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ANIMA / ANIMUS

ANIMA/ANIMUS. Mots latins qui signifient tous deux «âme», « esprit », mais avec des nuances que certains philosophes ou psychologues ont grossies pour en faire des archétypes complémentaires du psychisme humain.
Déjà, en latin, les mots s’opposent. L’anima est l’âme en tant que souffle, la vie qui anime; elle peut même se séparer du corps (voir sens n° 1 du mot âme). L’animus se distingue aussi du corps, mais il est surtout l’esprit, l’âme en tant que volonté et siège de la pensée. Bien que ces mots puissent être synonymes, bien qu’ils désignent une même réalité psychique de l’être humain, ils ont pu servir à en opposer deux faces : la face «féminine» en quelque sorte — l’anima — plus vive, plus sensible, et la face « masculine » — l’animus —plus rationnelle, plus volontaire.
À partir de cette distinction, le psychiatre Jung tenta d’établir que l’inconscient de tout être humain se constitue de deux archétypes complémentaires — l’anima et l’animus —, aux proportions variables selon le sexe auquel on appartient. Ainsi, l’homme n’est pas seulement constitué d’animus (part – masculine »), mais aussi d’une part de sentimentalité, d’irrationnel, d’intuition, de tendresse qui sont l’apanage de l’anima. De même, la femme ne se constitue pas seulement d’anima, mais aussi d’une part de volonté, de puissance, de rationalité, d’agressivité typiques de l’animus. Homme et femme, en dépit du rôle social que la distinction des sexes leur impose, sont donc l’un et l’autre secrètement animés par le principe vital complémentaire, qu’ils ont trop souvent le tort de ne pas vouloir reconnaître au fond d’eux-mêmes. La véritable harmonie de chacun, comme des couples, ne saurait s’accomplir sans cette reconnaissance.

ANIMA — ANIMUS. Personnification de composantes féminines dans l’homme (anima) et masculines dans la femme (animus). L’observation psychologique rejoint les données biologiques de la bisexualité pour affirmer l’existence de ces composantes. Les conséquences en sont de deux ordres. D’une part le processus par lequel le corps se sexualise est antérieur au rapport à l’objet, antérieur à la séparation d’avec la mère et constitue une des premières différenciations. D’autre part, chaque individu rencontre l’autre sexe par la similitude qu’il porte en soi.
Dans la mesure où le sexe du corps marque la vie consciente, la différenciation sexuelle sert de forme à celle du conscient et de l’inconscient. L’anima et l’animus : a) font la médiation avec l’inconscient ; b) sont les principaux facteurs de projection ; c) représentent l’inconscient. Ils se projettent habituellement, dans les rêves et dans la vie, sous les traits, respectivement, d’êtres féminins et masculins.
Au niveau du comportement, ils se manifestent chez l’homme par des humeurs et chez la femme par des opinions. Dans les sociétés contemporaines, l’anima est porteuse de l’Eros, l’animus porteur du Logos. Tant qu’ils ne sont pas reconnus, ils agissent comme des complexes autonomes qui organisent en fonction de facteurs inconscients, indifférenciés et inadaptés, la vie de relation et de sentiment chez l’homme, l’affirmation de soi et le rapport aux idées chez la femme. Ils se constellent mutuellement, en sorte que la discussion d’un couple devient rapidement un dialogue d’anima et d’animus. S’ils forment les images qui permettent à l’homme d’entrer dans un rapport privilégié avec certaines femmes et réciproquement, ils sont également à l’origine d’une insatisfaction profonde car l’anima correspond au féminin et non à la femme, l’animus au masculin et non à l’homme. La relation avec un partenaire de l’autre sexe ne trouve sa réalité que dans la mesure où sont reprises ces projections qui firent la rencontre.
La considération de l’anima et de l’animus apporte des précisions importantes à la clinique de la sexualité. La mère et le père ne sont pas à l’origine de la différenciation sexuelle mais donnent figure à des schèmes déjà existants. La triangulation œdipienne doit être affinée en tenant compte de la masculinité et de la féminité inconscientes des parents. Certaines homosexualités se structurent en fonction de la sexualité inconsciente.
L’anima et l’animus sont probablement la forme première de l’identité archaïque. L’accès à la fonction symbolique dépend de leur intégration. Tel est, pour Jung, le sens et la portée du transfert.

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