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Comte (vie et oeuvre)

Auguste Comte est le créateur de la sociologie. Il est à la fois un savant et un réformateur. D’une part, il cherche à mettre au jour la structure de toute société. D’autre part, il est persuadé de détenir la solution à la crise du monde moderne s’il parvient à modifier la façon de penser des hommes.

VIE

Sous l’action conjuguée de la Révolution française et de l’industrialisation naît un nouveau type de société: la société industrielle libérale. Auguste Comte est le penseur de cette nouvelle société dont les traits les plus visibles sont les progrès de la science et de la technique.

Philosophe et savant
Auguste Comte naît à Montpellier le 17 janvier 1798. Il fait des études secondaires brillantes et il est reçu à Polytechnique à seize ans. En 1817, il devient le secrétaire de Saint-Simon. Mais en 1824, une brouille éclate entre les deux hommes à propos de la première partie du système de politique positive, que Comte a rédigé et que Saint-Simon publie dans son Catéchisme industriel sans mentionner le nom de l’auteur. A partir de 1826, il donne des leçons publiques qui deviendront le “Cours de philosophie positive“.

Le grand prêtre d’une nouvelle religion
En 1844, il rencontre Clotilde de Vaux. Celle-ci meurt en 1846. A compter de cette date, Auguste Comte voue un véritable culte à la morte et rêve d’une religion de l’humanité , dont les rites se placent sous le signe du souvenir de Clotilde. En 1848, il fonde la Société positiviste et se dit persuadé qu’il prêchera bientôt le positivisme à Notre-Dame. Il meurt à Paris le 5 septembre 1857.

OEUVRES

L’oeuvre d’Auguste Comte est l’oeuvre d’un enseignant et d’un homme d’action. Il s’agit toujours, pour lui, de transmettre un savoir qui doit permettre de vivre mieux. C’est pourquoi il s’est tant appliqué à être le plus clair possible dans ses écrits.

Cours de philosophie positive (1830-1842)
Le Cours compte six tomes, qui constituent l’oeuvre la plus importante du philosophe. Ils exposent la réforme intellectuelle nécessaire, selon Auguste Comte, pour mettre en place une société rénovée. C’est un effort de coordination des six sciences fondamentales (les mathématiques, l’astronomie, la physique, la chimie, la biologie, la sociologie). Le but est de proposer un ensemble de valeurs communes à toutes les couches de la société afin de permettre le progrès. La sociologie doit couronner l’ensemble car c’est elle qui fait la valeur du savoir en rapportant ce savoir à l’homme.

Traité philosophique d’astronomie populaire (1844)
Peu important en lui-même, ce traité est cependant significatif de la volonté d’Auguste Comte de travailler concrètement à la rénovation de la société. Il s’agit d’un cours d’astronomie pour les ouvriers, que Comte a dispensé à la mairie du IIIe arrondissement de Paris pendant dix-sept ans (de 1830 à 1848).

Système de politique positive (1851-1854)
Intitulé aussi Traité de sociologie instituant la religion de l’humanité , l’ouvrage expose le besoin d’une religion pour rallier les volontés individuelles et construire l’état futur de l’humanité : le positivisme. Il s’agit de remplacer la religion théologique qui promet le royaume de Dieu par une religion positive et le règne du concept d’humanité . Cette réflexion amène l’auteur à concevoir une septième science, la plus haute de toutes: la morale, qui permet de saisir l’origine subjective de la religion. Ceci l’amène aussi à des aménagements plus contestables de sa doctrine puisqu’il va introduire, dans le positivisme, des rites et des sacrements et même les notions d’une Vierge-Mère et d’une Trinité (Espace, Terre et humanité ).

TEMPS

Progression de la connaissance scientifique
Au début du XIXe siècle, les progrès de la connaissance scientifique sapent les fondements de la religion. L’esprit scientifique apparaît comme le stade ultime de l’intelligence humaine. Rien ne semble pouvoir résister à la puissance de l’explication scientifique. La physique se développe à un tel point que la compréhension totale de l’univers semble à portée de main.

Intérêt pour le social
Le XIXe siècle cherche à savoir ce qui constitue, dans le présent, la spécificité du tissu social, afin de pouvoir répondre aux grandes questions concernant l’avenir. Cet intérêt pour le social manifeste un souci d’objectivité de type scientifique. Cependant, cet intérêt demeure philosophique dans la mesure où la question fondamentale «qu’est-ce que l’homme?» reste posée. Il s’agit toujours de se demander quel est le sens de l’existence de l’homme, même si la question se confond avec celle du sens de l’histoire.

L’instituteur, c’est celui qui enseigne, qui donne une formation de base. C’est aussi celui qui institue, qui établit sur des bases solides. Au plan philosophique et politique, Auguste Comte s’est voulu l’instituteur de l’humanité .

Un projet grandiose. Dès l’âge de vingt-quatre ans, en 1822, Auguste Comte expose son plan de réorganisation de la société. Il souligne la nécessité de l’élaboration théorique d’un «projet de société» déterminant un «but général» vers lequel doivent se diriger «toutes les forces particulières». Il s’agit essentiellement de permettre à l’homme d’être heureux en mettant en harmonie l’action personnelle et l’action au sein de la société. Pour cela, il faut réformer la pensée car l’heure est venue pour la philosophie d’élever la politique au rang des sciences. Avec l’avènement de la sociologie et de la philosophie positive sont réunies les conditions pour fonder la politique positive. Une réorganisation de la société doit permettre le consensus social et le progrès. Désormais, la science confie à l’humanité le soin d’être à elle-même sa propre Providence.

Actualité – postérité. Le terme de sociologie est inventé par Auguste Comte pour désigner la science qui a pour objet la structure sociale. Il est le premier à voir que les faits sociaux sont des faits naturels soumis à des lois naturelles; et, en cela, il est un initiateur. Mais le premier des sociologues scientifiques, Émile Durkheim (1848-1917), lui reprochera d’avoir pris, comme matière principale de sa sociologie, le progrès de l’humanité dans le temps. En effet, il s’agit d’une représentation toute subjective.

1 comment on Comte (vie et oeuvre)

  1. COMTE (Auguste), philosophe français (Montpellier 1798- Paris 1857). De formation mathématique, élève de Polytechnique, Comte est le philosophe du positivisme. Le positivisme représente pour lui (Cours de philosophie positive, 1839-1842) le dernier stade de l’humanité, qui s’est élevée peu à peu du « stade théologique », où l’on explique tout d’une manière magique, au « stade métaphysique », où l’explication se contente de mots (la scolastique du Moyen Age : « Pourquoi le pavot fait-il dormir? — Parce qu’il a une vertu dormitive »), et, enfin, au «stade positif», où expliquer signifie « donner la loi ». Nous ne connaissons rien d’autre que l’expérience. « Il n’y a qu’une maxime absolue, c’est qu’il n’y a rien d’absolu. » Il est le fondateur de la sociologie, qu’il concevait comme une « physique sociale », par une simple application des méthodes de la physique à la société. Sa morale se réduit à l’altruisme. En 1844, il connut Clotilde de Vaux, qu’il aima d’un amour romanesque et platonique. Cette rencontre le conduisit au mysticisme et, après la mort de Clotilde, à la religion de l’Humanité. C’est sur ce dernier point que Littré se sépara de Comte, pour écrire dès lors son œuvre personnelle. Malgré leur style vieilli et académique, la Philosophie positive et surtout la Politique positive (1852-1854) restent pour nous riches d’enseignements. (V. classification [des sciences], positivisme.}

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