BÉNIR
BÉNIR: le verbe bénir est un emprunt liturgique (relatif à la célébration du culte catholique) qui remonte à l'époque mérovingienne. Le verbe latin benedicere est constitué de l'adverbe bene (bien) et de dicere (dire); il signifie littéralement «dire du bien de quelqu'un» et, en terme de religion, «louer» [Dieu]. Nous verrons les nombreuses variations qui sont nées autour de bene. Le verbe, quant à lui, est venu dans notre langue par les étapes successives benedir, beneïr et enfin bénir. Le participe passé passif latin benedictus a donné en ancien français benëeit puis benëoit et enfin benoît, qui est resté dans notre vocabulaire, avec son adverbe benoîtement, entaché du sens assez péjoratif de « sainte nitouche ». Benêt, la forme normande du mot, introduite au XVIe siècle, a aussi un sens péjoratif, quoique différent. Benoît, benêt ne sont plus sentis comme des participes. Les formes actuelles du participe, car il y en a deux, ont été distinguées au XIXe siècle : on réserve la forme bénît à ce qui a reçu la bénédiction rituelle du prêtre et béni, où le t est tombé sous l'influence analogique des autres participes en i (nourri), s'entend au sens le plus général. Le nom bénédiction a été repris directement (formation savante) du latin chrétien benedictio. Il a remplacé la forme populaire ancienne beneïçon. Bénitier, le bassin contenant l'eau bénite (voir ci-dessus), s'est d'abord appelé eaubenoitier simplifié ensuite en benoitier avant de trouver sa forme actuelle. C'est encore à la tradition de l'Eglise catholique que se rattachent des mots comme bénédicité (latin benedicite = «bénissez») d'après le premier mot d'une prière avant le repas, ou comme bénédictin, du latin benedictinus tiré de Benedictus, nom latin de saint Benoît, fondateur de l'ordre. Nous retrouvons l'adverbe bene dans un nom comme bénéfice (latin beneficium en partant du verbe facere = « faire ») et ses dérivés, dans l'adjectif bénéfique (latin beneficus = «bienfaisant»), dans l'adjectif bénévole (latin benevolus = «bienveillant», «favorable») qui a pris le sens de «qui agit gratuitement». C'est encore l'adverbe bene qui sert de racine à l'adjectif bénin (féminin: bénigne), emprunt du latin benegnus ; adverbe : bénignement.