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carence affective

carence affective, privation ou insuffisance des liens avec la mère. — Les « troubles de carence affective » (étudiés notamment par Spitz) se manifestent fréquemment dans les orphelinats, pouponnières et établissements hospitaliers. Leurs conséquences peuvent être très graves et vont du retard dans le développement physique et intellectuel à la mort (surtout de la naissance à trois mois). Ils entraînent ultérieurement, chez l’adulte, une impossibilité à s’adapter, à s’établir dans une vie stable, suscitent un désir d’absolu toujours insatisfait, comme si la solitude était une punition à eux seuls réservée.

carence affective, manque ou insuffisance d’affection.
Les besoins affectifs de l’homme sont aussi importants que les autres, et leur insatisfaction peut être grave de conséquences. Chez le jeune enfant séparé de sa mère, ce sont des pleurs, des cris qui témoignent du désarroi et de l’angoisse ressentis devant la séparation. Puis la résignation s’installe, mais aussi, avec elle, l’apathie et le refus d’aliments. Si personne ne vient remplacer la mère quand son absence dure trop longtemps, on remarque un arrêt du développement physique et une régression généralisée. Les dernières acquisitions disparaissent, le langage se détériore, redevient « bébé l’énurésie et le balancement sont presque toujours présents. Parfois, l’enfant se fait du mal, se meurtrit
La résistance organique est très diminuée. R. Spitz a montré les méfaits de la carence affective précoce. En testant régulièrement des bébés élevés par des puéricultrices dans une pouponnière modèle, et en les comparant à d’autres nourrissons soignés par leurs mères, détenues dans un pénitencier, il s’aperçut que ces derniers avaient un développement psychomoteur normal (quotient de développement = 105 à la fin de la deuxième année), tandis que les premiers se dégradaient progressivement Alors qu’initialement, aux baby-tests, leur quotient de développement était de 124, ce chiffre était descendu à 72 à la fin de la première année et, après 2 ans, il n’était plus que de 45. De plus, dans la nursery modèle, un enfant sur trois (37,3 % exactement) mourut avant l’âge de 2 ans, tandis que, dans la même période, on ne déplora aucun décès parmi les enfants des détenues. Spitz et ses continuateurs ont établi que les effets de la carence affective sont d’autant plus graves qu’elle atteint les enfants plus tôt et qu’elle est plus durable. Au-delà de 5 mois de séparation, il y aurait apparition de l’hospitalisme et installation de perturbations graves dans la personnalité (intelligence et affectivité) de l’enfant.
Pour contrôler ces assertions, d’autres auteurs (J. B. Bowlby, A. Freud, etc.) ont analysé les histoires personnelles d’adultes ou d’adolescents inadaptés sociaux. Ils constatèrent que la délinquance (surtout vols et prostitution de mineures) était quatre à cinq fois plus fréquente chez les sujets carencés dans leur enfance que chez ceux élevés dans une famille normale. Une contre-épreuve fut enfin fournie par le maternage dont bénéficièrent certains enfants perturbés. A partir du moment où ceux-ci reçurent, régulièrement, les soins et la tendresse d’une infirmière, d’une puéricultrice ou d’une psychologue (autant de substituts maternels), ils reprirent goût à la vie, se remirent à manger et leur courbe de poids se redressa. L’intelligence aussi reparut. Il est des cas où la séparation d’avec le milieu familial est indispensable. Il faut alors préparer l’enfant à cette épreuve, afin de dissiper, autant que possible, l’anxiété qui en découle fatalement De plus en plus, dans les hôpitaux et les pouponnières médicales, les mères ont la possibilité de rester auprès de leur enfant, si elles le désirent À défaut, on leur demande de laisser à l’enfant un objet personnel (un mouchoir avec leur parfum, par exemple) et de multiplier leurs visites.
Le besoin d’aimer et d’être aimé n’est pas moins important à l’âge adulte. Quand il est contrarié par la difficulté d’établir des relations sociales (par suite de timidité, de névrose) ou par les aléas de la vie (abandon, deuil, vieillesse, isolement…), il peut donner lieu à des activités compensatoires aussi diverses que le dévouement à une œuvre charitable ou la collection de timbres. Mais quand le vide affectif n’est pas comblé, un état dépressif plus ou moins grave peut apparaître qui, parfois, mène au suicide.

1 comment on carence affective

  1. carence d’autorité éducative (syndrome de), ensemble de faits caractérisant la personnalité d’un sujet qui n’a pas bénéficié, dans l’enfance, de l’autorité nécessaire à son éducation.
    Le syndrome de carence d’autorité éducative, décrit en 1956 par J. M. Sutter et
    H. Luccioni, apparaît lorsque l’enfant vit dans un milieu instable, chaotique », sans règles ni principes. Ses manifestations essentielles sont : un moi faible, incapable d’assurer une existence cohérente ; un sentiment fondamental d’insécurité (le sujet manque de repères, il ne sait comment se conduire dans la vie) ; l’impression d’être définitivement esseulé, ce qui rend difficile voire impossible tout engagement affectif durable et profond. Dans ses relations sociales, la personne qui présente ce type de syndrome peut être inhibée, craintive, repliée sur elle-même ou, le plus souvent, expansive, provocante, agressive. Elle peut évoluer vers le déséquilibre psychique.

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