimant un fait connu par expérience, et par conséquent non nécessaire. 3. — Contingence : fait d’être contingent (la contingence humaine). 4. — A contingentia mundi (preuve de l’existence de Dieu par la contingence du monde, Leibniz) : le monde empiriquement donné, n’étant pas nécessaire, doit avoir une cause nécessaire.

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2 comments on CONTINGENT / CONTINGENCE

  1. CONTINGENT

    L’étymologie (latin contingentia : hasard) indique que l’adjectif qualifie tout ce qui est conçu comme pouvant indifféremment être ou n’être pas. Le contingent implique donc l’absence d’un déterminisme strict.
    ♦ La métaphysique classique a élaboré sur ce concept une série de réflexions portant aussi bien sur le futur (qui est contingent pour Aristote, alors que pour saint Thomas ou Leibniz, il ne saurait l’être du point de vue de Dieu dont l’éternité connaît nécessairement tous les événements, aussi bien futurs que passés ou présents) que sur Dieu, dont l’une des preuves énoncées par saint Thomas (nommée par Kant preuve cosmologique) affirme la nécessité de poser, comme origine d’une série d’êtres contingents, l’existence d’un être nécessaire par lui-même.
    ♦ L’ontologie existentialiste admettra au contraire que là contingence est un caractère fondamental de l’être même.

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